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Pékin : pire et meilleur ennemi de Taïwan

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
Accroche

Au cours des dernières années, la politique de la République populaire de Chine à l’égard de Taïwan est devenue de plus en plus agressive. Les pressions économiques s’intensifient et les démonstrations de force militaires sont désormais très fréquentes. La posture chinoise a pour effet de renforcer le soutien international à Taipei. La question taïwanaise occupe plus que jamais une place centrale dans la confrontation sino-américaine, elle-même exacerbée par la crise du COVID-19.

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Les divisions politiques entre les deux rives du détroit « ne pourront être transmises de génération en génération » : Xi Jinping s’est ainsi exprimé en octobre 2013, lors d’une entrevue avec l’ancien vice-président taïwanais Vincent Siew, en marge d’un sommet de l’Asia-Pacific Economic Cooperation (APEC) à Bali. Un an après son arrivée au pouvoir, Xi nourrissait donc un certain optimisme quant à l’évolution de la relation entre la Chine continentale et l’île voisine. Les liens entre les deux parties s’étaient en effet largement développés depuis 2008, sous l’administration Kuomintang (KMT) du président Ma Ying-jeou à Taïwan, notamment par le biais de l’Accord-cadre de coopération économique (ECFA) entre la République populaire de Chine (RPC) et Taïwan. C’est également cet optimisme, ainsi que la volonté de peser dans les élections à venir sur l’île, qui ont pu conduire Xi à accepter la rencontre historique avec Ma, à Singapour en novembre 2015, quelques mois avant la fin de son second mandat. C’était il y a cinq ans et demi – autant dire : un siècle.


La pression croissante de Pékin sur Taipei


Xi a, depuis lors, réitéré sa volonté de ne pas laisser aux générations futures la charge d’une solution politique aux différends entre les deux rives, mais la formule résonne tout autrement dans le contexte actuel. L’attitude de Pékin à l’égard de Taipei s’est en effet radicalement durcie depuis l’élection, en janvier 2016, de la présidente Tsai Ing-wen, leader du Parti démocrate progressiste (PDP) historiquement favorable à l’indépendance. Cette dernière n’a pas repris à son compte le « Consensus de 1992 » entre Pékin et Taipei (lequel reconnaît l’existence d’une seule Chine, sous différentes interprétations), condition sine qua non du dialogue pour Pékin. Lors du 19e Congrès du Parti communiste chinois (PCC) d’octobre 2017, Xi Jinping, qui entamait son deuxième mandat à la tête du Parti, déclarait : « Nous avons une volonté ferme, une confiance totale et des capacités suffisantes pour contrecarrer toute forme de complot séparatiste pour “l’indépendance de Taïwan”. Nous ne laisserons personne, ni aucune organisation, ni aucun parti politique, à aucun moment et sous quelque forme que ce soit, séparer une partie du territoire chinois de la Chine.  » […]


PLAN

  • La pression croissante de Pékin sur Taipei
  • La stratégie taïwanaise face au géant communiste
  • Taïwan, atout pour la communauté internationale ?
  • L’agressivité de la RPC, catalyseur du soutien international à Taïwan


Marc Julienne, chercheur, est responsable des activités Chine au Centre Asie de l’Ifri.

John Seaman est chercheur au Centre Asie de l’Ifri.

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Pékin : pire et meilleur ennemi de Taïwan

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Marc JULIENNE

Intitulé du poste
Directeur du Centre Asie de l'Ifri
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John SEAMAN

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Chercheur, Centre Asie de l'Ifri

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La stratégie régionale de l’Iran : entre Realpolitik et révolution

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

L’Iran est engagé dans différents conflits régionaux. L’influence de Téhéran est de plus en plus contestée par des mouvements nationalistes, comme l’illustrent les manifestations anti-iraniennes en Irak. La population iranienne est elle aussi de plus en plus critique à l’égard de la stratégie régionale de ses dirigeants. Ces derniers sont d’ailleurs divisés : le président Rohani fait figure de pragmatique, tandis que le Guide suprême cherche avant tout à préserver l’héritage de la révolution islamique.

Clément THERME
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Une révolution est-elle possible au Liban ?

Date de publication
20 juin 2020
Accroche

Depuis le 17 octobre 2019, la colère gronde au Liban. Accablés par les impôts, l’inflation, l’incompétence des gouvernants, l’injustice sociale et la corruption, les manifestants crient leur révolte. Leur détermination se heurte toutefois à une classe politique résolue à garder le pouvoir. Un bouleversement politique est-il possible au Liban, au regard de l’histoire du pays, du fonctionnement de ses institutions, et du caractère composite de la société libanaise ?

Lama FAKIH
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Sur le Brexit et une « nouvelle AELE »

Date de publication
20 juin 2020
Accroche

Plusieurs pays européens ne veulent ou ne peuvent pas rejoindre l’Union européenne (UE). Le Royaume-Uni pourrait devenir leur chef de file en donnant une nouvelle impulsion à l’Association européenne de libre échange (AELE). Une bonne articulation entre l’UE et l’AELE permettrait une unification historique du continent. Des États importants comme l’Ukraine et la Turquie seraient intégrés à cette architecture. Un tel projet entraverait les visées russes dans les marges orientales de l’Europe.

Vladislav INOZEMTSEV
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Un autre front nippo-coréen : la querelle des drapeaux

Date de publication
20 juin 2020
Accroche

Le Japon entretient des rapports tendus avec ses voisins asiatiques. Les relations entre Tokyo et Séoul sont particulièrement dégradées. La mémoire de l’occupation de la Corée pendant la période impériale japonaise est encore vive. Les tensions se sont notamment cristallisées sur le symbole du soleil levant, encore utilisé par les armées japonaises. Cet emblème est aussi prisé de certains supporters dans les compétitions sportives et pourrait poser problème lors des Jeux olympiques de Tokyo.

Eric SEIZELET

Comment citer cette étude ?

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Marc JULIENNE, John SEAMAN, « Pékin : pire et meilleur ennemi de Taïwan », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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Pékin : pire et meilleur ennemi de Taïwan