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Politique étrangère russe : l'étrange inconstance

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Page couverture PE_hs_Russie_2007
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La Russie de Vladimir Poutine a retrouvé des marges internationales. Mais les objectifs de sa politique étrangère restent peu clairs, entre le poids de la constance – le tropisme militaire, les visions géopolitiques, le nécessaire contrôle de l’empire, la référence à la richesse énergétique – et la tentation de l’inconstance – sur l’affaire iranienne ou sur l’option européenne... C’est parce que la politique extérieure russe est irréductible à nos normes qu’elle exige un constant décryptage.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

La politique étrangère russe frappe par sa capacité à saisir les opportunités et son incapacité à engendrer des situations nouvelles. Plus flexible que rigide, moins créative que réactive, elle se trouve actuellement sous le feu croisé de vives critiques. D’un côté, la posture néo-impériale de Moscou est dénoncée, à travers la reconstitution de capacités militaires offensives, le recours constant aux services de renseignement et l’utilisation systématique de l’arme énergétique. De l’autre, l’organisation du système russe et ses implications extérieures suscitent des mises en garde, justifiées par le rapport ambivalent des Russes – en particulier des jeunes générations – à leur passé totalitaire, par la bureaucratisation du pouvoir, indissociable de la captation de la rente énergétique et, enfin, par le recul des libertés publiques.


Dans une optique réaliste, ces critiques ne doivent pas masquer l’essentiel : par rapport à la période Eltsine, la Russie a retrouvé de véritables marges de manœuvre sur la scène internationale. Même s’il a commis de lourdes fautes, Vladimir Poutine est parvenu, à plusieurs reprises, à renverser des situations délicates en recourant à une dialectique économie/sécurité, en exploitant le « terrorisme international » et en déséquilibrant habilement ses partenaires. Après une annus horribilis en 2004, due notamment aux conséquences internationales de Beslan (Ossétie du Nord) et à la « révolution orange » en Ukraine, la politique étrangère russe présente un bilan 2005 beaucoup plus favorable : la commémoration du 60e anniversaire de fin de la Seconde Guerre mondiale, la signature des feuilles de route avec l’Union européenne (UE) sur les quatre espaces définis à Saint-Pétersbourg, le regain d’influence en Asie centrale à travers l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), les exercices militaires avec la Chine et l’Inde, la tournée au Moyen-Orient et la poursuite d’une politique ambivalente à l’égard de l’Iran, témoignent de l’activisme du Kremlin en matière internationale. Sa capacité de rebond profite des prix énergétiques mondiaux, qui lui procurent des moyens financiers conséquents. En ouvrant 2006 par une crise gazière avec l’Ukraine, le Kremlin a mis en lumière une tendance sous-jacente de sa politique étrangère : l’utilisation de l’approvisionnement énergétique comme révélateur du différentiel de puissance entre la Russie et ses voisins. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Une constance certaine
    - L’héritage stratégique et historique
    - Une puissance du statu quo
    - Une puissance unijambiste
  • Une certaine inconstance
    - Le dossier iranien
    - Intégration versus eurasisme
    - Russie réelle, Russie virtuelle


Ce texte a été publié pour la première fois dans le n°1:2006 de Politique étrangère.


Thomas Gomart est responsable du programme Russie/Nei à l'Ifri où il coordonne la Task force sur l'avenir des relations Union européenne/Russie. Il est également enseignant à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (Coëtquidan).

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Politique étrangère russe : l'étrange inconstance

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Thomas GOMART

Thomas GOMART

Intitulé du poste

Directeur de l'Ifri

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Russie, Eurasie, Carte
Centre Russie/Eurasie
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Fondé en 2005 au sein de l’Ifri, le Centre Russie/Eurasie produit de la recherche et organise des débats sur la Russie, l’Europe orientale, l’Asie centrale et le Caucase du Sud. Il a pour objectif de comprendre et d'anticiper l'évolution de cette zone géographique complexe en pleine mutation pour enrichir le débat public en France et en Europe, et pour aider à la décision stratégique, politique et économique.

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La démocratie israélienne à l’épreuve de Netanyahou

Date de publication
22 septembre 2020
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D’avril 2019 à mars 2020, les Israéliens ont dû voter à trois reprises pour désigner leurs représentants à la Knesset. Ce cycle électoral inédit, dû à l’incapacité de la classe politique à s’accorder sur la formation d’un gouvernement, a pris fin avec l’accord conclu entre Benny Gantz et Benyamin Netanyahou. Ce dernier, bien que fragilisé par les affaires, conserve son poste de Premier ministre. Sa longévité est remarquable mais sa pratique brutale de la politique risque de laisser des traces.

Denis CHARBIT
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Sortir de l’impasse euro-américaine

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Les divergences euro-américaines sur la sécurité du Vieux Continent sont tout sauf nouvelles : mais elles s’aggravent avec les tentations d’éloignement américaines, et avec l’impuissance européenne, qui se manifeste devant chaque crise. L’Europe ne pourrait s’affirmer comme puissance stratégique que si ses membres s’accordaient sur une analyse de leurs environnements et de leurs intérêts, et en négociant avec les États-Unis un nouveau partage de compétence dans l’Alliance atlantique.

Jolyon HOWORTH
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La ville, champ de bataille d’hier à demain

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Historiquement, les guerres se sont davantage déroulées autour des villes que dans les villes. La zone urbaine est devenue un champ de bataille moderne à partir des années 1930. Elle agit comme un égalisateur de forces entre les armées les plus avancées et les groupes non-étatiques moins bien équipés, comme l’a encore montré récemment la bataille de Mossoul. L’emploi des robots militaires est amené à se développer et leurs impacts sur les conflits sont difficiles à anticiper.

Pierre SANTONI
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Les smart cities : ambitions chinoises à l’heure du COVID-19

Accroche

La Chine développe et exporte des technologies présentées comme indispensables à la sécurité et au bon fonctionnement des villes modernes. Vidéosurveillance, reconnaissance faciale, drones et robots font partie de l’arsenal de ces agglomérations hyperconnectées. Le COVID-19 a été l’occasion pour Pékin de promouvoir les technologies chinoises et renforcer leur utilisation en milieu urbain. Plus que jamais, la Chine ambitionne de devenir le leader mondial des smart cities.

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Thomas GOMART, « Politique étrangère russe : l'étrange inconstance », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 2007.
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Politique étrangère russe : l'étrange inconstance