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Americans First : la géopolitique de l'administration Biden

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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La géopolitique de l’administration Biden commence à être perçue. Elle entend s’appuyer sur une nation réconciliée, et acceptant de voir dans les objectifs de politique étrangère la défense de ses propres intérêts. Elle cible la Chine comme défi prioritaire, suivant en cela l’administration précédente. Et mise sur les alliés pour reprendre un leadership des nations démocratiques. L’enjeu interne reste ouvert et la nécessaire réconciliation politique pourrait s’avérer difficile à atteindre.

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Il est encore difficile de cerner la géopolitique de l’administration Biden. Pour autant, il n’est pas impossible d’en repérer les grandes lignes, qui transparaissent tant dans l’Interim National Security Strategic Guidance (INSSG) que dans les discours, conférences de presse, communiqués et initiatives de ses responsables.


Il s’agit tout d’abord que les États-Unis retrouvent un leadership contesté. Pour cela, il faut réinventer les conditions qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ont permis aux États-Unis d’ouvrir un « siècle américain » qui fait aujourd’hui figure de souvenir lointain. Sur le plan intérieur, l’Amérique conjuguait alors dynamisme de l’entreprise privée et régulation étatique, les classes moyennes y étaient au cœur de la société et le consensus politique entre les deux partis très large. À l’extérieur, le pays venait de rejeter la voie de l’America First pour se convertir à l’idée que son épanouissement intérieur dépendait de sa capacité à imposer un ordre international libéral. Entre la Seconde Guerre mondiale et 1949, les États-Unis se sont assuré un ascendant perçu comme naturel et largement consensuel – un leadership – sur un système à trois piliers : un marché international ouvert, permettant aux firmes américaines de jouer de leur compétitivité et aux classes moyennes de prospérer ; un système de coopération multilatérale étayé par des alliances permettant de partager la charge de la protection stratégique de ce marché et une croisade idéologique permettant de légitimer les interventions militaires nécessaires et de justifier, aux yeux du pays, le coût de cette nouvelle politique étrangère.


Ce temps paraît bien loin. L’Amérique donne l’impression d’une société déchirée et d’une démocratie fragilisée par une polarisation exaspérée. Jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, son leadership extérieur n’a paru aussi contesté. La démocratie semble partout en recul face aux autocraties, alors que l’ascension de la Chine fait figure de défi premier.


Biden sait que si son prédécesseur a exacerbé les problèmes, il ne les a pas créés. Dès 2008, à la convention démocrate, Bill Clinton avait résumé le double défi : « Chez nous, le “rêve américain” est assiégé. Le leadership des États-Unis est affaibli à l’étranger. » Tel était le contrecoup de la globalisation sur la condition de millions de salariés, d’une politique néolibérale qui avait creusé les inégalités avant de déboucher en 2007-2008 sur une crise de l’ensemble du système financier, mais aussi des « guerres sans fin » dans lesquelles, sous l’effet conjugué de l’hubris née de la chute de l’URSS et de la panique du 11 Septembre, les États-Unis s’étaient engouffrés. […]


PLAN

  • Retrouver le leadership des démocraties
  • Lier enjeux internes et externes
  • Renouer avec les alliés


Pierre Melandri, historien, ancien professeur des universités à Sciences Po, est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire et la politique étrangère des États-Unis, dont : Le Siècle américain, une histoire (Paris, Perrin, 2016).

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Americans First : la géopolitique de l'administration Biden

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Auteur(s)
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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

Date de publication
21 décembre 2020
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Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».

Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH
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Les relations anglo-américaines après le Brexit : et moins si affinités ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le retour de la compétition des puissances, et l’érosion des moyens économiques et militaires britanniques mettent en cause la traditionnelle posture de suivisme de Londres vis-à-vis de Washington. Le Royaume-Uni ne pèse plus assez auprès des États-Unis, ni pour obtenir un accord commercial privilégié, ni en matière stratégique. Face au déclin inévitable de la relation bilatérale, Londres ne pourrait retrouver un poids diplomatico-stratégique que dans une Alliance atlantique rééquilibrée.

Robert SINGH
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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

Date de publication
21 décembre 2020
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La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.

Stephen WALL

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Pierre MELANDRI, « Americans First : la géopolitique de l'administration Biden », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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Americans First : la géopolitique de l'administration Biden