Les financements-climat vers l'Afrique : charge ou opportunité ?
L'Afrique est à la fois une victime et un contributeur croissant du changement climatique, mais aussi une solution partielle grâce à la richesse de ses milieux naturels. Au regard des besoins du continent, les montants limités de la finance-climat génèrent des frustrations sans issue. Pour sortir de l'impasse, l'attention devrait se tourner vers la manière de soutenir une croissance durable, au bénéfice des Africains, des équilibres environnementaux et de l'économie mondiale.
Le financement international des efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique est un sujet aussi explosif que le changement climatique lui-même. Les chiffres donnent le vertige : selon la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le scénario de limitation de la hausse des températures moyennes à 2 °C génère des besoins d’investissement d’environ 5 400 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.
Dans cet effort global, les besoins de financement des pays en développement ont fait l’objet d’estimations variées, au fil du temps et selon les sources : de l’ordre de 30 milliards de dollars par an selon le rapport Stern à environ 660 milliards par an selon la Banque mondiale. En ce qui concerne le continent africain, des montants oscillant entre 30 et 70 milliards de dollars annuels sont régulièrement mis en avant. Leur relative modestie s’explique avant tout par le ciblage sur les enjeux d’adaptation au réchauffement climatique (et non d’atténuation), mais aussi par une profonde ignorance des besoins réels du continent africain.
Il est logique, mais réducteur, de considérer le financement de la lutte contre le changement climatique en Afrique seulement comme une charge liée à la compensation de torts historiques. Cette approche du sujet passe à côté des vrais enjeux, relatifs à notre capacité à saisir les considérables opportunités générées par la transformation démographique et économique du continent africain, au bénéfice d’une croissance mondiale durable.
L’Afrique est au cœur de la problématique du dérèglement climatique mondial
Si l’Afrique est bien la première victime du changement climatique, elle est aussi l’un de ses futurs grands contributeurs. Mais elle représente également une solution potentielle majeure pour préserver les équilibres climatiques mondiaux. […]
PLAN
- L’Afrique est au cœur de la problématique du dérèglement climatique mondial
- Responsabilité minimale, vulnérabilité maximale
- Services écosystémiques en berne et équilibres mondiaux fragilisés
- Prochain grand émetteur de gaz à effet de serre ? - Soutenir une croissance durable en Afrique, le véritable enjeu de la finance-climat
- Inadaptation au contexte africain, faiblesse et opacité des montants
- Une dynamique financière géo-éco-politique pourtant favorable à l’Afrique - Investir dans la nouvelle place géo-écolo-économico-politique africaine au XXIe siècle
- Une mobilisation rentable
- Une mobilisation soutenable au premier profit du défi énergétique - Une croissance africaine et mondiale soutenable fera émerger une nouvelle géopolitique
Jean-Michel Severino, ancien directeur général de l'Agence française de développement (AFD) et vice-président de la Banque mondiale, est chercheur à la Fondation pour la recherche économique pour le développement international (FERDI) et membre de l'Académie des technologies. Il préside Investisseurs et Partenaires (I&P), qui finance et accompagne les entrepreneurs africains.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Les financements-climat vers l'Afrique : charge ou opportunité ?
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesEssequibo : une vieille plaie entre Venezuela et Guyana
Héritage de la décolonisation et d’une longue bataille juridique, la querelle de l’Essequibo – territoire guyanais revendiqué par Caracas – est désormais portée devant la Cour internationale de justice. Mais cette Cour ne s’est prononcée que sur sa propre compétence, que lui déniait le Venezuela. Ce sont toutes les procédures de règlement, amiables ou judiciaires, des dissensions internationales prévues par la Charte de l’ONU qui sont convoquées autour de ce cas d’espèce.
Philanthropes sans frontières : la générosité privée au secours du monde ?
Acteurs traditionnellement discrets, les mécènes et fondations privées influencent le système international depuis plus d’un siècle. Leur visibilité s’est accrue et leur rôle géopolitique s’affirme, tandis que se mêlent dans leurs élans de générosité une sincérité non feinte et des intérêts adroitement calculés. Les crises et catastrophes récentes suscitent des dons sans précédent qui ne viennent pas uniquement des grandes fondations et donateurs occidentaux. Le paysage de la philanthropie est en pleine effervescence.
Les États-Unis de Trump et la guerre du Haut-Karabagh
L’administration Trump, accaparée par les élections présidentielles, est restée pour l’essentiel en retrait, en dépit d’efforts ponctuels. Ce retrait relatif, sur fond d’activisme en faveur d’un camp ou de l’autre, de nombreux acteurs institutionnels et non-institutionnels à Washington, a laissé le champ libre à la Turquie et à la Russie. Au final, Moscou a obtenu seule un cessez-le-feu, qui matérialise son influence mais aussi d’importantes avancées territoriales azéries et diplomatiques turques.
Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?
Après le printemps des années 1990, l’ONU connaît un temps de reflux : retrait des Occidentaux des Opérations de maintien de la paix, minage de l’Organisation par les États-Unis, retour aux vétos au Conseil de sécurité… Sa réforme paraît aujourd’hui à la fois nécessaire pour l’adapter aux mutations du monde, et improbable, au moins pour la composition du Conseil de sécurité. Elle demeure le seul espace de dialogue universel pour des questions comme l’environnement ou les droits de l’homme.