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Le renouveau des mouvements pour la restitution du patrimoine africain

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Politique étrangère, n° 3, vol. 87, automne 2022
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Couverture PE n° 3, vol. 87, automne 2022
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Les demandes de restitution de biens culturels acquis pendant la période coloniale ont démarré dans la foulée des indépendances des pays africains. Elles ont eu peu d'effets jusqu'au début des années 2010. Depuis une décennie, les restitutions prennent de l'ampleur. Différentes organisations de la société civile, basées en Europe ou en Afrique, utilisent des techniques modernes de communication pour attirer l'attention des médias et mettre la pression sur les gouvernements européens.

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La question de la restitution du patrimoine africain fait à nouveau irruption dans le débat public européen depuis les années 2010. Les États africains jouent un rôle central dans ce mouvement. Mais si la question de la restitution de ce patrimoine est récemment revenue sous le feu des projecteurs, c’est en grande partie sous l’impulsion de la société civile. En attirant l’attention des médias et de l’opinion publique, les mobilisations citoyennes ont fait sortir cette question des canaux officiels de négociations]. Elles ont exercé une pression sur les États européens en insistant sur le caractère injuste de la détention des biens culturels africains par les anciennes puissances coloniales.

Dans un contexte où la morale est devenue de plus en plus déterminante pour le prestige des États, elles ont réussi à contraindre les États européens à procéder à des restitutions. Pour la première fois, ils ne se sont plus contentés de prêts, mais ils se sont engagés à transférer légalement la propriété de biens culturels aux pays africains spoliés. La France a enclenché une nouvelle phase avec le discours de Ouagadougou de novembre 2017. Elle restitue, en 2019, le sabre d’El Hadj Oumar Tall au Sénégal, puis rend au Bénin 26 œuvres du palais d’Abomey en 2021. Pour ce faire, une loi a été votée en décembre 2020, permettant de déroger au principe d’inaliénabilité des œuvres des collections publiques. Le gouvernement néerlandais a quant à lui adopté, en février 2021, les recommandations du « National Policy Framework for Colonial Collections ». Établi par des professionnels des musées néerlandais en octobre 2020, il invitait à restituer tous les biens spoliés pendant la colonisation. Au Royaume-Uni, ce sont les universités, comme celles d’Aberdeen et de Cambridge, qui ont pris l’initiative de rendre des bronzes du Royaume du Bénin au Nigeria en octobre 2021. Après avoir transféré la propriété d’œuvres de l’Africa Museum de Tervuren à la république démocratique du Congo en 2021, la Belgique a voté en juin 2022 une loi qui dessine un cadre juridique pour le retour des œuvres liées au passé colonial de l’État belge au Congo, au Burundi et au Rwanda. Enfin, l’Allemagne a signé, en juillet de la même année, un accord avec le Nigeria pour la restitution d’environ un millier de bronzes. […]


PLAN

  • Les mouvements pour la restitution du patrimoine africain (1960-2010)
     - À l’origine des demandes : les élites culturelles africaines
     - Restituer le patrimoine pour réparer les injustices
     - L’essoufflement des mouvements pour la restitution au début des années 2000
  • Les années 2010 : un nouvel élan
     - Lutter pour la restitution du patrimoine au prisme du panafricanisme
     - Restituer le patrimoine africain, décoloniser les relations Europe-Afrique


Ysé Auque-Pallez est doctorante en science politique, rattachée au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) à Bordeaux.
 

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Le renouveau des mouvements pour la restitution du patrimoine africain

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La stratégie régionale de l’Iran : entre Realpolitik et révolution

Date de publication
20 mars 2020
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L’Iran est engagé dans différents conflits régionaux. L’influence de Téhéran est de plus en plus contestée par des mouvements nationalistes, comme l’illustrent les manifestations anti-iraniennes en Irak. La population iranienne est elle aussi de plus en plus critique à l’égard de la stratégie régionale de ses dirigeants. Ces derniers sont d’ailleurs divisés : le président Rohani fait figure de pragmatique, tandis que le Guide suprême cherche avant tout à préserver l’héritage de la révolution islamique.

Clément THERME
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Une révolution est-elle possible au Liban ?

Date de publication
20 juin 2020
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Depuis le 17 octobre 2019, la colère gronde au Liban. Accablés par les impôts, l’inflation, l’incompétence des gouvernants, l’injustice sociale et la corruption, les manifestants crient leur révolte. Leur détermination se heurte toutefois à une classe politique résolue à garder le pouvoir. Un bouleversement politique est-il possible au Liban, au regard de l’histoire du pays, du fonctionnement de ses institutions, et du caractère composite de la société libanaise ?

Lama FAKIH
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Sur le Brexit et une « nouvelle AELE »

Date de publication
20 juin 2020
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Plusieurs pays européens ne veulent ou ne peuvent pas rejoindre l’Union européenne (UE). Le Royaume-Uni pourrait devenir leur chef de file en donnant une nouvelle impulsion à l’Association européenne de libre échange (AELE). Une bonne articulation entre l’UE et l’AELE permettrait une unification historique du continent. Des États importants comme l’Ukraine et la Turquie seraient intégrés à cette architecture. Un tel projet entraverait les visées russes dans les marges orientales de l’Europe.

Vladislav INOZEMTSEV
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Un autre front nippo-coréen : la querelle des drapeaux

Date de publication
20 juin 2020
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Le Japon entretient des rapports tendus avec ses voisins asiatiques. Les relations entre Tokyo et Séoul sont particulièrement dégradées. La mémoire de l’occupation de la Corée pendant la période impériale japonaise est encore vive. Les tensions se sont notamment cristallisées sur le symbole du soleil levant, encore utilisé par les armées japonaises. Cet emblème est aussi prisé de certains supporters dans les compétitions sportives et pourrait poser problème lors des Jeux olympiques de Tokyo.

Eric SEIZELET

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Couverture PE n° 3, vol. 87, automne 2022
Ysé AUQUE-PALLEZ, « Le renouveau des mouvements pour la restitution du patrimoine africain », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2022.
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Le renouveau des mouvements pour la restitution du patrimoine africain