Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Guerre en Iran : « Sans gaz, certains pays d'Asie vont se retrouver sans électricité »

Interventions médiatiques |

interviewé par Mathieu Viviani dans

  la Tribune  

 
Accroche

Olivier Appert, conseiller au Centre Énergie-Climat de l’Ifri, se penche sur les différentes conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Avec comme point central, l’incertitude de la durée.

Image principale médiatique
Olivier Appert, conseiller au Centre énergie et climat de l'Ifri
Olivier Appert, conseiller au Centre énergie et climat de l'Ifri
Ifri
Table des matières
Table des matières
body
Est-ce que cette flambée des cours du pétrole ce week-end vous a étonné ?

Non pas vraiment. Et ce, pour une raison simple : en général, les marchés n’aiment pas les tensions. Dans la mesure où le conflit entre l’Iran et la coalition américano-israélienne s’est déclenché, avec derrière, le blocage total du détroit d’Ormuz, il fallait s’y attendre. De tout temps, l’entrave de ce point de passage majeur des hydrocarbures dans le monde, a été considérée comme un gros problème. Souvenez-vous : lors de la « guerre des 12 jours » qui avait là aussi opposé Israël et les États-Unis à l’Iran, le détroit n’avait pas été bloqué. Les marchés pétroliers avaient donc gardé leur sang-froid à l'époque.

Peut-on parler de nouveau choc pétrolier, selon vous ?

Non, pas pour le moment. Car un choc pétrolier en est un lorsque les prix restent durablement hauts, c’est-à-dire pendant plusieurs mois. En 1973, lors du premier choc pétrolier que le monde ait connu, c’est ce qu’il s’est passé.

Cela pose donc la question de la durée du conflit…

En effet. Et à l’heure où on parle, je constate qu’il n’y a pas vraiment d’ouverture dans les négociations, que ce soit du côté des États-Unis, d’Israël ou de l’Iran.

Le détroit d’Ormuz est aussi un point de passage stratégique de 25 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. Les infrastructures de production et de transport de cette matière première sont beaucoup moins nombreuses que celles du pétrole...

Dans le golfe Persique, il y a deux producteurs majeurs de GNL : le Qatar et les Émirats arabes unis (EAU). Pour être livrée aux clients étrangers, la totalité doit passer par le détroit d’Ormuz. Alors qu’il existe quelques pipelines pour transporter le pétrole, notamment celui existant entre l’Arabie saoudite et la mer Rouge. Même si le volume reste faible.

Le blocage d’Ormuz est donc un problème encore plus gros pour le GNL. Et l’Europe en importe malgré tout14 %. Raison pour laquelle la hausse des prix du gaz a été conséquente ces derniers jours. C’est aussi un souci pour le prix de l’électricité en Europe, puisque celui-ci y est directement corrélé au prix du gaz.

Quels sont les scénarios possibles dans ces prochains jours concernant le marché du pétrole ?

Il y a le scénario optimiste : comme pendant la « guerre des 12 jours » : Israël, les États-Unis et l’Iran arrivent à une sorte d’accord, même tacite. Et le détroit d’Ormuz rouvre, rassurant le marché du gaz et du pétrole.

L’autre scénario est moins glorieux, avec une crise qui s’inscrit dans le temps, pendant plusieurs mois. Avec un détroit d’Ormuz qui reste bloqué et des cours du baril qui continuent de monter. Dans cette perspective, les pays consommateurs devront puiser dans leurs stocks stratégiques d’or noir. Ce qui, pour le moment, est faisable, le marché étant en surcapacité depuis un bon moment. Les pays de l’Opep ont en effet surproduit ces derniers mois.

> Lire le reste de l'article sur La Tribune 

Decoration

Média

Nom du journal, revue ou émission
La Tribune

Journaliste(s):

Journaliste
Mathieu Viviani

Format

Catégorie journalistique
Interview

Partager

Decoration
Auteurs
Photo
Olivier Appert, conseiller au Centre énergie et climat de l'Ifri

Olivier APPERT

Intitulé du poste

Conseiller, Centre énergie et climat de l'Ifri

Crédits image de la page
Olivier Appert, conseiller au Centre énergie et climat de l'Ifri
Ifri