La gouvernance de l’internet après Snowden
L’affaire Snowden pourrait produire des changements majeurs dans l’architecture et la gouvernance de l’internet. Les technologies devront désormais intégrer a priori les standards susceptibles de permettre aux citoyens de garder un contrôle sur les données disponibles.
Sans doute les États devront-ils aussi limiter volontairement leurs stratégies de surveillance via internet. À ces seules conditions pourra être préservée la confiance, élément essentiel au fonctionnement du réseau.
Bernard Benhamou enseigne la gouvernance de l’internet à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Ancien délégué interministériel aux usages de l’internet, et conseiller de la délégation française au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une gouvernance mondiale sous haute surveillance
Un paysage technologique en mutation
Données, métadonnées… mégadonnées
L’affaire Snowden et la gouvernance de l’internet
Des conséquences industrielles aux impacts socioculturels
Normes et standards au cœur de la gouvernance de l’internet
Perspectives technologiques et juridiques
Un nouveau droit pour les citoyens : le « droit au silence des puces »
Design et ergonomie : de nouveaux principes pour la démocratie à l’ère numérique
Vers l’autolimitation des activités de surveillance des Etats sur internet
Vers un traité transatlantique sur la gouvernance de l’internet
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa souveraineté dans la Russie de Vladimir Poutine
Les usages multiples et contradictoires du concept de souveraineté, qui, au-delà de son contenu politico-juridique, a acquis une dimension civilisationnelle de plus en plus prononcée, sont emblématiques de la radicalisation du régime de Vladimir Poutine et de son révisionnisme. Le président russe divise le monde entre États souverains et colonies. Il accuse l'Occident d'expansionnisme et laisse clairement entendre que les frontières de la Russie pourraient s'étendre.
Guerre d'Ukraine : un embarras pour Pékin
Depuis le début de la guerre en Ukraine, Pékin adopte une neutralité de façade mais soutient en réalité Moscou. Les dirigeants chinois et russes louent la solidité des liens entre leurs pays. Cependant, la Russie est en train de se placer dans une situation de dépendance à l'égard de la Chine. Au-delà des discours, Pékin refuse de s'engager dans le conflit ukrainien et fait preuve de retenue. Cette prudence s'explique notamment par la fragilisation de la position internationale de la Chine.
L'Union européenne dans un continent en guerre
Lors de son arrivée à la tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen avait exprimé son souhait que cette institution devienne plus « géopolitique ». La guerre en Ukraine a donné tout son sens à cette formule. Plus que jamais, l'Union européenne doit oeuvrer pour sa défense et sa souveraineté. En d'autres termes, elle doit devenir une véritable puissance et trouver sa place dans un monde où compétiteurs et adversaires ne manquent pas.
L'Open Source Intelligence dans la guerre d'Ukraine
L'omniprésence des réseaux sociaux et des services d'imagerie satellite a donné naissance à une forme de renseignement ouvert (ou OSINT) qui n'est plus l'apanage restreint d'agences gouvernementales. Le conflit en Ukraine donne une toute nouvelle ampleur au phénomène. L'étude des premiers mois de la guerre montre comment elle nourrit une forme de professionnalisation des outils et méthodes d'OSINT employés par un public de passionnés, et comment ces communautés influencent le déroulement du conflit.