Les Kurdes : un relais d'influence russe au Moyen-Orient ?
Russie.Nei.Visions, n° 85, juin 2015
Alors que la crise syrienne est entrée dans sa cinquième année, l’évolution du contexte sécuritaire en Syrie et en Irak depuis l’été 2014 met en lumière le rôle grandissant des Kurdes comme force combattante contre l’État islamique (EI).
Cet article est le produit de la coopération entre le Centre Russie/NEI et le Programme Turquie contemporaine de l'Ifri
S’inscrivant dans le contexte plus général du renouveau de l’influence russe sur la scène Moyen-Orientale constaté depuis la fin des années 2000, le développement des relations russo-kurdes est entré dans une nouvelle phase depuis le début des années 2010. Russes et Kurdes disposent d’une série d’intérêts convergents qui s’articulent principalement aujourd’hui autour de la lutte contre l’EI et de la coopération dans le domaine énergétique.
Les relations russo-kurdes n’en demeurent cependant pas moins dépourvues de contradictions inhérentes à la diplomatie à géométrie variable déployée par Moscou au Moyen-Orient : le Kremlin est en effet l’un des rares acteurs de la scène stratégique Moyen-Orientale à disposer de la capacité à discuter avec tous les États de la région. Or, la Turquie, la Syrie et l’Iran, qui sont autant de partenaires stratégiques pour Moscou, redoutent tous le danger séparatiste kurde. Jusqu’à présent, le numéro d’équilibrisme diplomatique du Kremlin lui a cependant permis de densifier ses relations avec les Kurdes sans pour autant compromettre celles avec les États riverains concernés par la question du Kurdistan.
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