La Russie a-t-elle une stratégie en Asie centrale ?
Russie.Nei.Visions, n° 82, janvier 2015
La politique extérieure russe a négligé l’Asie centrale durant une grande partie de l’époque soviétique. Les choses évoluent désormais : les conjonctures régionale et internationale poussent Moscou à s’intéresser de plus en plus à l’Asie centrale.
Cette dernière est en fait un élément clé dans le dessein de Vladimir Poutine qui vise à faire de la Russie l’acteur principal dans cette région au cœur de l’Eurasie et un pôle de pouvoir « indépendant », au même titre que les États-Unis ou la Chine. Bien qu’il n’ait pas réellement l’intention de restaurer l’Union soviétique, le Kremlin reste déterminé à préserver son droit de regard sur les affaires des anciennes républiques soviétiques.
Cependant, les ambitions russes rencontrent de nombreux obstacles. Certains États d’Asie centrale, comme le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, ne sont plus des marionnettes passives dans le jeu des « grandes puissances », mais des acteurs gagnant progressivement en assurance. En outre, les États-Unis resteront un acteur central dans la région même après le retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan. La Chine, elle, transforme son influente puissance économique en présence stratégique de plus en plus affirmée. Malgré le roulement des tambours autour du projet d’Union eurasiatique, la position de Moscou dans la région s’affaiblit. Sa capacité de coercition a baissé de manière significative, la concurrence se durcit et les menaces pour la sécurité nationale russe semblent se multiplier. Moscou devra donc consacrer beaucoup d’efforts pour éviter que son influence décline fortement en Asie centrale.
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