La crise idéologique du Parti républicain
Potomac Papers, n° 17, juin 2013
En voie de radicalisation idéologique depuis plusieurs années, le Parti républicain se trouve de plus en plus incapable de séduire les importantes minorités présentes aux Etats-Unis. Un débat de fond est donc aujourd'hui engagé dans la perspective des élections de 2016, entre les partisans d'une droitisation accrue, ceux du recentrage idéologique et les tenants d'une troisième voie plus pragmatique, proposée par le tacticien Karl Rove.
Si le redécoupage des circonscriptions qui a suivi le recensement de 2010 avantage globalement les républicains dans les élections au Congrès, l’évolution démographique du pays rend de plus en plus improbable l’élection d’un républicain à la présidence.
En effet, le Parti républicain se trouve pris dans une radicalisation idéologique ancienne – depuis le sursaut conservateur des années 1960, la montée de la droite chrétienne au cours des années Reagan puis la naissance du mouvement des Tea Parties en 2009 – qui déplaît fortement aux minorités en pleine croissance dans le pays.
Au lendemain de la défaite de Mitt Romney, un débat de fond s’engage donc entre les partisans d’une droitisation accrue, ceux du recentrage idéologique et les tenants d'une troisième voie plus pragmatique, proposée par le tacticien Karl Rove. Ce dernier prône le choix systématique des candidats les plus conservateurs possibles à condition qu’ils aient une chance de l'emporter.
Le début de l’année 2013 a vu ces tendances s’affronter verbalement, chacune proposant par ailleurs des solutions concrètes à mettre en oeuvre dans la perspective de 2016. Malgré un appel au compromis du Comité national républicain, on ne voit guère de solution s’imposer pour l’instant.
Parmi les huit candidats actuellement pressentis pour l'investiture républicaine en 2016, Marco Rubio, le sénateur hispanique de Floride qui a rallié l’establishment de Washington mais reste perçu comme un « vrai conservateur » par les radicaux, représente peut-être la meilleure chance de victoire pour un parti idéologiquement déchiré.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La crise idéologique du Parti républicain
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesAbelardo de la Espriella, élu président en Colombie
Abelardo de la Espriella a été élu le 21 juin président de la Colombie, pour un mandat de quatre ans (non renouvelable) qui commencera le 7 août 2026. Il a été élu avec 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour son opposant de gauche Iván Cepeda, soit une différence d’environ 250 000 votes. C’est la première fois qu’un président colombien est élu, dans le système actuel d’élection à deux tours, avec moins de 50 % des voix.
Trump 2 : le sacre de l’intégralisme catholique post-libéral ?
Le cabinet de Donald Trump se caractérise par une présence notable de figures catholiques de premier plan, à l’instar du vice-président James D. Vance. Cette visibilité excède le poids démographique de l’électorat catholique aux États-Unis et marque l’aboutissement d’une stratégie d’influence sur le Parti républicain par des intellectuels catholiques, amorcée dans les années 1950 en réaction à l’idéologie « fusionniste » de ce dernier, laquelle cherchait à concilier conservatisme moral et libéralisme économique. Depuis 2016, des universitaires tels que Patrick Deneen et Adrian Vermeule ont développé un courant qualifié d’« intégralisme catholique » et promeuvent un nouveau projet politique : le post-libéralisme.
Vers une nouvelle politique étrangère démocrate ? Enjeux et recompositions à l’horizon des présidentielles de 2028
Sortant peu à peu de l’état de sidération dans lequel la réélection de Donald Trump les a plongés en novembre 2024, les Démocrates s’apprêtent à entrer en campagne pour les élections de mi-mandat de 2026, puis pour les primaires démocrates qui précéderont les présidentielles de 2028.
La base et les élites MAGA face à l’opération Epic Fury. Le soutien au président tiendra-t-il dans la durée ?
Depuis la fin du mois de février, le Moyen-Orient est de nouveau déchiré par la guerre, à la suite de la vaste offensive aérienne menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran. L’opération, baptisée Epic Fury, a notamment permis, dès le premier jour, l’élimination de dizaines de hauts responsables iraniens.