30 ans après la chute du Mur. Une Allemagne unifiée, une population désunie
Trente ans après la chute du Mur de Berlin, l’heure n’est pas à la fête. Les succès électoraux du parti allemand d’extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD) en Saxe, dans le Brandebourg et en Thuringe en septembre et octobre 2019 reflètent un malaise et un mécontentement croissants dans les nouveaux Länder face à un bilan en demi-teinte de l’unification.
Un taux de chômage tombé à 6,1 % en octobre 2019, des infrastructures modernes et des centres-villes restaurés avec soin pourraient donner le sentiment que l’unification économique a été menée à bien. Mais la réalité est plus contrastée. Les nouveaux Länder n’ont pas attrapé leur retard sur ceux de l’ancienne République fédérale d’Allemagne (RFA) et ne l’attraperont sans doute jamais. L’émigration vers les anciens Länder se poursuit, alors que l’ex-République démocratique allemande (RDA) – à l’exception de Berlin, Dresde et Leipzig – se vide de ses habitants. La domination politique, économique et culturelle des Allemands de l’Ouest, y compris dans les nouveaux Länder de l’ex-RDA, se poursuit, et crée tensions et frustrations qui alimentent le vote AfD.
Depuis 1991, Hans Stark est secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri, où il consacre l’essentiel de ses travaux à la politique étrangère et à la politique européenne de l’Allemagne.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
30 ans après la chute du Mur. Une Allemagne unifiée, une population désunie
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesL’Allemagne face au triangle États-Unis, Russie, Chine : des changements de paradigme systémiques
Depuis la réunification, l’Allemagne a construit sa prospérité sur un ordre international fondé sur le libre-échange, le multilatéralisme et la stabilité géopolitique. Ce modèle reposait sur trois relations jugées complémentaires : la protection militaire américaine, l’approvisionnement énergétique russe et l’intégration économique avec la Chine. Pendant plusieurs décennies, Berlin a considéré ces interdépendances comme des facteurs de paix, de croissance et de sécurité.
Redémarrer l’économie allemande : entre impératifs économiques, sociaux et de défense
En quête d’une nouvelle boussole, l’Allemagne est confrontée à la remise en question des fondements de son modèle économique et social. L’économie allemande, pilier du modèle de réussite et de prospérité de l’après Deuxième Guerre mondiale est ébranlée et la crainte de la désindustrialisation, jusqu’à présent latente, se concrétise de plus en plus, notamment par l’affaiblissement d’un secteur phare comme celui de l’automobile.
Un an à la chancellerie : Merz a-t-il répondu aux attentes de ses partenaires ?
Pendant la campagne électorale, Friedrich Merz avait suscité de nombreux espoirs en France et en Pologne. Nous avons demandé à deux experts ce qu’il en était un an plus tard.
Entrée en vigueur de l’accord UE-Mercosur : aboutissement d’un drame sans fin pour l’Allemagne ?
Lors du Forum Economique Mondial à Davos le 20 janvier 2026, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, affirmait que « les chocs géopolitiques peuvent et doivent constituer une opportunité pour l'Europe ».