La diaspora gabonaise d'opposition en France : une mobilisation politique à l'épreuve de la crise post-électorale de 2016
Etudes de l'Ifri, octobre 2020
La diaspora gabonaise d’opposition en France est devenue une force d’influence politique. Critiques du régime d'Ali Bongo et de la faible organisation de l'opposition au Gabon, les acteurs diasporiques pourraient à l'avenir contribuer à changer le destin politique du pays.
La diaspora gabonaise d’opposition en France s’est imposée comme un acteur de la crise post-électorale depuis 2016. Si la politisation de la diaspora – poussée par un espace politique et civique restreint au Gabon – a varié depuis l’indépendance, sa mobilisation en France après l’élection présidentielle de 2016 au Gabon est sans précédent. Depuis 2009, la prolifération d’associations diasporiques et l’organisation de nombreux débats au sein de la diaspora antirégime Bongo ont trouvé des échos sur la scène politique nationale au Gabon, tandis que les structures prorégime dans la diaspora se sont affaiblies.
À partir de 2016, la mobilisation diasporique d’opposition s’est théâtralisée en créant et en utilisant des formes de contestation hybrides innovantes, inspirées par les pratiques culturelles gabonaises, par les méthodes de protestation et de persuasion publiques non violentes, et par les techniques modernes de communication. Gardienne de la contestation, cette diaspora transnationalisée a multiplié les interactions avec la société civile au Gabon, elle-même devenue le fer de lance de la contestation locale face à la léthargie et à l’inefficacité de l’opposition politique.
Si les efforts et les effets de cette mobilisation diasporique sont multiples, son impact reste pour le moment plus médiatique que réellement politique. Néanmoins, ce laboratoire de contestation diasporique semble désormais contribuer au renouvellement de la classe politique gabonaise et influencer le destin politique du Gabon.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La diaspora gabonaise d'opposition en France : une mobilisation politique à l'épreuve de la crise post-électorale de 2016
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesPropagande en ligne en temps de guerre au Soudan
Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.
Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.