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Les systèmes nationaux dans la nouvelle phase de la mondialisation. Une comparaison transatlantique
Depuis la seconde moitié des années 1980, l'économie mondiale n'a cessé de s'intégrer, à travers des échanges multiformes et la participation d'un nombre croissant de pays à ces échanges. La dynamique du commerce international et son impact sur les systèmes nationaux de production en ont été profondément modifiés.
La Russie face à la mondialisation : la voie du trans-impérialisme
Grâce à ses ressources énergétiques, la Russie est de retour dans l’économie mondiale dans son voisinage proche, et dans le rapport global des puissances. Elle n’est ni post-impériale, ni néo-impériale. Elle peut plutôt être qualifiée de trans-impériale, en ce sens qu’elle tente de reproduire à l’échelle internationale le système des relations patrons-clientèle qui structurent l’actuel pouvoir à Moscou. Ce trans-impérialisme appelle une réponse coordonnée entre Europe et États-Unis.
Le business russe entre l'Europe et l'Amérique
Moscou n’a pas de stratégie de long terme et manœuvre selon les intérêts de sa classe dirigeante, dans une sorte de géo-économie privatisée. Elle est donc résolument post-impériale, et ses relations avec l’Union européenne et les États-Unis dépendent au premier chef des accords financiers et économiques à conclure. Les relations avec l’Union pourront s’améliorer plus rapidement que les relations avec Washington, sans que l’on puisse prévoir une mue rapide de la Russie en démocratie « à l’européenne ».
Un Venezuela du froid? La "malédiction des ressources" et la politique russe
La Russie semble menacée par la « malédiction des ressources » qui freine les réformes économiques de fond, rend le pays vulnérable aux à-coups des marchés, et structure le pouvoir autour de l’exploitation de la rente. Mais le cas russe est particulier : les éléments négatifs aujourd’hui décelables (corruption, autoritarisme...) doivent peu à la structure économique du pays, et tout compte fait, la Russie a jusqu’ici assez bien résisté aux pathologies d’ordinaire associées au développement économique fondé sur les ressources naturelles.
Un équilibre fragile : les relations sino-russes
Russie et Chine partagent des approches similaires sur plusieurs questions régionales et internationales, et la Chine est le principal client de Moscou en matière d’armements et d’énergie. Pourtant, Moscou s’inquiète d’une Chine en passe de devenir une nouvelle puissance globale, avec les conséquences imaginables sur la sécurité de la Russie et sa place dans le monde. L’avenir du partenariat Pékin-Moscou, qui dépend d’un équilibre fragile entre méfiances et convergences, reste incertain.
Représenter les intérêts privés pour renforcer la confiance entre la Russie et l'UE
L’élargissement du cercle des acteurs de la coopération Union européenne-Russie, par exemple aux entreprises ou associations, pourrait aider à résoudre nombre de difficultés. Il pourrait produire un rapprochement progressif des comportements sociaux, économiques ou politiques, et aider à remédier au déficit de participation citoyenne dans la gestion des relations entre l’Union et Moscou. Cet élargissement servirait ainsi à la fois le partenariat euro-russe et la construction européenne elle-même.
Russie: la transition inachevée
La croissance économique russe est spectaculaire ; mais les échecs sociaux et politiques du pays sont tout aussi nets. Vladimir Poutine apparaît à la fois comme l’homme des réformes pragmatiques et comme l’initiateur d’une nouvelle glaciation politique qui s’illustre dans la brutalisation croissante des relations avec l’étranger proche. Les Occidentaux, divisés et largement impuissants, doivent redéfinir et unifier leurs choix politiques vis-à-vis d’une Russie pour le moins incertaine.
La Russie et la Turquie au Caucase : se rapprocher pour préserver le statu quo ?
Depuis 2003, et après des siècles de rivalité, Russie et Turquie tentent de construire une nouvelle relation, fondée d’abord sur le commerce mais plus largement sur quelques approches communes dans la région. C’est au Caucase du Sud, aux frontières communes des deux pays, que commence à se faire sentir cette relation nouvelle. Elle pourrait avoir des implications négatives sur un État géorgien fragilisé, mais aussi sur la nouvelle politique de voisinage de l’Union européenne dans la région.