L'Europe 1972-1980 : données et perspectives politiques
Cet article a été rédigé à l'occasion de la réunion des directeurs d'Instituts européens des relations internationales qui s'est tenue à Varna (Bulgarie) les 4 et 5 octobre 1972.
Sur le plan global, la situation actuelle nous paraît présenter les traits caractéristiques suivants :
1° En matière stratégique, l'équilibre qui s'était progressivement instauré entre l'Union Soviétique et les Etats-Unis s'est stabilisé. Le fait nouveau est qu'au cours des dernières années (1969-1972), cette stabilisation est désormais acceptée de part et d'autre comme un fait inéluctable et que l'équilibre stratégique est en quelque sorte « contractualisé ». Les premiers résultats des SALT et les perspectives qu'ils ouvrent, la mise en place en particulier d'une Commission permanente bilatérale compétente pour tout ce qui a trait à l'équilibre stratégique, constituent une nouvelle donnée du système international.
2° Sur le plan de la politique mondiale, la situation actuelle se caractérise par la réintroduction de la Chine dans le jeu diplomatique. Cette rentrée, consécutive à la fin de la Révolution culturelle qui avait accaparé toutes ses activités et l'avait amenée à abandonner les actions extérieures déjà engagées, est l'effet d'une reprise en considération par Pékin des problèmes internationaux et d'une évolution de ses partenaires, au premier rang desquels les Etats-Unis, dans un jeu renouvelé. La participation directe chinoise (notamment du fait de son entrée aux Nations Unies) à la vie politique internationale a pour conséquence qu'à cet égard on peut parler d'un système triangulaire. La nature des relations de ces trois puissances exclut à moyen terme :
a) un véritable conflit militaire mettant directement aux prises l'une d'entre elles contre une autre ;
b) une convergence politique permettant un véritable front diplomatique de deux d'entre elles contre la troisième.
3° Une troisième caractéristique de la situation actuelle consiste en l'émergence de conflits d'ordre économique et monétaire d'importance comparable à celle des conflits politiques et idéologiques et susceptibles, dans un avenir non lointain, d'apparaître en première place. La situation actuelle fait en effet apparaître au premier plan des problèmes économiques et monétaires entre les Etats-Unis et l'Europe ; entre les Etats-Unis et le Japon ; entre les pays d'Europe occidentale ; entre l'Union Soviétique et ses alliés européens ; enfin entre l'Europe occidentale et l'Europe orientale.
PLAN DE L'ARTICLE
- Analyse de la situation actuelle
- Les perspectives dans l'ordre politique
- Système global
- Les sous-systèmes européens
- La coopération à l'échelle paneuropéenne
- La Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe et ses prolongements
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
L'Europe 1972-1980 : données et perspectives politiques
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesEn attendant le retour de l'Etat...
L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.
Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir
La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.
L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation
L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.
Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?
Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?