Indo-Pacifique : un concept flottant ? / Peut-on stabiliser le Sahel ?
Indo-Pacifique : le concept, qui n’a que quelques années, veut exprimer une nouvelle structure de la mondialisation de la planète. En termes d’échanges économiques, et de distribution de puissance, c’est bien une zone unitaire qui se dessine du golfe Arabo-Persique au Pacifique, où se croisent, se mesurent, s’affrontent toutes les grandes puissances.
Il faut penser cette aire nouvelle, et les moyens d’y agir : dispositifs politiques, économiques et militaires.
Mais ce concept d’Indo-Pacifique est aussi une tentative d’encadrer la montée en puissance chinoise, de la brider dans un entrelacs de puissances limitant son poids. L’acceptera-t-elle ? Et pourra-t-on organiser la coexistence d’intérêts si divers, dans une zone si vaste, en tenant compte des spécificités régionales et locales ?
Le dossier de Politique étrangère pèse la pertinence d’un concept qui tente de penser une zone stratégique-pivot.
Autre espace d’importance, particulièrement pour les Européens : le Sahel – qui fait l’objet de la rubrique Contrechamps de ce numéro. Ce Sahel si proche de nous est-il condamné à la misère et à la violence ? Les États de la région parviendront-ils à rétablir leur autorité sur leur propre espace ? Les forces de sécurité à protéger les populations, et non à les insécuriser ? Et l’aide internationale a-t-elle vraiment pris la mesure des causes multiples de l’instabilité de la région, qui dépassent de beaucoup ce que nous résumons au terme de terrorisme ?
INDO-PACIFIQUE : UN CONCEPT FLOTTANT ?
De l’Indo-Pacifique à l’Océanie : une part oubliée du monde ?, par François Gaulme
La France et le concept d’Indo-Pacifique, par Christian Lechervy
La stratégie indo-pacifique de l’administration Trump : une difficile émergence, par Jean-Loup Samaan
L’Indo-Pacifique aux couleurs de la Chine, par Rory Medcalf
Les petits pays insulaires du Pacifique face aux changements climatiques, par Hervé Raimana Lallemant-Moe
CONTRECHAMPS
PEUT-ON STABILISER LE SAHEL ?
La stabilisation du Sahel, nouveau rocher de Sisyphe ?, par Jean-Marc Châtaigner
Sahel : soubassements d’un désastre, par Alain Antil (lire l'article)
ACTUALITÉS
L’UE est-elle prête pour les prochains défis migratoires ?, par Matthieu Tardis (lire l'article)
REPÈRES
Altermondialisme : vingt ans après la « bataille de Seattle », par Eddy Fougier et Anna Dimitrova
Allemagne-Namibie : enjeux d’une réconciliation post-coloniale, par Stephan Martens
LIBRES PROPOS
Comment brider le financement de la prolifération des armes de destruction massive ?, par Jean Masson
Les défenses anti-missiles américaines en question, par Adrien Schu
LECTURES
Sous la responsabilité de Marc Hecker
Of Privacy and Power: The Transatlantic Struggle over Freedom and Security, d'Henry Farrell et Abraham Newman
The Age of Surveillance Capitalism. The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power, de Shoshanna Zuboff
Géopolitique des données numériques. Pouvoir et conflits à l’heure du Big Data, d'Amaël Cattaruzza
Par Julien Nocetti
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Découvrir toutes nos analysesL’urbanisation du monde : pourquoi, jusqu’où ?
Depuis le XVIIIe siècle, le passage d’une économie agricole à une économie industrielle a produit une forte urbanisation. À la fin du XXe siècle, la dynamique de globalisation a relancé la hausse des taux d’urbanisation dans les nœuds économiques essentiels, alors que l’Afrique voyait ses campagnes se vider au profit des villes porteuses d’emplois formels ou informels. Aucun facteur simple ne permet de prédire une hausse continue du taux d’urbanisation, un phénomène qui revêt également des formes très diverses.
D’une crise l’autre
Les crises financière de 2008 et sanitaire de 2020 ne résultent pas de la fatalité mais bien d’actions humaines. Elles illustrent certaines dérives du système international et de la mondialisation. Cupidité corruptrice, criminalisation des économies, propension au mensonge, tendance à oublier les leçons de l’histoire : tels sont quelques-uns des ingrédients de ces crises. La pandémie de COVID-19 risque d’engendrer une accélération des comportements prédateurs, notamment de la Chine.
Le secteur financier face au choc du COVID-19
Les mesures de confinement prises pour endiguer l’épidémie de COVID-19 ont provoqué une crise économique inédite. Celle-ci n’est pas comparable à la crise financière de 2008, dont la cause était endogène. Pour limiter l’impact de la récession, les gouvernants creusent les déficits publics et comptent sur l’intervention des banques centrales. La reprise économique et la sauvegarde de l’emploi dépendront de la capacité du secteur financier à se mettre au service de l’économie réelle.
La souveraineté industrielle au révélateur du COVID-19
Au cours des vingt dernières années, la France s’est désindustrialisée, a délocalisé et étendu ses chaînes de valeur. Cette tendance s’est traduite, pendant la crise du COVID-19, par des pénuries de produits sanitaires et une dépendance à l’égard de la Chine. Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. L’Union européenne sera amenée à jouer un rôle important dans le renforcement de la résilience économique de ses États membres.