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Après l'explosion démographique

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Politique étrangère, vol. 84, n° 1, 2019
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couverture PE 2019-1
Accroche

Les prévisions démographiques ne sont pas une science exacte. Les projections onusiennes – qui évaluent la population mondiale à 11,2 milliards en 2100 – pourraient être surestimées. En effet, la fécondité pourrait baisser plus rapidement et l’espérance de vie augmenter de manière moins importante que prévu. Le Sahel connaîtra l’explosion démographique la plus spectaculaire mais ce phénomène n’engendrera pas nécessairement une vague migratoire massive vers l’Europe.

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Le 13 janvier 1960, Time Magazine paraissait avec une couverture choc portant en bandeau « That population explosion ». Tout le centre de l’image était occupé par des femmes tristes en costumes traditionnels, chargées d’enfants nus ou emmaillotés. Sur l’un des bords, deux jeunes femmes occidentales, l’une brune, l’autre blonde souriaient épanouies, la première avec deux jeunes enfants et un caddie chargé de provisions. La parabole était on ne peut plus claire : ce qu’on appelait alors le tiers-monde croulait sous le nombre d’enfants, ce qui contribuait au malheur de sa population, mais représentait aussi un danger pour les personnes raisonnables qui se contentaient de peu d’enfants, comme les deux Occidentales, repoussées sur les bords.

À l’époque, la situation était effectivement alarmante. La population mondiale, qui atteignait 2,5 milliards d’habitants dix ans auparavant, venait de franchir le cap des 3 milliards. Plus inquiétant encore, le taux de croissance augmentait. En 1955, il était de 1,75 % par an. Cinq ans plus tard, il dépassait les 1,9 %, soit un doublement en 36 ans. En 1968, parut le best-seller de Paul Ehrlich, The Population Bomb, qui décrivait les funestes conséquences de cette croissance démographique débridée. Mais l’accélération continuait. En 1970, le taux de croissance atteignit 2,1 %, soit un doublement en 33 ans, et la population mondiale s’éleva à 3,7 milliards. Deux ans plus tard parut le célèbre rapport du Club de Rome, puis la crise pétrolière éclata. Mais déjà le pic de croissance démographique était dépassé.

Depuis lors, le taux de croissance a lentement décru pour se situer aujourd’hui à 1,1 % par an. La croissance de la population mondiale a commencé à décélérer. En 2018, le nombre des humains s’élève à 7,6 milliards. Si la croissance depuis 1970 avait continué au rythme de 2,1 % par an, la Terre serait peuplée par 10 milliards d’habitants. Le bilan n’est donc pas entièrement décevant. Certes, 3,9 milliards d’humains se sont ajoutés depuis 1970, mais 2,4 milliards ont été « évités ».


L’avenir de la population mondiale

Un organisme spécial des Nations unies, la Division de la population, établit régulièrement des « projections » de la population mondiale. Il ne s’agit pas à proprement parler de prévisions, mais elles sont en général prises comme telles car il n’existe pas d’alternative. Ces projections sont d’ailleurs adoptées par tous les grands organismes internationaux, Banque mondiale, Fonds monétaire international (FMI), Organisation mondiale de la santé (OMS), etc.


PLAN DE L’ARTICLE

  • L’avenir de la population mondiale
  • Chute de la fécondité dans le monde
  • Baisse de la mortalité ?
  • Pôles de croissance
  • Migrations à venir
  • Migrants climatiques
  • Fécondité et crise politique


Hervé Le Bras est démographe et historien, directeur d’études émérite à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a publié de nombreux ouvrages, dont L’Âge des migrations, Paris, Autrement, 2017.
 

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Après l'explosion démographique

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En attendant le retour de l'Etat...

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

Alain ANTIL Elodie RICHE Anne SAVEY
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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.

Vivien SCHMIDT
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L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.

Maxime LEFEBVRE
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Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?

Federico FABBRINI

Comment citer cette étude ?

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Hervé LE BRAS, « Après l'explosion démographique », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 mars 2019.
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