Dependence in Europe's Relations with China: Weighing Perceptions and Reality
L'idée que l'Europe est devenue dépendante de la Chine est désormais largement partagée, mais comment cette notion de dépendance est-elle appréhendée dans les capitales européennes ?
S’appuyant sur l'analyse de 18 pays et de l'Union européenne (UE), ce rapport présente la manière dont les dépendances vis-à-vis de la Chine sont comprises et comment leurs perceptions conditionnent l'élaboration des politiques à la fois à Bruxelles et dans les capitales européennes. Il apporte ainsi une perspective « bottom up » indispensable au débat.
Il s'agit du huitième rapport du Réseau des think tanks européens sur la Chine (European Think Tank Network on China - ETNC), qui réunit des experts de 20 instituts de recherche à travers l'Europe et dont l'Ifri est membre fondateur.
UE : la Chine, facteur essentiel de la politique de résilience et autonomie
Dans son analyse des discussions au sein des institutions de l’UE, Marie Krpata de l'Ifri explique que l'émergence de la Chine comme puissance économique et son affirmation sur la scène mondiale, l'impact des tensions sino-américaines et enfin la crise du Covid-19 ont suscité un débat sur les dépendances de l'UE en matière de commerce, d'investissement et de chaîne d'approvisionnement. Ce débat a mis en lumière la vulnérabilité de la base technologique et industrielle de l'UE et a sensibilisé aux risques liés aux aspirations géopolitiques de la Chine. Dans ce contexte, l'UE a développé des stratégies, des politiques et des instruments pour réduire sa dépendance vis-à-vis des puissances tierces, dont la Chine, tout en défendant le libéralisme économique, les droits de l'homme et un ordre mondial fondé sur des règles. Avec le retour de la politique de puissance, l'UE doit être lucide quant aux arbitrages auxquels elle est confrontée. Si elle souhaite incarner une position distincte face à une rivalité sino-américaine croissante, elle devra renforcer sa compétitivité, prendre des mesures pour lutter contre les asymétries de marchés et d’échanges et promouvoir de manière proactive ses valeurs et ses intérêts à l'étranger.
France : la Chine, une préoccupation parmi d'autres dans le débat sur la résilience et l'autonomie stratégique
Dans leur analyse sur la France, John Seaman et Paul Louédin expliquent que les inquiétudes concernant les dépendances vis-à-vis de la Chine et les vulnérabilités qu'elles créent se multiplient en France. Si ces dépendances sont aujourd'hui considérées comme limitées à quelques secteurs spécifiques (néanmoins critiques), la potentielle domination chinoise dans les industries de haute technologie du futur soulève des inquiétudes quant à un niveau de dépendance plus stratégique dans les années à venir. A Paris, les décideurs prennent acte de la volonté de Pékin de tirer parti de ses avantages par la coercition économique, ainsi que de la divergence croissante avec la Chine sur les concepts fondamentaux du système international (de la gouvernance économique aux valeurs politiques, la soi-disant « rivalité systémique »). Et pourtant, la question de la dépendance n’est qu’un élément d'un débat plus large sur la place de la France et de l'Europe dans le monde, bien au-delà de la Chine. Le discours politique français s’articule autour des notions d’autonomie et souveraineté stratégiques tout en réaffirmant l’attachement aux concepts d'ouverture et de libre-échange. Il est désormais admis que les interdépendances résultant du libre-échange doivent être le résultat de choix politiques plus conscients et lucides plutôt que la seule conséquence de la recherche d’efficacité économique.
Ce rapport est disponible uniquement en anglais ici : Dependence in Europe's Relations with China: Weighing Perceptions and Reality.
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