La gouvernance de l’internet après Snowden
L’affaire Snowden pourrait produire des changements majeurs dans l’architecture et la gouvernance de l’internet. Les technologies devront désormais intégrer a priori les standards susceptibles de permettre aux citoyens de garder un contrôle sur les données disponibles.
Sans doute les États devront-ils aussi limiter volontairement leurs stratégies de surveillance via internet. À ces seules conditions pourra être préservée la confiance, élément essentiel au fonctionnement du réseau.
Bernard Benhamou enseigne la gouvernance de l’internet à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Ancien délégué interministériel aux usages de l’internet, et conseiller de la délégation française au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une gouvernance mondiale sous haute surveillance
Un paysage technologique en mutation
Données, métadonnées… mégadonnées
L’affaire Snowden et la gouvernance de l’internet
Des conséquences industrielles aux impacts socioculturels
Normes et standards au cœur de la gouvernance de l’internet
Perspectives technologiques et juridiques
Un nouveau droit pour les citoyens : le « droit au silence des puces »
Design et ergonomie : de nouveaux principes pour la démocratie à l’ère numérique
Vers l’autolimitation des activités de surveillance des Etats sur internet
Vers un traité transatlantique sur la gouvernance de l’internet
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesIslam et politique au Sahel
Depuis une trentaine d’années, le Sahel est le théâtre d’une résurgence islamique, poussée notamment par des groupes salafistes et soufis. Certains acteurs religieux cherchent à islamiser la société par le bas, sans s’engager directement en politique. D’autres, en revanche, aspirent à prendre le pouvoir, soit en s’insérant dans le jeu démocratique, soit par les armes. Les États concernés et les intervenants extérieurs ne réagissent pas de manière uniforme face à cette dynamique religieuse.
Mali : quelle réforme du secteur de la sécurité ?
Les réformes du secteur de sécurité (RSS) entreprises dans plusieurs pays africains ont produit des résultats contrastés. En Guinée-Conakry, des mesures d’urgence ont suscité l’espoir, mais n’ont pas été suivies dans la durée. En Côte d’Ivoire, les effets positifs semblent plus pérennes. Au Mali, la RSS s’est embourbée par manque de volonté politique. Le double coup d’État de 2020 et 2021 vient compliquer la donne, mais la communauté internationale doit maintenir la pression sur les autorités.
Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus
L’héritage colonial français, repris par l’État malien indépendant, a plaqué sur une société malienne très diverse les structures d’un État surplombant, étranger aux modes d’organisation des sociétés pastorales, qui constituent une part importante de la population du pays et de la région. Il est sans doute temps d’abdiquer ce paradigme occidental pour aller vers des modes d’organisation politique plus souples, prenant en compte la diversité des sociétés et des organisations politiques.
Quel avenir politique pour le Mali ?
Au moment des indépendances africaines, les élites locales n’ont pas véritablement envisagé d’autre modèle d’organisation politique que l’État, importé par les colonisateurs. Sans même parler de la problématique des frontières héritées de la colonisation, ce modèle est aujourd’hui à bout de souffle dans plusieurs pays. Le Mali en est un exemple patent. Or d’autres formes d’organisation politique peuvent être imaginées et mises en œuvre, en s’inspirant d’exemples historiques et traditionnels.