L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.
Principales caractéristiques :
- Le modèle historique du développement des corridors (le modèle ferro-portuaire) a été remplacé par un système de transport multimodal rail/route/port. Si l’évolution historique du transport a favorisé le fret routier par rapport au fret ferroviaire, plusieurs initiatives contemporaines tentent de relancer ce dernier.
- Le développement des corridors au XXIe siècle repose sur le dynamisme du secteur minier et le dispositif financier des partenariats public-privé (PPP). Les corridors représentent un système complexe d’intérêts publics et privés, géopolitiques et économiques.
- La Communauté de développement d’Afrique australe (Southern African Development Community, SADC) s’est efforcée de planifier le développement des corridors afin d’améliorer l’intégration régionale. Au début du siècle, le corridor de Maputo a été le succès qui a inspiré d’autres projets de corridor dans la région.
Principaux problèmes :
- Les corridors d’Afrique australe sont dépendants de la bonne santé du secteur minier, y compris du secteur charbonnier.
- La politique de transport de la SADC n’a guère été suivie par ses États membres, qui ont presque tous investi dans des corridors de manière individualiste et agressive en espérant d’importantes retombées économiques nationales. Cette stratégie de maximisation nationale des corridors régionaux a eu pour contrepartie une coordination insuffisante entre les États.
- Les corridors régionaux d’Afrique australe ressemblent à une addition de projets nationaux d’infrastructure et leurs entités de gestion commune sont insuffisamment effectives. L’harmonisation des procédures douanières et des politiques commerciales a été négligée par rapport à la construction d’infrastructures. L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe.
- La multiplication désordonnée des corridors remet en cause leur complémentarité et aboutit à une concurrence intense et multidimensionnelle, avec un risque de sous-rentabilité de certaines infrastructures.
- La plupart des corridors de la région sont des segments de chaînes de valeur mondialisées qui relient l’économie extractiviste de l’Afrique australe aux centres de transformation industrielle. Cette logique d’extraction contredit les objectifs de diversification économique, de développement local et d’aménagement territorial qui sont habituellement attribués aux corridors
Les corridors d’Afrique australe

Contenu disponible en :
Thématiques et régions
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
La diaspora congolaise en France : histoire, sédentarisation et transmigration
À rebours d’une vision homogène de la diaspora congolaise, cette étude montre que celle-ci s’est sédentarisée en France tout en maintenant des liens politiques, économiques et affectifs avec la République démocratique du Congo (RDC), faisant de cet entre-deux un espace de mobilisation, de transmigration et d’engagement aux effets aussi importants qu'ambigus.
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.
Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.