Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L'énergie en Allemagne : trois trajectoires possibles de 2012 à 2022

Éditoriaux
|
Date de publication
|
Référence taxonomie collections
Édito Énergie
Image de couverture de la publication
L'énergie en Allemagne : trois trajectoires possibles de 2012 à 2022
Accroche

Au fur et à mesure que les semaines passent, il devient possible de mieux cerner les principales incertitudes susceptibles d’affecter l’évolution du système énergétique allemand de 2012 à 2022.

Corps analyses

1. L’Allemagne réussira-t-elle à réduire sa consommation d’électricité à un rythme annuel double de celui observé au cours de la décennie précédente ?

2. L’Allemagne réussira-t-elle à installer dans les délais prévus les lignes électriques à haute tension nécessaires au transport de l’éolien de la Baltique ? L’interrogation résulte moins des aléas techniques que des difficultés éventuelles d’acceptation des tracés.

3. L’Allemagne réussira-t-elle à développer au rythme prévu les capacités d’énergies renouvelables qu’elle envisage de créer sur son sol ?

4. Accessoirement, l’Allemagne réussira-t-elle à obtenir une augmentation significative des interconnexions avec ses voisins européens ou entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée ? Un succès faciliterait l’insertion de sources intermittentes d’électricité.

Selon la réponse que l’on donne à ces questions, plusieurs scénarios allemands sont concevables :

Scénario 1. La réponse aux trois premières questions au moins est positive. L’Allemagne atteint en 2022 l’objectif qu’elle s’est fixé, le nucléaire est éliminé et remplacé par les énergies renouvelables, le reste de la demande étant couvert par des centrales à charbon supercritiques et des cycles combinés au gaz. Naturellement, les émissions de gaz à effet de serre sont, au cours de la décennie, sensiblement supérieures à ce qu’elles eussent été sans la décision de sortie rapide du nucléaire, mais peuvent rester dans la limite des engagements pris à Bruxelles, compte-tenu des crédits engrangés dans le cadre de l’EU ETS.

Scénario 2 : l’Allemagne n’atteint que partiellement ses objectifs en terme de baisse de consommation, de développement du réseau de transport intérieur et de développement des renouvelables. Elle augmente l’utilisation du charbon et du gaz pour produire de l’électricité et a recours de manière transitoire et dans la mesure du possible à des importations électriques venant de ses voisins européens et notamment de France.

Scénario 3 : Devant le retard pris par son programme, l’Allemagne, au milieu de la décennie, décide de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires restantes sans remettre en cause le principe de la sortie du nucléaire. Ce scénario apparaît aujourd’hui comme peu vraisemblable.
En toile de fond de ces scénarios, l’Allemagne semble avoir l’intention de remplir deux conditions : veiller à ce que la transition énergétique ne compromette pas, par l’augmentation du coût de l’électricité, la compétitivité de l’industrie allemande ; limiter la dépendance de l’Allemagne en matière d’importations d’électricité. Ces intentions sont-elles compatibles avec le scénario 1 ?

Face à ces incertitudes, la France va devoir observer de près l’évolution de la trajectoire énergétique allemande et s’assurer que ses répercussions sur la politique de l’Union Européenne ne nuisent pas à son propre objectif de poursuivre un mix énergétique limitant sa dépendance extérieure (compte tenu de la situation préoccupante de sa balance commerciale) et maintenant un coût faible de l’électricité pour ses ménages et ses entreprises.

 

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Partager

Decoration
Auteur(s)
Photo
photojl.jpg

Jacques LESOURNE

Intitulé du poste

Ancien Président du Comité scientifique du Centre Énergie

Image principale
Énergie et Climat
Centre énergie et climat
Accroche centre

Le Centre énergie et climat de l’Ifri mène des activités et recherches sur les enjeux géopolitiques et géoéconomiques des transitions énergétiques. Il travaille à la fois sur les enjeux de sécurité énergétique, de compétitivité, de maîtrise des chaînes de valeur, et d'acceptabilité. Spécialisé dans l’étude des politiques européennes de l’énergie et du climat, et des marchés de l’énergie en Europe et dans le monde, ses travaux portent aussi sur les stratégies énergétiques et climatiques des grandes puissances comme les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde. Il offre une expertise reconnue, enrichie de collaborations internationales et d'événements à Paris et à Bruxelles, notamment.

Image principale

L'UE en état d'alerte : priorité sur les enjeux énergétiques et industriels pour 2026

Date de publication
28 janvier 2026
Accroche

L'année 2025 a confirmé qu'il était nécessaire de se préparer à un environnement géoéconomique et géopolitique plus difficile, car l'intensité et la fréquence des chocs augmentent, tandis que l'Union européenne (UE) n'a plus de flancs stables, dans un contexte de fréquentes crises avec les États-Unis, révélatrices d’une fracture systémique. 

Image principale

De l'IRA à l'OBBA : les entreprises françaises de l'énergie aux États-Unis

Date de publication
28 novembre 2025
Accroche

Adopté en 2022 sous l’administration Biden, l’Inflation Reduction Act (IRA) a marqué un tournant historique dans la politique énergétique américaine, offrant une visibilité supposée de long terme et attirant les investissements. De 2022 à 2024, les investissements américains dans les énergies propres ont atteint près de 500 milliards de dollars (+ 71 % en deux ans).

Constance BOST
Image principale

Le rôle clé de la Chine dans les chaînes de valeur des minerais critiques

Date de publication
03 novembre 2025
Accroche

La Chine occupe aujourd’hui une position dominante dans les chaînes de valeur des minerais critiques, de l’extraction à la transformation jusqu’aux technologies en aval. Cette suprématie repose sur des décennies de politiques industrielles et lui confère une influence stratégique considérable sur la sécurité d’approvisionnement mondiale, notamment pour l’Union européenne.

Image principale

Le rôle de la course aux métaux stratégiques dans les conflits actuels

Date de publication
03 novembre 2025
Accroche

Les métaux critiques font l’objet de rivalités telles qu’il faut se préparer à ce que les rapports de force pour leur contrôle se transforment en conflits armés, déstabilisant potentiellement des régions, voire États.  Les cas de la République démocratique du Congo, ou de la Birmanie, sont symptomatiques de ces évolutions. À terme, les risques pèsent aussi sur les chaines de valeur plus larges liées aux métaux, et notamment le segment de la logistique, qui est essentiel et représente un point de vulnérabilité majeur potentiellement exploitable par le crime organisé, des organisations armées et / ou des États.

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
L'énergie en Allemagne : trois trajectoires possibles de 2012 à 2022
L'énergie en Allemagne : trois trajectoires possibles de 2012 à 2022, de L'Ifri par
Copier