La crise économique mondiale : enjeux et réformes
L’intégration des marchés financiers et le développement du commerce international ont eu par le passé un effet multiplicateur au service de la croissance. Le mécanisme fonctionne désormais à rebours et la chute de la demande se diffuse à travers le monde.
Kemal DERVIS a dirigé le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de 2005 à 2009. Il a été ministre des Affaires économiques (2001-2002), député d’Istanbul au Parlement de Turquie et membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Auparavant, il a été vice-président de la Banque mondiale (1996-2000). Son dernier ouvrage s’intitule A Better Globalization: Legitimacy, Governance, and Reform (New York, Brookings Press, 2005).
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Iran 2028, une rêverie politique
Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.
Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?
Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.
La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement
La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.
La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire
Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.