L’Europe, par-delà le COVID-19
L’accord budgétaire européen de juillet 2020 est inédit : il crée pour la première fois un endettement commun qui permettra de relancer les économies touchées par la crise du COVID-19. Il est le fruit du dynamisme franco-allemand et d’ambitions renouvelées de la Commission européenne. Dans un monde où les tensions s’aiguisent, la France a besoin de l’Europe pour maintenir sa souveraineté. L’Union européenne doit continuer à évoluer pour s’affirmer comme puissance et répondre aux attentes des citoyens.
Quelques semaines après un accord budgétaire d’une ambition inédite, acté par le Conseil européen le 21 juillet 2020, il serait tentant de dire que le COVID-19 a tout changé dans l’Union européenne (UE), selon le principe savamment répété : « L’Europe n’avance que dans les crises. » Comme tout cliché, cette simplification a du vrai. Le saut d’intégration réalisé avec l’endettement commun de l’Union est l’étape d’intégration européenne la plus importante depuis l’euro ; elle aurait été impossible sans cette crise. Mais il est vrai, surtout, et moins visible, que cette avancée majeure doit beaucoup au retour d’un triangle d’or qui n’avait plus connu pareille vigueur depuis le début des années 1990 : le couple franco-allemand, étroitement associé à une Commission européenne ambitieuse.
Élément de continuité sous-estimé et combiné à une réelle nouveauté, elle aussi minimisée : les attentes des citoyens à l’égard de l’Europe ont augmenté. Ils ne la critiquent pas tant pour son intrusion dans les compétences nationales que pour son inaction face aux défis communs : hier les migrations, aujourd’hui la santé, du manque d’harmonisation des mesures de quarantaine à la recherche commune d’un vaccin. Aujourd’hui, on s’attend à ce que l’Europe agisse, on la critique quand elle ne le fait pas, ou peu, ou tard.
La crise a d’ailleurs montré que son efficacité semblait corrélée à ses compétences : réactive dans le champ économique (suspension des règles budgétaires ou d’aides d’État, soutien monétaire massif), en large partie impuissante pour la coordination des restrictions aux frontières et presque inexistante dans le cœur sanitaire de la crise. Enfin, il n’est pas anodin de noter, avec la nécessaire prudence liée à toute fiction politique, que si le Royaume-Uni était encore membre de l’Union, l’accord sur le budget et un tel plan de relance aurait certainement été inaccessible. […]
PLAN
- Quel projet européen pour Emmanuel Macron ?
- Avant tout, le socle franco-allemand
- « Parler à tout le monde »
- La dernière pièce du puzzle dessine les institutions européennes
- Une stratégie de changement
- Indépendance, puissance, identité - Quels constats poser sur l’Europe de 2020 ?
- La dialectique puissance/coopération
- Un lieu vide de pouvoir ?
- La passion européenne de l’élargissement - Retrouver le sens du monde et le goût de l’avenir
- Un cadre institutionnel unique, des formats différenciés
- Trois Europe ?
- Un agenda de puissance
Clément Beaune est secrétaire d’État chargé des Affaires européennes.
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L’Iran renoncera-t-il à l’arme nucléaire ?
En juillet 2015 a été conclu un accord sur le programme nucléaire iranien. Les restrictions imposées à Téhéran sont cependant en deçà des objectifs fixés par le Conseil de sécurité. Nombre d’analystes doutent de la sincérité des dirigeants iraniens et pensent que le temps joue en faveur de l’Iran. L’évolution des équilibres stratégiques au Moyen-Orient, de possibles changements à la tête du régime iranien et la détermination de la communauté internationale pèseront sur l’avenir de ce programme.
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