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Quel rôle pour la Bundeswehr ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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Le poids de la Seconde Guerre mondiale continue de peser sur l’Allemagne. L’utilisation de la puissance militaire y est considérée avec circonspection, tant par les élites politiques que par une partie importante de la population. La dégradation du contexte stratégique incite toutefois les dirigeants à repenser le rôle de la Bundeswehr. Le budget de la Défense augmente et les effectifs des armées sont amenés à croître significativement dans les prochaines années.

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L’usage de la puissance militaire est devenu un tabou en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. La politique de dénazification et de démilitarisation menée par les Alliés a éliminé de la pensée politique toute « culture de guerre ». Dans le contexte de la guerre froide, et après l’attaque des forces communistes en Corée, les Alliés ont néanmoins compris le besoin urgent de constituer des renforts en forces conventionnelles pour participer à la défense du bloc occidental face à l’empire soviétique.


Ainsi, le 25 novembre 1955 est créée une armée fédérale (Bundeswehr), totalement intégrée à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), conçue pour la seule défense du territoire national. Cette armée est dite « parlementaire » : sous le contrôle du Bundestag et ancrée dans la société allemande pour éviter toute renaissance du militarisme prussien, selon un modèle idéal de rigueur morale et civique du soldat – l’Innere Führung, concept intraduisible en français, littéralement : « commandement intérieur ». En ce sens, le soldat allemand est un « citoyen en uniforme » doté d’un sens critique qui l’autorise à défendre ses droits auprès d’un commissaire parlementaire aux Forces armées (Bundeswehrbeauftragter), à se syndiquer (80 % des soldats adhèrent au Bundeswehrverband) ou à exercer des fonctions politiques.


La fin de la guerre froide et l’unification allemande ont logiquement constitué une césure pour la Bundeswehr. Pour faire face aux nouveaux défis engendrés par la fin de l’affrontement Est-Ouest, les modes d’utilisation de l’outil militaire ont dû être redéfinis. Les réactions internationales à la position allemande pendant la guerre du Golfe en 1991 ont montré les limites d’une politique d’auto-restriction par la « diplomatie du chéquier », l’Allemagne tentant de compenser l’absence de participation aux opérations militaires par ses largesses financières. Il s’agit dès lors de restructurer la Bundeswehr, de la transformer en une armée opérationnelle. Si elle souffre toujours d’une absence de vision, elle bénéficie désormais d’un respect acquis par sa participation à des missions extérieures : depuis 1993, plus de 400 000 soldats de la Bundeswehr ont participé à une cinquantaine d’opérations à l’étranger. Mais cette armée est encore loin de constituer une force « ordinaire ». […]


PLAN

  • L’indispensable refonte : vers une armée d’intervention ?
  • Discordances sur les missions
  • L’hypothétique « normalisation » du fait militaire
  • La réhabilitation de la vaillance militaire
  • Le retour de la géopolitique ?


Stephan Martens est professeur d’études allemandes et européennes à la CY Cergy Paris Université, et ancien recteur d’Académie.

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Quel rôle pour la Bundeswehr ?

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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

Robert TOMBS
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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

Date de publication
21 décembre 2020
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Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».

Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH
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Les relations anglo-américaines après le Brexit : et moins si affinités ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le retour de la compétition des puissances, et l’érosion des moyens économiques et militaires britanniques mettent en cause la traditionnelle posture de suivisme de Londres vis-à-vis de Washington. Le Royaume-Uni ne pèse plus assez auprès des États-Unis, ni pour obtenir un accord commercial privilégié, ni en matière stratégique. Face au déclin inévitable de la relation bilatérale, Londres ne pourrait retrouver un poids diplomatico-stratégique que dans une Alliance atlantique rééquilibrée.

Robert SINGH
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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

Date de publication
21 décembre 2020
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La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.

Stephen WALL

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Stephan MARTENS, « Quel rôle pour la Bundeswehr ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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