La gouvernance de l’internet après Snowden
L’affaire Snowden pourrait produire des changements majeurs dans l’architecture et la gouvernance de l’internet. Les technologies devront désormais intégrer a priori les standards susceptibles de permettre aux citoyens de garder un contrôle sur les données disponibles.
Sans doute les États devront-ils aussi limiter volontairement leurs stratégies de surveillance via internet. À ces seules conditions pourra être préservée la confiance, élément essentiel au fonctionnement du réseau.
Bernard Benhamou enseigne la gouvernance de l’internet à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Ancien délégué interministériel aux usages de l’internet, et conseiller de la délégation française au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une gouvernance mondiale sous haute surveillance
Un paysage technologique en mutation
Données, métadonnées… mégadonnées
L’affaire Snowden et la gouvernance de l’internet
Des conséquences industrielles aux impacts socioculturels
Normes et standards au cœur de la gouvernance de l’internet
Perspectives technologiques et juridiques
Un nouveau droit pour les citoyens : le « droit au silence des puces »
Design et ergonomie : de nouveaux principes pour la démocratie à l’ère numérique
Vers l’autolimitation des activités de surveillance des Etats sur internet
Vers un traité transatlantique sur la gouvernance de l’internet
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes enjeux de la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération
Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est entré en vigueur il y a un demi-siècle et a été prorogé de manière indéfinie voici 25 ans. C’est dans ce contexte de double anniversaire que devait se tenir la Conférence d’examen au printemps 2020. Reportée en raison de la crise sanitaire, elle devrait avoir lieu d’ici août 2021. Alors que de nombreux États contestent le TNP, l’hypothèse d’un nouvel échec des négociations – après celui de 2015 – paraît crédible.
Les agricultures africaines et nous
Le développement des agricultures africaines sera demain au cœur de la survie d’un continent qui connaît une expansion démographique majeure. Plus largement, ce développement est nécessaire pour parer à des problèmes mondiaux : environnementaux, sanitaires, migratoires, sécuritaires... Les modèles proposés par l’Occident ne sont plus les seuls à être considérés, mais en tout état de cause la France devrait se mobiliser sur ce thème essentiel, pour impulser une nouvelle action européenne.
La France et l'UE en Méditerranée : entre esprit de système et réalités
La France et la Turquie s’opposent en Méditerranée sur les crises régionales (Libye, Syrie), et la délimitation des eaux territoriales entre Athènes et Ankara. Au-delà de ces oppositions, la France peut-elle mettre en œuvre une stratégie dépassant les échecs des grandes machines diplomatiques des deux dernières décennies (processus de Barcelone, UpM) ? Et l’Union européenne, qui semble décidée à parler d’une seule voix, aidera-t-elle à passer des rêves de systèmes aux coopérations concrètes ?
Le Brexit et la fragmentation du Royaume
Le référendum sur le Brexit a ouvert une division du pays confirmée par les élections de 2019, en dépit de la victoire conservatrice. Le gouvernement central et les régions composantes du Royaume n’ont pas vraiment dialogué durant les négociations avec l’UE. Et les dynamiques d’explosion se renforcent nettement en Écosse, en Irlande, où la question de l’unification est à nouveau posée, voire au pays de Galles. Le système politique est secoué, et la cohésion du pays directement mise en cause.