La gouvernance de l’internet après Snowden
L’affaire Snowden pourrait produire des changements majeurs dans l’architecture et la gouvernance de l’internet. Les technologies devront désormais intégrer a priori les standards susceptibles de permettre aux citoyens de garder un contrôle sur les données disponibles.
Sans doute les États devront-ils aussi limiter volontairement leurs stratégies de surveillance via internet. À ces seules conditions pourra être préservée la confiance, élément essentiel au fonctionnement du réseau.
Bernard Benhamou enseigne la gouvernance de l’internet à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Ancien délégué interministériel aux usages de l’internet, et conseiller de la délégation française au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une gouvernance mondiale sous haute surveillance
Un paysage technologique en mutation
Données, métadonnées… mégadonnées
L’affaire Snowden et la gouvernance de l’internet
Des conséquences industrielles aux impacts socioculturels
Normes et standards au cœur de la gouvernance de l’internet
Perspectives technologiques et juridiques
Un nouveau droit pour les citoyens : le « droit au silence des puces »
Design et ergonomie : de nouveaux principes pour la démocratie à l’ère numérique
Vers l’autolimitation des activités de surveillance des Etats sur internet
Vers un traité transatlantique sur la gouvernance de l’internet
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?
Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.
Retour sur la crise du Golfe de 2017
La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.
Arabie Saoudite : la guerre des trois n’a pas eu lieu
La « saoudité » reste difficile à définir, et elle suggère à la fois un type de débat politique très spécifique et la peur profonde d’une implosion immaîtrisable. C’est dans ce cadre que s’inscrit la relation conflictuelle avec le Qatar, représentant pour Riyad une idéologie des Frères musulmans antagonique avec ses propres conceptions. La modification de l’ordre de succession royal entérine un saut de génération, et un printemps arabe ne semble pas devoir toucher prochainement Riyad.
Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique
Depuis une décennie, l’intérêt de la Russie pour l’Arctique s’est développé. Des projets économiques ont vu le jour, en particulier dans le domaine énergétique et en matière de transport maritime. Cette région – qui héberge la plus grande part de l’arsenal nucléaire russe – est importante pour Moscou sur le plan militaire. Si des tensions avec d’autres États arctiques ne sont pas à exclure, la Russie a intérêt à maintenir une stabilité propice au développement économique.