Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Une révolution est-elle possible au Liban ?

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 85, n° 2, 2020
Image de couverture de la publication
Page_couverture_PE_n°_2_2020
Accroche

Depuis le 17 octobre 2019, la colère gronde au Liban. Accablés par les impôts, l’inflation, l’incompétence des gouvernants, l’injustice sociale et la corruption, les manifestants crient leur révolte. Leur détermination se heurte toutefois à une classe politique résolue à garder le pouvoir. Un bouleversement politique est-il possible au Liban, au regard de l’histoire du pays, du fonctionnement de ses institutions, et du caractère composite de la société libanaise ?

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

En 2018, les élections législatives libanaises attendues depuis neuf ans reconduisent au pouvoir la classe traditionnelle corrompue qui l’occupe depuis 1992. Si les résultats du scrutin sont majoritairement favorables au Hezbollah et à ses alliés, Saad Hariri, principale figure sunnite du pays, est chargé de former un nouveau gouvernement. En dépit de la baisse de sa popularité, sa nomination permet de ménager les sensibilités confessionnelles et de conserver un équilibre politique, gage de stabilité ; ce, d’autant qu’Hariri bénéficie de la confiance de la communauté internationale.


Les rapports de force internes entre différents courants, alimentés par des luttes d’influence régionales et internationales, compliquent cependant la formation du cabinet, qui dure sept mois. Parallèlement à ce vide institutionnel, le Liban est confronté à la perspective d’un effondrement économique imminent, aggravé par l’afflux massif de réfugiés syriens et, plus globalement, les répercussions de la guerre en Syrie.


C’est donc dans un contexte de tension régionale et de dégradation des conditions de vie des Libanais que s’inscrit le soulèvement populaire qui éclate le 17 octobre 2019, en réaction à l’annonce d’une taxe nouvelle sur les appels WhatsApp. Près de 2 millions de personnes manifestent dans toutes les régions du pays, toutes catégories sociales et communautés confondues, déterminées à faire chuter le régime. Cette vague inédite de mécontentement, lue au prisme des printemps arabes, se trouve hâtivement qualifiée de « révolution ». L’ampleur des événements suffit-elle pour autant à leur attribuer un caractère révolutionnaire ? Et une révolution est-elle possible au Liban ? Le système politique et économique qui favorise le clientélisme et la corruption, l’hétérogénéité de la société, enfin l’absence de cohésion dans les rangs des manifestants, semblent pourtant bien constituer autant d’obstacles à l’aboutissement d’une révolution dans le pays.


Un système politico-économique qui favorise clientélisme et corruption


La crise que connaît aujourd’hui le Liban puise sa source dans une histoire : celle d’une organisation politique archaïque héritée de l’époque ottomane. Ce système suppose un partage du pouvoir selon des considérations confessionnelles, qui donne de facto une assise pérenne au clientélisme. […]


PLAN

  • Un système politico-économique qui favorise clientélisme et corruption
  • Le manque de cohésion chez les manifestants
  • L’absence de nation


Lama Fakih, docteur en histoire contemporaine et relations internationales, enseigne à l’université Saint-Joseph de Beyrouth.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Une révolution est-elle possible au Liban ?

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Lutte contre le terrorisme : la Belgique, maillon faible ?

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Après les attentats de 2015 et 2016, la Belgique a été pointée du doigt et a fait l’objet d’un véritable Belgium bashing. Les critiques émises étaient parfois exagérées mais pas totalement injustifiées : les ministères régaliens avaient fait l’objet de coupes budgétaires drastiques et la complexité du système politico-administratif belge rendait la coopération entre services difficile. Une commission d’enquête a tiré les leçons des attentats et de profondes réformes ont été entreprises.

Sébastien BOUSSOIS
Image principale

La France face à la politique économique de Trump

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

La plupart des réformes annoncées en matière commerciale par le ­candidat Trump n’ont pas été mises en œuvre. La France peut tirer profit de l’existence de nombreux intérêts communs pour défendre sa vision d’une ­mondialisation à la fois libre-échangiste et régulée. Cependant, l’hypothèse d’un recours croissant à des mécanismes de protection et d’un rejet du multilatéralisme doit aussi être envisagée, notamment du fait de l’attitude de la Chine et de ses alliés.

Xavier RICARD LANATA
Image principale

Iran : architecture du pouvoir et conservatisme

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Les institutions politiques iraniennes sont difficiles à déchiffrer. Elles sont les héritières de traditions particulières et de la Révolution de 1979. Les sources du pouvoir sont multiples : électorales, religieuses, économiques, groupes de pression, réseaux d’influence, etc. Au-delà de la dualité visible président/Guide suprême, le compromis établi entre traditions, loi religieuse et acquis libéraux est complexe et réduit la probabilité d’une évolution rapide du régime.

Vincent DOIX
Image principale

Le Monténégro ou la fragilité à toute épreuve

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Le Monténégro est désormais membre de l’Alliance atlantique, et peut-être l’État des Balkans occidentaux le plus avancé sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne. Il a pu développer son ancrage régional et ses échanges avec les États voisins, au moment où ses relations avec Moscou se faisaient plus difficiles. Son identité nationale reste néanmoins fragile. L’économie connaît de réelles difficultés, et son système politique fait l’objet d’une contestation interne croissante.

Renaud DORLHIAC
Sujets liés

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page_couverture_PE_n°_2_2020
Lama FAKIH, « Une révolution est-elle possible au Liban ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 juin 2020.
Copier
Image de couverture de la publication
Page_couverture_PE_n°_2_2020

Une révolution est-elle possible au Liban ?