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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique

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Politique étrangère, vol. 82, n° 4, hiver 2017-2018
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Page couverture PE n° 4 2017
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Au cœur des motivations des terroristes de l’État islamique figure la vengeance, contre un Occident vu comme l’héritier du colonialisme, et plus généralement comme agresseur des musulmans. La dimension émotionnelle est donc forte, qui induit la définition d’une identité collective et la déshumanisation de l’adversaire. Si le revanchisme est au cœur du récit djihadiste, il faut démonter sur le long terme ce discours, qui ne disparaîtra pas avec l’emprise territoriale de Daech.

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Le 5 juillet 2016, quelques jours avant l’attentat qui allait ensanglanter la promenade des Anglais à Nice, le centre médiatique Al-Hayat, l’une des branches de propagande officielles de l’État islamique, diffusait en français un nachid rendant hommage aux attaques de Paris et Bruxelles de novembre 2015 et mars 2016. Intitulé « Ma vengeance », l’hymne terroriste est d’une rare virulence. Sont ainsi tour à tour mentionnés des « corps entassés », en référence aux victimes des frappes aériennes dans la zone syro-irakienne, des « ceintures [d’explosifs] branchées », des « couteaux bien aiguisés », des « gros calibres chargés » et des « cibles localisées ». La France est accusée d’être responsable de la vague d’attentats qui l’a frappée depuis la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015, en raison de sa « guerre impitoyable » contre l’islam et les musulmans. Évoquant une « agression » ancienne, et les crimes et spoliations dont la France se serait historiquement rendue coupable, le chant djihadiste dépeint la renaissance du califat comme une vengeance « louable », dont l’objectif est d’asseoir une domination mondiale de l’islam. Pour ce faire, l’État islamique promet de sanglantes représailles à ses adversaires.


Vengeance. Le vocable n’est pas nouveau dans la narration djihadiste, et il lui est même en large part consubstantiel. Le Jordanien Abou Mousab Al-Zarqawi, reconnu comme l’un des pères fondateurs de l’État islamique d’Irak lors de sa fondation en octobre 2006, en avait fait un sujet phare, l’invoquant à longueur de déclarations orales et de communiqués écrits. Zarqawi était intimement convaincu d’être venu combattre les troupes américaines en Irak pour sauver l’honneur des sunnites, restaurer leur dignité, et pour infliger une défaite cinglante aux armées occidentales et à leurs alliés. Avant lui, Oussama ben Laden, figure incontestée du djihad global, et considéré comme un « cheikh » par l’État islamique, en avait aussi fait sa principale référence. En 1998, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazeera, il déclarait que le djihad était un devoir pour tous, et que Dieu accorderait leur revanche aux musulmans en infligeant de terribles souffrances à leurs ennemis.


PLAN

  • Vengeance divine et moralisation de la violence
  • Construire l’ennemi, puis le déshumaniser
  • Des émotions négatives au service du djihad armé
  • Posture revancharde et identification collective


Myriam Benraad est professeur assistant en science politique et études de sécurité à l’université de Leyde, spécialiste du Moyen-Orient et du djihadisme contemporain. Elle est l’auteur de L’État islamique pris aux mots, Paris, Armand Colin, 2017 et Irak, la revanche de l’Histoire. De l’occupation étrangère à l’État islamique, Paris, Vendémiaire, 2015.

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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique

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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

Date de publication
21 juin 2017
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L’Italie fait face à une crise économique profonde. Malgré l’application de mesures d’austérité recommandées par les autorités européennes, la croissance est en berne et le chômage progresse. Les privatisations ont eu pour effet de faire passer des fleurons de l’industrie sous pavillon étranger. L’État ne joue plus son rôle de régulateur et ne parvient à endiguer ni la corruption ni la fraude fiscale. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle se double d’une crise politique.

Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

Jonathan STORY
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Conflits locaux : le mal insidieux de l’Afrique

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Les conflits locaux, de plus en plus nombreux et dévastateurs en Afrique, ne sont le plus souvent analysés par les acteurs internationaux qu’à travers le prisme des conflits ou des déstabilisations d’États. Leur nature complexe, le mélange qu’ils opèrent entre traditions et modernité, leurs rapports aux niveaux national et international doivent faire l’objet d’approches nouvelles, à la fois stratégiques et ponctuelles. Des approches qui doivent intégrer les dimensions militaires et civiles.

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État islamique : l’autre menace

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER
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Myriam BENRAAD, « La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2017.
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La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique