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Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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La pratique des sanctions secondaires par les États-Unis n’est pas récente, mais Donald Trump l’a portée à un niveau inégalé. Le président républicain a fait preuve d’une grande défiance à l’égard des alliés traditionnels de Washington, qui s’est particulièrement fait ressentir sur les dossiers russe et iranien. Les Européens ont mis en place un nouveau mécanisme – baptisé INSTEX – pour tenter de contourner les sanctions américaines, mais il a rapidement montré ses limites.

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En juin 2021, les États-Unis imposent 36 régimes de sanctions différents à des États, des groupes ou des individus. Certaines de ces mesures sont en place depuis plusieurs années – à l’instar des sanctions américaines dans les Balkans – alors que d’autres, comme celles imposées à l’encontre de membres du gouvernement de Hong Kong, sont mises en œuvre depuis moins d’un an. Les États-Unis sont le pays qui a imposé le plus de régimes de sanctions, avec plus de 120 occurrences au cours du siècle écoulé, alors même que l’efficacité générale de ces sanctions tend apparemment à décroître depuis les années 1990.


Les sanctions sont-elles efficaces ?


De la fin de Seconde Guerre mondiale aux années 1960, les sanctions américaines ont débouché sur des succès notables comme, en 1965, celles prises à l’encontre de la Rhodésie du Sud. À l’époque, les États-Unis étaient au centre de nombreux programmes d’assistance internationale, d’aide à la reconstruction au profit de pays ravagés par la guerre et, parfois, parmi les seuls États pourvoyeurs de biens et de services essentiels. Au cours des années 1970 et 1980, et en dépit du développement économique grâce à l’aide multilatérale de plusieurs États, les sanctions américaines sont demeurées plutôt efficaces dès lors que leurs objectifs restaient limités. Les sanctions prises contre la Libye en 1978 en sont un bon exemple.


Avant la Seconde Guerre mondiale, moins du quart des sanctions alors imposées visaient à renverser le régime de l’État sanctionné. Or, depuis les années 1990, plus de la moitié des régimes de sanctions ont cet objectif. Un exemple bien connu est celui des sanctions adoptées contre l’Irak en 1990, après l’invasion du Koweït par les forces de Saddam Hussein. Ce cas – qui n’a pas abouti au renversement du dictateur – illustre le fait que les sanctions produisent rarement des évolutions politiques aussi définitives qu’un changement de régime.


De nombreux facteurs peuvent concourir à expliquer la réussite ou l’échec d’un régime de sanctions. Parmi les principaux : le coût économique pour l’État sanctionné, la nature de son pouvoir, sa stabilité politique et sociale, le lien entre l’État imposant les sanctions et l’État sanctionné, la cohésion internationale, les phénomènes de rally around the flag dans l’État sanctionné, la réputation et l’image de ce dernier et, enfin, le temps. Le premier facteur de cette liste étant sans doute le plus déterminant.


PLAN

  • Les sanctions sont-elles efficaces ?
  • Le recours aux sanctions secondaires
  • Le précédent des hydrocarbures soviétiques
  • Les lois Helms-Burton et D’Amato
  • Les sanctions sous George W. Bush et Barack Obama
  • L’administration Trump : le renouveau des sanctions secondaires


Sophie Marineau est doctorante en histoire des relations internationales à l’Université catholique de Louvain.

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Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ?

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Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
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En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
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Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
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Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
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Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
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Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

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Sophie MARINEAU, « Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ?