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Qu’attendre de l’ONU aujourd’hui ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 1, printemps 2021
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Page couverture PE n° 1 2021
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L’ONU n’a sans doute plus ni la légitimité ni les moyens d’imposer la paix dans un monde qui ne ressemble plus à celui de 1945. Et la réforme de ses institutions centrales est hors d’atteinte. Mais elle peut s’inscrire dans l’avenir, en continuant à aider à résoudre nombre de problèmes concrets. À travers ses diverses institutions spécialisées, l’ONU pourra ainsi s’adapter à un monde dont les enjeux et les acteurs ont connu des mutations fondamentales depuis la Charte de 1945.

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La Société des Nations (SDN) a duré une petite vingtaine d’années ; avant elle, le concert des nations, arrangement informel entre les grandes puissances européennes pour stabiliser l’Europe après les guerres de la Révolution et de l’Empire, avait tenu à peine une quarantaine d’années. L’Organisation des Nations unies (ONU), avec ses 75 années d’existence, a donc une longévité supérieure aux tentatives d’organisation des relations internationales qui l’ont précédée, mais est-ce suffisant pour convaincre de sa pertinence future ?


Pour beaucoup, y compris de fervents partisans d’une gouvernance mondiale, l’ONU est d’ores et déjà engagée dans un processus irréversible de déclin. La réalité est cependant plus compliquée, plus incertaine : une structure internationale est toujours influencée par les rapports de force du moment, et le XXIe siècle sera très différent du XXe siècle, par la distribution de puissance entre les États, mais également entre les États et les acteurs non-étatiques.


L’ONU est une invention largement américaine, née dans un moment exceptionnel d’« unipolarité » où les États-Unis représentaient la moitié du produit mondial, étaient les créanciers de la planète entière, et détenaient le monopole de l’armement nucléaire. Il est assez remarquable que, dans ce moment unique où le reste du monde était en ruines ou colonisé, le gouvernement américain, tout en se ménageant une position privilégiée dans les institutions nouvelles – sans laquelle l’ONU aurait subi le même sort que la SDN : rejet de l’organisation par le Sénat –, ait néanmoins volontairement accepté les contraintes d’une institution qui, sans être au-dessus du système institutionnel américain, limite la marge de manœuvre internationale des États-Unis. Il est tout aussi remarquable que, les circonstances changeant deux ans plus tard avec la rupture entre les puissances alliées de la guerre et les débuts de la guerre froide, l’ONU ait survécu à ce choc, jouant certes un rôle diminué par rapport à celui de gardien de la paix mondiale imaginé en 1945, mais néanmoins significatif, et parfois novateur, comme l’invention en 1948 du maintien de la paix, activité qui ne figure pas dans la Charte. […]


PLAN

  • Un monde nouveau
     - Une légitimité contestée
  • L’impossible réforme de la Charte
     - Quel rôle pour les organisations régionales ?
  • L’ONU, boussole d’un monde sans repères
     - Des activités « opérationnelles » irremplaçables


Ancien secrétaire général-adjoint de l’ONU pour le maintien de la paix (2000-2008) et président de l’International Crisis Group (2014-2017), Jean-Marie Guéhenno est membre du Haut Conseil consultatif pour la médiation (ONU), senior fellow au Carnegie Council for Ethics, et distinguished fellow à la Brookings Institution.

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Qu’attendre de l’ONU aujourd’hui ?

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L’après-poutinisme en Russie : une succession ouverte ?

Date de publication
21 juin 2019
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Un débat semble s’ouvrir, y compris dans les cercles du pouvoir, sur l’après-Poutine. S’agit-il de maintenir, au-delà de l’actuel président, un État au fonctionnement spécifique par rapport aux normes occidentales ? Le projet purement politique n’est pas seul en cause, tant la dégradation économique et le mécontentement de la population pourraient s’imposer aux dirigeants. L’avenir du régime dépendra largement des choix économiques du gouvernement, de leur succès ou de leur échec.

Vladimir TCHERNEGA
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L’Union européenne vue de Russie

Date de publication
21 juin 2019
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La crise entre l’Union européenne et son voisin russe s’approfondit depuis l’annexion de la Crimée, et nulle solution ne semble annoncer une amélioration de la compréhension mutuelle. Les deux parties ne voient manifestement pas le monde et ses problèmes de la même manière. On essaie ici de reconstituer le schéma narratif russe sur le monde post-guerre froide, de déconstruire la vision russe de l’UE, pour mieux comprendre la nature des divergences et leurs vrais enjeux.

Roman VOLKOV
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Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
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Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN
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Page couverture PE n° 1 2021
Jean-Marie GUÉHENNO, « Qu’attendre de l’ONU aujourd’hui ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2021.
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Qu’attendre de l’ONU aujourd’hui ?