La paix de demain
Le fait dominant de notre temps, c'est que nous assistons à la seconde guerre européenne. La première phase de cette guerre s'est ouverte le jour où les troupes allemandes ont franchi les frontières autrichiennes pour annexer l'Autriche. Depuis, progressivement, l'Allemagne a occupé d'autres territoires, faisant pour chaque opération emploi de méthodes différentes, mais où se retrouvait toujours le même chantage à la guerre.
Je crois que cette première phase est terminée par le fait très simple que la France et la Grande-Bretagne ont dit « non » aux nouvelles prétentions de l'Allemagne ainsi formulées. Mais d'autres phases sont là qui se développent : la guerre des armements, la guerre économique, la guerre de propagande et, la dernière, la guerre des nerfs. Car le IIIe Reich garde l'espoir que la résistance morale des pays démocratiques se lassera un jour et qu'il sera alors possible de provoquer une grande conférence européenne où seront posées les bases de l'hégémonie allemande en Europe centrale d'abord, puis dans l'Europe entière.
Contre ces méthodes se dressent actuellement la France et l'Angleterre. Les discours prononcés par le président du Conseil français et le Premier ministre britannique marquent une étape décisive dans le développement de cette guerre nouvelle. Car, soyons-en sûrs, les réserves matérielles et morales des puissances occidentales sont de beaucoup supérieures à celles de l'axe et, si la France et l'Angleterre sont décidées à mener cette deuxième guerre mondiale, elles la gagneront.
Mais il ne suffit pas seulement de savoir qui sera le gagnant de cette guerre; il faut aussi considérer si elle peut ou non dégénérer en une guerre sanglante. Ce sont là deux problèmes auxquels il faut faire face : le problème de la paix et le problème de la liberté. Il s'agit d'une part d'empêcher l'hégémonie allemande en Europe, et d'autre part de le faire, si possible, sans risquer le sang des peuples.
PLAN DE L'ARTICLE
- Les facteurs de résistance à la guerre
- Les problèmes de la paix
- Les forces morales de la paix
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
La paix de demain
Liban : entre clientélisme régional et carcan national
En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.
Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?
Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.
Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation
Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.
Stratégie et liberté d’action
Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.