La Turquie au Moyen-Orient: le retour d'une puissance régionale ?
La République de Turquie a tourné le dos au Moyen-Orient pendant la plus grande partie du xxe siècle. Ce repli stratégique et culturel, acté dans les années 1920 pour consolider l"État naissant après l"effondrement de l"Empire ottoman et refonder une nation turque débarrassée des influences orientales, a perduré jusqu"à la fin de la guerre froide. Le monde arabe et iranien était devenu l"Orient d"une Turquie qui se voulait fermement ancrée dans la modernité occidentale. Le contraste est aujourd"hui saisissant : la Turquie en plein renouveau, progressivement libérée des tabous du kémalisme, réinvestit rapidement le Moyen-Orient, devenu terrain d"expansion économique et d"expérimentation diplomatique. Elle se positionne comme une puissance régionale à part entière, sur le mode du soft power. Le Moyen-Orient est même parfois présenté comme l"alternative à une perspective européenne en berne. Mais les " printemps arabes " posent un sérieux défi à l"influence turque dans la région. Modèle naturel pour les futures démocraties arabes, ou acteur impérial qui défend au plus près ses intérêts de puissance : quel sera le rôle de la Turquie dans un contexte de profonde instabilité régionale ? La diplomatie de l"AKP, le parti d"origine islamiste qui dirige le pays depuis 2002, subit ici un test majeur, entre recherche d"équilibre et exercice de responsabilité.
Cet ouvrage collectif rassemble les analyses de 14 éminents spécialistes issus d"horizons complémentaires. Le croisement des points de vue turcs, arabes, iranien, européens, américain permet de saisir dans toute sa complexité le système turco-oriental en cours de formation.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La Turquie au Moyen-Orient: le retour d'une puissance régionale ?
Le Canada dans l’Indo-Pacifique : poursuivre le pivot, renforcer le partenariat avec la France
Depuis le lancement de sa première stratégie indo-pacifique (SIP) en novembre 2022, Ottawa a progressivement quitté les marges de l’engagement régional pour gagner en visibilité stratégique, avec une dynamique notable mais inégale. Dotée d’un investissement initial de 2,3 milliards de dollars canadiens sur cinq ans, cette stratégie traduit une reconnaissance attendue de longue date : le Canada est une nation du Pacifique dont la prospérité et la sécurité sont indissociables de la stabilité de la région la plus déterminante au monde sur les plans économique et stratégique.
Le Pakistan et le conflit israélo-palestinien : l’évolution de l’approche pakistanaise après la guerre à Gaza
Le Pakistan a longtemps concilié un soutien affiché aux Palestiniens et des contacts discrets avec Israël. Depuis la guerre à Gaza, cet équilibre devient impossible à tenir : l’opinion fait bloc contre Israël, l’adhésion au Board of Peace de Trump suscite une rare critique transpartisane et les nouveaux alignements régionaux éloignent toute normalisation.
La politique énergétique du Japon après la crise d’Ormuz. Sécurité, compétitivité et décarbonation
La crise d’Ormuz de 2026 a renforcé plutôt qu’affaibli la pertinence de la stratégie de décarbonation du Japon, contrairement à ce que l’on aurait pu attendre. Plutôt que de voir la politique énergétique se substituer à la politique climatique, il convient en réalité de considérer les deux comme indissociables.
Le Japon face à l’arme nucléaire. Entre dissuasion élargie et dilemmes normatifs
Depuis la fin des années 1950, la politique japonaise en matière d’armes nucléaires repose sur la coexistence de deux logiques normatives concurrentes : le rejet de l’arme nucléaire, ancré dans l’héritage de Hiroshima et de Nagasaki, et la reconnaissance du rôle central de la dissuasion nucléaire élargie américaine pour la sécurité du Japon.