L'organisation de la sécurité et les progrès des armes nouvelles
II est facile de sentir que les armes nouvelles ont profondément bouleversé la tactique, de la stratégie et de l'équilibre politique des nations et des groupes de nations. Mais il est moins facile de se rendre compte avec netteté de la mesure de ce bouleversement et du sens dans lequel il se produit.
Et, d'abord, quelles sont ces armes nouvelles ? L'opinion y classe généralement les armes atomiques, les armes biologiques, les armes chimiques et les engins autopropulsés. Mais, si la réunion de ces diverses armes dans une même catégorie se trouve justifiée par le fait qu'elles sont toutes récentes et d'apparence épouvantable, elles sont loin d'exercer sur les équilibres stratégiques des influences de même importance.
L'arme chimique a pu apparaître à certains comme périmée parce qu'elle n'a pas été utilisée au cours de la seconde guerre mondiale. Il n'en est rien. Il est exact qu'à cette époque, dans les conditions de déroulement des opérations et compte tenu des excellents matériels de protection dont disposaient les différentes armées, les toxiques n'avaient qu'un rendement inférieur aux explosifs classiques. Mais, depuis cette époque, les toxiques ont fait de gros progrès — il en existe qui sont des dizaines de fois plus toxiques que les gaz de 1940 — et les moyens de les mettre en place sous forme de concentrations très brutales se sont, eux aussi, très améliorés. Les toxiques pourraient donc, dans des circonstances favorables, prendre l'avantage sur les explosifs classiques. Cependant, ils n'auraient jamais — sauf pour certains problèmes très particuliers — qu'une efficacité du même ordre de grandeur que ces explosifs classiques. S'il est donc absolument indispensable de se préparer à se protéger contre les toxiques qu'un adversaire éventuel pourrait être tenté d'utiliser — et qu'il serait d'autant plus tenté d'utiliser qu'on serait moins bien protégé — il faudrait attendre, d'un déclenchement de la guerre chimique entre pays qui n'auraient pas négligé leur protection antigaz, une modification des formes de la vie sur le champ de bataille, ainsi que des changements dans les procédés tactiques, mais non une modification radicale des équilibres stratégiques. L'arme chimique n'est qu'un facteur perturbateur stratégique relativement secondaire.
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