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Des corsaires aux mercenaires : les acteurs maritimes non-militaires et les continuités historiques de la guerre navale

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Couverture Briefing Zhao
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Depuis fin 2023, plusieurs attaques houthies contre des navires marchands ont vu intervenir des équipes armées privées, chargées d'assurer la défense des bâtiments et la coordination des réponses immédiates — souvent en l'absence de forces navales régulières sur place au moment des hostilités. Ces épisodes illustrent une tension stratégique à laquelle les marines contemporaines sont de plus en plus confrontées : d'un côté, elles doivent remplir des missions de sécurité maritime permanentes mais de faible intensité — lutte contre la piraterie, police des mers, protection du commerce maritime ; de l'autre, elles sont de nouveau sommées de se préparer à des conflits de haute intensité face à des adversaires de rang comparable, dans un contexte de retour de la compétition entre grandes puissances.

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Opération de l'HMS Montrose dans le golfe d'Aden.
Opération de l'HMS Montrose dans le golfe d'Aden.
Terry Seward/MOD
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Ce double impératif n'est pas nouveau : les États y ont été confrontés à de multiples reprises au cours de l'histoire, et y ont souvent répondu en déléguant une partie de leurs missions de sécurité maritime à des acteurs non militaires ou irréguliers — des acteurs autorisés ou mandatés par l'État, mais extérieurs à sa marine de guerre. La montée en puissance actuelle des sociétés militaires et de sécurité privées (PMSC) ne constitue donc pas une rupture, mais s'inscrit dans une dynamique structurelle bien plus ancienne de l'histoire navale. L'historiographie a tendance à présenter les XIXe et XXe siècles comme l'âge naturel d'une puissance navale centralisée, sous le contrôle exclusif de l'État et son monopole de la violence ; cette note défend au contraire l'idée que cette période — de la déclaration de Paris de 1856 à la fin de la guerre froide — constitue une parenthèse historique plutôt qu'un modèle de référence. Sur la longue durée, les États ont le plus souvent exercé leur puissance maritime par la délégation, partageant leurs prérogatives coercitives avec des corsaires, des compagnies à charte et d'autres acteurs maritimes irréguliers.

Replacer les PMSC dans cette perspective historique invite à reconsidérer l'idée selon laquelle leur essor marquerait un écart par rapport aux normes internationales : il révèle au contraire une continuité de long terme dans la façon dont la violence en mer a toujours été organisée. Cette mise en perspective est essentielle, pour la recherche comme pour la stratégie maritime, car elle évite de prendre un moment normatif particulier pour un principe intangible de l'ordre maritime. Dans la lignée de l'amiral Castex, pour qui la flexibilité, l'asymétrie et la contestation permanente du contrôle des mers sont au cœur de la pensée navale, cette lecture historique permet de comprendre pourquoi la sécurité maritime a toujours été une entreprise partagée et déléguée — et pourquoi ce type d'arrangement refait aujourd'hui surface.

Ce Briefing est disponible uniquement en anglais. Il a remporté le prix "Amiral Castex 2026", dans la catégorie "Guerre navale".

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ISBN / ISSN

979-10-373-1262-4

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Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
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Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

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Ultima Ratio Regum : quelle puissance de feu pour les armées françaises ?

Date de publication
15 septembre 2026
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Alors que la Russie et l'Ukraine s'affrontent dans une guerre d'usure où missiles et drones pleuvent dans la profondeur stratégique de l'adversaire, l'Iran use de sa puissance de feu, appuyée par sa main mise sur le détroit d'Ormuz, pour assurer la survie du régime. Dès lors, l'enjeu d'un modèle de feu performant pour les armées françaises apparaît comme crucial dans la construction d'une défense européenne et nationale crédible à l'aune d'un retour de la guerre de haute intensité.

Jean-Baptiste GUYOT Louis-Marie BAILLE Matthieu Chauvet Nicolas Schmitt
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Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français

Date de publication
23 juillet 2026
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En France, la politique étrangère fait partie de ce que l’on appelle le « domaine réservé » du président de la République. Depuis qu’il est entré en fonction, Emmanuel Macron n’a – à notre connaissance – jamais reconnu une quelconque influence de l’opinion publique sur sa politique étrangère. 

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Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe

Date de publication
11 septembre 2026
Accroche

Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?

Fabian HOFFMANN
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Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité

Date de publication
08 septembre 2026
Accroche

Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile. 

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Opération de l'HMS Montrose dans le golfe d'Aden.
Terry Seward/MOD

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Pieter ZHAO, « Des corsaires aux mercenaires : les acteurs maritimes non-militaires et les continuités historiques de la guerre navale », Briefings, Ifri, 26 août 2026.
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