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Vers la fin de la guerre?

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Couverture PE 4/2006
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Longtemps considérée non seulement comme légitime mais de surcroît comme souhaitable, la guerre a connu une perte sensible de légitimité après la Première et la Seconde Guerre mondiale. Le regain relatif de légitimité qui a suivi la fin de la guerre froide –avec la multiplication des opérations militaires à vocation humanitaire– ne suffira pas à inverser la tendance. Il se pourrait même que la forme de conflits aujourd’hui dominante, la guerre civile, connaisse à son tour un réel déclin.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Au cours du XXe siècle, la guerre a perdu en légitimité. En conséquence – du moins est-ce une des raisons pouvant être invoquées – les guerres interétatiques, et plus spécifiquement les guerres entre États développés, sont devenues extrêmement rares. Ce déclin est un phénomène sans précédent dans l’histoire et certains éléments permettent de supposer qu’il pourrait en être de même pour les guerres civiles.


La légitimité traditionnelle de la guerre


Voici une centaine d’années, la guerre était encore vue non seulement comme légitime mais, de surcroît, comme une chose positive. Comme le souligne l’historien militaire Michael Howard, « avant 1914, la guerre était presque universellement considérée comme un moyen acceptable – voire inévitable ou même désirable – de résoudre les différends internationaux ».


Cinq ans avant d’écrire son Traité de paix perpétuelle, Emmanuel Kant soutenait encore qu’« une paix prolongée favorise la prépondérance d’un esprit purement marchand – dont découlent un égoïsme, une lâcheté et un manque de virilité dégradants – et tend à souiller la vertu de la nation ». Alexis de Tocqueville concluait que « la guerre ouvre l’esprit du peuple et rehausse son caractère ». Quant à Frédéric le Grand, il faisait remarquer que « la guerre est la mère de toutes les vertus, car à chaque instant rayonnent la loyauté, la compassion, la magnanimité et l’héroïsme ».


Certains en déduisaient que des guerres périodiques étaient nécessaires pour préserver la nation de la décadence de la paix. Pour Nietzsche, « c’[était] une pure illusion et une idée futile que d’attendre quoi que ce soit du genre humain s’il oubli[ait] comment faire la guerre ». J. A. Cramb, un professeur britannique, proclamait quant à lui que la paix universelle « plongerait le monde dans une béatitude bovine ». En 1871, Ernest Renan soutenait que la guerre « [était] une des conditions du progrès, le coup de fouet qui empêch[ait] un pays de s’endormir, contraignant la médiocrité satisfaite à quitter son apathie ». En 1891, Émile Zola déclarait : « [La guerre], c’est la vie… Nous sommes condamnés à manger ou être mangés afin que le monde puisse continuer à vivre. Seules les nations belliqueuses ont prospéré. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • La légitimité traditionnelle de la guerre

 - La perte de légitimité de la guerre : l’impact des guerres mondiales

  • Un relatif regain de légitimité de la guerre après la guerre froide
  • La guerre légitime : un potentiel limité
  • L’impact de la guerre en Irak sur la nouvelle (et relative) légitimité de la guerre
  • La fin de la guerre ?

 

John Mueller, président de la Woody Hayes Chair of National Security Studies au Mershon Center for International Security Studies, est professeur de sciences politiques à l’Ohio State University. Il est membre de l’American Academy of Arts and Sciences et son dernier ouvrage Overblown (New York, Free Press, 2006) traite du terrorisme et de l’exacerbation de la menace.

 

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Vers la fin de la guerre?

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Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
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Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

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Soldats français lors d’un exercice en forêt
Laboratoire de recherche sur la défense (LRD)
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Le Laboratoire de recherche sur la défense est un programme qui vise à stimuler le débat stratégique en traitant de sujets à la jointure du « technico-opérationnel » et du « politico-stratégique ». Structure unique en France, il associe des chercheurs civils à des « military fellows » issus de chacune des trois armées pour produire des travaux portant sur les politiques de défense, l’adaptation capacitaire et stratégique des armées, et de prospective sur les conflits de demain.

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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

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Accroche

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Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

Date de publication
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Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

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Conflits locaux : le mal insidieux de l’Afrique

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Les conflits locaux, de plus en plus nombreux et dévastateurs en Afrique, ne sont le plus souvent analysés par les acteurs internationaux qu’à travers le prisme des conflits ou des déstabilisations d’États. Leur nature complexe, le mélange qu’ils opèrent entre traditions et modernité, leurs rapports aux niveaux national et international doivent faire l’objet d’approches nouvelles, à la fois stratégiques et ponctuelles. Des approches qui doivent intégrer les dimensions militaires et civiles.

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État islamique : l’autre menace

Date de publication
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L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER

Comment citer cette étude ?

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Couverture PE 4/2006
John MUELLER, « Vers la fin de la guerre? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 19 novembre 2006.
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Vers la fin de la guerre?