L’agenda global, cœur de l’action extérieure de la France
Interview d'Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique et Sherpa G7-G20 du président de la République, par Sylvie Kauffmann, journaliste, Le Monde.
La France dans le monde
À l’occasion des 20 ans de la revue Questions internationales, le bimestriel se penche sur la place de la France dans le monde.
Présence française en Afrique, un désaveu mérité ?
En trois ans, l'Afrique a connu huit coups d'Etat accompagnés bien souvent de manifestations anti-françaises. Face à cette haine, les soldats français quittent les pays les uns après les autres. A qui va profiter ce retrait ? La France a-t-elle failli en Afrique ?
La relation franco-allemande toujours à la peine
Paris - La France et l'Allemagne affichent de plus en plus ouvertement leurs différends, de l'énergie aux règles budgétaires en passant par la défense, au risque de fracturer l'Europe à l'heure où les défis internationaux s'accumulent.
La diplomatie française a-t-elle encore les moyens de ses ambitions ?
La France peut-elle être une « puissance d’équilibre » ? Son outil diplomatique est-il adapté aux enjeux ? L’heure des remises en cause a-t-elle sonné ?
Niger : la France maintient une position ferme envers la junte, au risque de la confrontation
Emmanuel Macron défend coûte que coûte la présence française dans un pays au cœur de son dispositif militaire en Afrique. Il mise sur les dissensions au sein des putschistes, mais sa position pourrait vite devenir intenable si les militaires se maintiennent au pouvoir.
La France doit-elle quitter le Niger ?
Que se passe-t-il au Niger ? La situation de la France est-elle intenable ? Quelles conséquences internationales ? Retrouvez Le Club Le Figaro International présenté par Philippe Gélie.
Niger : cinq minutes pour comprendre le bras de fer entre la France et les putschistes
Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), au pouvoir au Niger depuis son coup d’État le 26 juillet dernier, a donné vendredi 48 heures à l’ambassadeur de France pour quitter le pays. Le point de non-retour est tout proche.
« La visite d’Emmanuel Macron dans le Pacifique vise à redéfinir une légitimité ébranlée »
Rétablir le lien entre la métropole et les territoires du Pacifique et revenir à une approche plus pragmatique sur le plan géopolitique, tels sont les enjeux du chef de l’Etat en Nouvelle-Calédonie et dans les îles océaniennes, analyse, dans une tribune au « Monde », Céline Pajon, spécialiste du Japon et de l’Indo-Pacifique.
«L'interventionnisme militaire, le franc CFA, la politique d'aide» alimentent le discours anti-français en Afrique
Les pays d'Afrique francophone ont vu se développer ces dernières années une parole anti-française de plus en plus forte lors de manifestations, sur les réseaux sociaux et dans les propos de ceux que l'on appelle les néo-panafricanistes. Pourquoi cette parole a-t-elle prospéré ? Quelles sont les voix qui la portent à l'heure actuelle ? Le sujet est au cœur d'une étude rédigée par trois chercheurs de l'Institut français des relations internationales (IFRI). L'un d'eux, Thierry Vircoulon, est notre invité.
Nouvel avion de combat franco-allemand : le début d’une défense européenne ?
C'est un accord inédit en Europe dans le domaine de la coopération militaire. Français et Allemands ont travaillé ensemble pour développer le futur avion de combat. Airbus a signé un premier accord de coopération pour penser et construire le système de combat aérien du futur sensé remplacer à terme le Rafale et l'Eurofighter.
Est-ce que la France peut devenir la puissance européenne la plus utile à la Chine ?
Décryptage avec Claude Meyer, professeur à Sciences Po et conseiller au Centre Asie de l’IFRI, auteur de L’Occident face à la renaissance de la Chine – Défis économiques, géopolitiques et culturels Odile Jacob, Claude Martin, diplomate et Gilles Guiheux, chercheur, directeur de l’Institut de préparation à l’administration générale (Ipag).
Politique étrangère : et si Donald Trump réussissait ?
En matière de politique étrangère, le président Etats-Unien enchaîne les décisions contestées. Pourtant, la popularité de Donald Trump remonte. L’aurait-on sous-estimé ?
La diplomatie française selon Emmanuel Macron
Quelles sont les principales caractéristiques de la politique étrangère d’Emmanuel Macron ? S’inscrit-elle dans la continuité de celle de ses prédécesseurs ? Thomas Gomart, directeur de l'Ifri revient sur la diplomatie française selon Emmanuel Macron.
French president sweeps into DC with 'more articulated, credible' foreign policy
PARIS - -- French President Emmanuel Macron has been notably active on the national scene since his election last year, launching initiatives aimed at modernizing France. He has also applied the same energy to foreign policy, with a global strategy dubbed "France is back."
Renforcer la coopération franco-allemande
Le rapport du Cerfa, "France, Germany, and the Quest for European Strategic Autonomy: Franco-German Defence Cooperation in A New Era", NdC n°141, décembre 2017 par Barbara Kunz et Ronja Kempin, entend donner des pistes pour renforcer la coopération franco-allemande. Publié en décembre 2017, il met au point sept recommandations afin de consolider la relation entre ces deux alliés et permettre une intégration européenne accrue dans le domaine de la défense.
La France a-t-elle vocation à être le gendarme du monde ?
Intervention en Syrie, défense européenne, visite aux Etats-Unis, guerre au Mali… La France se positionne aujourd’hui dans de nombreux dossiers internationaux. Quel est le rôle du pays dans la nouvelle géopolitique mondiale ?
"Macron a su nouer une relation avec Trump"
Thomas Gomart*, directeur de l'Institut français des relations internationales (IFRI), analyse le style présidentiel à l'international. Un an après son élection et un démarrage en trombe sur le plan international, le bilan d'Emmanuel Macron paraît contrasté. Pourquoi ?
Macron, de Jupiter à Diplomator
Face à Trump, le président de la République parie sur le pragmatisme. L'annonce, le délai, puis l'attente d'une intervention occidentale en Syrie - afin de sanctionner le récent usage d'armes chimiques par l'armée de Bachar el-Assad, le samedi 7 avril, dans la Ghouta - relancent la discussion sur les capacités militaires de la France, notamment ses forces de projection.
A ce sujet, une étude très complète de l'Institut français des relations internationales (Ifri) vient apporter à point nommé des pistes de réflexion intéressantes. Ce document synthétique est précieux pour comprendre les enjeux auxquels se trouve confronté le président de la République, par ailleurs promoteur affirmé d'une politique extérieure aussi ambitieuse que tendue vers l'action.
Le poids de la relation personnelle
Emmanuel Macron a lancé un effort budgétaire louable et tracé des perspectives rassurantes. 1,7 milliard d'euros supplémentaires par an durant les quatre premières années de la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, suivis de 3 milliards d'euros entre 2023 et 2025, de quoi porter le budget de la Défense à 50 milliards d'euros et à 2% du PIB en 2025 (conformément aux exigences formulées sur ce dernier point par Donald Trump envers ses alliés de l'OTAN).
Dans cet accroissement, l'accent sera mis sur l'autonomie stratégique de la France, c'est-à-dire les drones, les satellites et les effectifs attachés à la fonction "connaissance et anticipation". Mais l'ensemble de la LPM apparaît surtout comme un investissement de "régénération du potentiel" plus que comme une "remontée en puissance". Avec deux conditionnalités : d'une part, l'ensemble de ce dispositif budgétaire ne sera bien mené à terme que si Macron est réélu en 2022, d'autre part, ces lignes de crédit ne disent rien de ce que seront les options stratégiques majeures et la "doctrine" suivie.
Sur ce dernier point, les regards se tournent évidemment vers Washington, où le président français se rendra en visite officielle, du 23 au 25 avril prochains. Car c'est de là que proviennent non pas des réponses mais des questions, entre lesquelles Emmanuel Macron devra slalomer. Il l'a fait jusqu'ici avec talent et virtuosité ; en particulier, il a impeccablement saisi à quel point la relation personnelle entre deux chefs d'Etat est une donnée essentielle qui influe autant sur la ligne suivie que sur les marges d'action. A ce titre, malgré les nombreux coups de menton, les foucades et les formules à l'emporte-pièce de Donald Trump, le "coefficient individuel" de Macron l'a non seulement épargné, mais il lui a laissé une liberté de parole des plus utiles.
Alors que l'administration Trump a annoncé qu'elle fera savoir, le 12 mai, si elle annule ou pas l'accord sur le nucléaire iranien (conclu par Barack Obama en 2015), le président français (à l'unisson avec la Première ministre britannique et la Chancelière allemande) va déployer à Washington tout son savoir-faire pour obtenir la reconduction de cet essai de rationalisation diplomatique avec l'Iran, que les Européens jugent crucial à bon escient.
Le pari de l'entente
Pour y parvenir, mais la barre est très haut, Emmanuel Macron, le président de "l'action", va devoir remiser plusieurs de ses grandes idées pour se lover dans les creux de la réalité américaine, qui se révèle d'une rare complexité. Notamment, il n'hésitera pas à mettre en avant les points d'entente entre les Etats-Unis et la France et à donner des gages à Trump, ce qui est supposé inciter ce dernier à se montrer plus compréhensif à l'égard de l'accord sur le nucléaire iranien. C'est en tout cas le raisonnement suivi. Dans l'étude de l'Ifri, le chapitre intitulé "Trump et Macron : le pari de l'entente" énumère les sujets de convergence : le Mali et la lutte antiterroriste, le soutien au G5 Sahel, la Corée du Nord, l'Irak et, bien sûr, la Syrie, où les deux présidents ont placé leurs opinions publiques respectives dans l'expectative. Si les Américains y vont, on ira ; sinon... Pour tout dire, ne pas s'entendre serait encore plus dommageable dans le contexte actuel des relations internationales.
C'est sans doute la seule option diplomatique possible pour peser un tant soit peu face au fantasque Donald Trump. Sera-ce suffisant pour le faire douter ? C'est très improbable. La chercheuse Laurence Nardon, de l'Ifri, rappelle que les décisions controversées du président américain "ont été adoptées pour des raisons de politique intérieure afin de prouver à son électorat la force de ses convictions idéologiques (anti-environnementales, protectionnistes, anti-Iran et pro-Israël). Il serait invraisemblable qu'il change d'avis alors que des élections de mi-mandat ont lieu en novembre 2018 aux Etats-Unis". Et de conclure : "Il faudrait donc attendre fin 2018 ou début 2019 pour espérer une inflexion côté américain."Sans parler du durcissement de la politique étrangère américaine, incarné par la nomination toute fraîche de deux "faucons" notoires, Mike Pompeo (secrétaire d'Etat) et de John Bolton (conseiller à la sécurité nationale). Emmanuel Macron fait un pari qui, là encore, s'inscrit dans la durée...
Macron, an I. Quelle politique étrangère ?, Sous la direction de Thomas Gomart et Marc Hecker, Ifri, avril 2018.
Voir l'édito sur le site de L'Express
La France vers une reprise du leadership européen sur l’Allemagne ?
Xerfi Canal a reçu Thomas Gomart, directeur de l’Ifri, pour parler des conséquences de la coalition allemande sur le couple franco-allemand.
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