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COVID-19 : le monde d’après est déjà là

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Politique étrangère, vol. 85, n° 2, 2020
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L’imprévisible crise du COVID-19 pose, à plusieurs niveaux, des questions fondamentales. Elle questionne la forme actuelle de la mondialisation, et l’idéologie néo-libérale qui l’a jusqu’ici accompagnée. Elle interroge une gouvernance mondiale en panne, dépassée par les égoïsmes nationaux, et les tentations de fermeture. Elle appelle à la mobilisation des instruments de résilience des démocraties, et d’une Union européenne qui joue son avenir, en particulier dans la confiance des peuples.

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Me voyant porter un masque dans les rues désertes de Bruxelles ou en traversant les couloirs vides de la Commission, il m’est difficile de faire abstraction du sentiment de sidération qui m’étreint. D’autant que où que l’on soit, la sidération est là, clairement visible. Visible place Saint-Marc à Venise, vidée de toute présence humaine alors que les poissons reviennent dans une lagune à la transparence retrouvée. Visible à Jérusalem, où l’église du Saint-Sépulcre a fermé ses portes un Vendredi Saint, pour la première fois depuis la Peste noire de 1349. Visible aux États-Unis, où le chômage a augmenté de 20 millions en 4 semaines. Visible enfin en Espagne et en Italie, où l’on ne dénombrait déjà pas moins de 45 000 morts fin avril.


Choc sanitaire au départ, le COVID-19 est devenu très vite un choc économique et social totalement inédit. Cet arrêt qui confine chez eux plusieurs milliards d’individus, aucun économiste n’aurait pu l’imaginer. Ses conséquences iront donc bien au-delà de ce que l’on a pu connaître en 2008.


La prévision et la décision


La première question qui se pose – bien qu’elle ne soit guère utile à la résolution du problème – est celle de savoir si cette pandémie était évitable ou si elle s’apparente au fameux « cygne noir » dont a parlé Nassim Taleb. Ce dernier confère à ce « cygne noir » trois attributs : la sidération, car rien dans le passé ne laissait entrevoir un tel événement ; le choc extrêmement violent qu’il provoque ; enfin, la rationalisation de ce qui se passe. La nature humaine a toujours besoin d’inventer des explications a posteriori, pour rendre son présent explicable et prévisible. Or selon Taleb, les « cygnes noirs » sont imprévisibles tant par leur durée que par leurs conséquences. Dès lors, ils nous empêchent de faire confiance à un quelconque modèle pour sortir de la crise. Ceci dit, Taleb estime que le COVID-19 n’est pas un black swan, précisément parce qu’il était prévisible.

 

Il n’a pas tort. Le rapport de 2008 du National Intelligence Committee mentionnait le risque d’une « maladie respiratoire virulente, nouvelle et très contagieuse pour laquelle il n’y aurait pas de traitement ». Le président Obama avait évoqué ce risque. En 2018, dans une conférence à la Massachusetts Medical Society consacrée au centenaire de la grippe espagnole, (qui n’avait d’espagnole que le nom, et causa la mort de 50 millions de personnes, soit 2 % de la population mondiale de l’époque), Bill Gates suggéra que la prochaine catastrophe mondiale prendrait la forme d’une pandémie causée par un virus hautement infectieux se propageant rapidement au monde entier et que nous ne serions pas préparés à affronter. […]


PLAN

  • La prévision et la décision
  • L’avenir de la globalisation et du néolibéralisme
  • Réhabiliter la gouvernance mondiale
  • La solidarité en Europe même
  • La résilience des démocraties


Josep Borrell est Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

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COVID-19 : le monde d’après est déjà là

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Danser avec les États

Date de publication
20 mars 2018
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Depuis les années 1990, l’Europe a connu un processus de fragmentation, et ses États les plus anciens subissent aujourd’hui des tentations sécessionnistes. Ailleurs, nombre d’intégrités territoriales ont volé en éclat et la mondialisation accouche, de fait, d’une multiplication des structures étatiques. Sur l’impuissance de nombre des nouveaux États rôde l’ombre des empires, mal disparus ou renaissants, et la sécession ne garantit pas le fonctionnement harmonieux des nouveaux États.

Serge SUR
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Chine : l’énergie, un enjeu stratégique

Date de publication
21 juin 2018
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Les besoins énergétiques de la Chine sont très importants et vont continuer à augmenter. Du développement économique et de la réduction de la pauvreté dépend la stabilité du Parti communiste. Pékin est déjà le premier importateur de pétrole et de gaz et le premier producteur et consommateur de charbon. Le facteur énergétique joue un rôle central dans les décisions stratégiques des dirigeants chinois qui font preuve d’un « internationalisme utilitariste fortement teinté de Realpolitik ».

Michel GUELDRY
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États-Unis : de nouvelles options nucléaires ?

Date de publication
21 juin 2018
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La Nuclear Posture Review (NPR) américaine présentée en février 2018 réaffirme l’importance du nucléaire dans la stratégie américaine, dans un environnement stratégique perçu comme dégradé. Elle se distingue symboliquement du discours d’Obama qui en appelait à la fin de l’armement nucléaire. Cette nouvelle NPR annonce des inflexions capacitaires, en particulier en faveur des armes tactiques, plus que de vraies ruptures. Ces inflexions dépendront des décisions budgétaires du Congrès.

Benjamin HAUTECOUVERTURE
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Iran : anatomie d’un pouvoir en guerre

Date de publication
08 septembre 2026
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L’élimination du Guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts dirigeants dès le début de l’opération américano-israélienne de 2026 n’a pas permis de faire chuter le régime iranien. Celui-ci s’était préparé à un tel scénario, notamment en se décentralisant. En outre, il continue de s’adapter à la guerre. Le pouvoir des Gardiens de la révolution s’accroît, au détriment du clergé chiite. L’appareil sécuritaire défend la souveraineté du pays et justifie ses actions au nom de la raison d’État.

Sophia MAHROUG

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Josep BORRELL, « COVID-19 : le monde d’après est déjà là », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 juin 2020.
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COVID-19 : le monde d’après est déjà là