« En Ukraine, Poutine mène une guerre génocidaire »
Dimitri Minic, chercheur au Centre Russie/Eurasie de l'Ifri, spécialiste de la pensée et de la culture stratégiques russes et responsable scientifique de l’Observatoire Russie, Europe orientale, Caucase et Asie centrale, était invité à débattre dans l'émission « À l’air libre ».
Texte citation
Le poutinisme est né dans la guerre. Il a évolué dans, par et à travers la guerre. Il a habitué la société russe à la guerre.
Chercheur, Responsable scientifique de l’Observatoire Russie, Europe orientale, Caucase et Asie centrale, Centre Russie/Eurasie de l’Ifri
Il y a quatre ans, le 24 février 2022, Vladimir Poutine décidait d’envahir l’Ukraine. Une « opération spéciale » selon lui, en réalité une guerre au cœur de l’Europe, prolongation d’une première opération commencée dès 2014. « Le poutinisme est né dans la guerre. Il a évolué dans, par et avec la guerre. Il a habitué la société russe à la guerre » explique Dimitri Minic. « Vladimir Poutine a, pendant vingt ans, sacrifié les fondements de la puissance réelle, comme la prospérité économique de la Russie ou sa démographie, sur l’autel d’illusions, d’ennemis imaginaires et d’ambitions impérialistes ».
En cette année 2026, malgré des discussions, cette guerre au bilan monstrueux – près de deux millions de victimes, mort·es, disparu·es ou blessé·es, selon les estimations récentes d’un think tank états-unien, 600 000 côté ukrainien, le double côté russe – n’a pas de fin. Pour Dimitri Minic, « l’absence de volonté de négocier se reflète dans la composition de la délégation russe ».
Et en quatre ans, le contexte géopolitique a changé : l’administration états-unienne est très à l’écoute des prétentions territoriales de Vladimir Poutine, et l’Europe se retrouve face à elle-même, et face à cette guerre au cœur de son continent. « La Russie se montre très virulente quand elle voit une cible faible. […] Elle est adepte des mesures préemptives » selon Dimitri Minic.
> Émission à écouter en intégralité sur le site de Mediapart
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