Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
C’est dans un contexte de crise profonde qu’Abiy Ahmed arrive au pouvoir en 2018 en tant que Premier ministre. Ses discours en faveur de la paix et de l’unité éthiopienne font alors naître beaucoup d’espoirs. À la veille des élections générales de 2026, le pays est en grande difficulté. Les violences à grande échelle se multiplient depuis 2019 (régions Oromo, Tigray, Amhara), plaçant ces élections dans un contexte inédit par rapport aux précédentes. La légitimité du Premier ministre paraît plus fragile, et la société civile, qui avait connu une ouverture sans précédent après l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed, subit des pressions croissantes de la part des agences de sécurité. Quant à l’opposition partisane, elle reste divisée sur l’attitude à adopter vis-à-vis du gouvernement : le rejoindre, boycotter ou s’opposer. Dans un tel contexte, il est important d’interroger le potentiel déstabilisateur de cette échéance électorale de 2026. Comment le régime prépare-t-il cette élection ? Comment se positionnent les oppositions ? Quel est le potentiel déstabilisateur de l’élection dans un contexte national et régional extrêmement tendu ? Ce sont les principales questions auxquelles cette étude apporte des éléments de réponse.
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