La Turquie face au génocide des Arméniens : de la négation à la reconnaissance ?
Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
À l’issue de la Première Guerre mondiale, la négation du génocide des Arméniens est devenue un point central de l’idéologie officielle en Turquie.
Jusqu’au milieu des années 2000, des intellectuels ont été poursuivis en justice pour avoir parlé du génocide en public. Des signes d’ouverture sont toutefois perceptibles, dans les sphères gouvernementales et dans la société civile. À terme, Ankara finira par reconnaître la responsabilité de l’Empire ottoman dans ce génocide.
Ali Kazancigil est politologue et codirecteur de la revue de géopolitique Anatoli. De l’Adriatique à la Caspienne (CNRS Éditions). Ses publications portent sur l’État, la gouvernance, les relations internationales et la Turquie. Il a dernièrement publié, avec Deniz Akagül et Faruk Bilici, La Turquie, d’une révolution à l’autre (Paris, Fayard/Pluriel, 2013).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Le tabou absolu sur la vérité historique concernant le génocide des Arméniens
La société commence à se poser des questions sur le tabou
La fin du tabou, libération de la parole et réflexion critique sur le passé
La société demande à l’Etat de reconnaître le génocide et commence à dialoguer avec les Arméniens d’Arménie est ses diasporas
Sous les pressions conjuguées de sa société et d’Etats de plus en plus nombreux qui reconnaissent le génocide de 1915, l’Etat turc finira par le reconnaître - mais à quelle échéance ?
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Le Pakistan et le conflit israélo-palestinien : l’évolution de l’approche pakistanaise après la guerre à Gaza
Le Pakistan a longtemps concilié un soutien affiché aux Palestiniens et des contacts discrets avec Israël. Depuis la guerre à Gaza, cet équilibre devient impossible à tenir : l’opinion fait bloc contre Israël, l’adhésion au Board of Peace de Trump suscite une rare critique transpartisane et les nouveaux alignements régionaux éloignent toute normalisation.
Demain l’Iran, l'avenir d'une nation
Spécialiste de l’Iran, Clément Therme nous plonge au coeur de cette mécanique de pouvoir. Dans cette enquête exceptionnelle, il révèle les ressorts d’un régime qui fabrique le chaos autant qu’il le subit et fait de la tension extérieure la condition de sa survie intérieure. Jusqu’à quand ? Et surtout, qu’adviendra-t-il après ?
L’Iran face à la recomposition de son environnement régional. Entre survie du régime et isolement stratégique
La guerre de quarante jours déclenchée le 28 février 2026 par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran a ouvert une nouvelle phase dans l’histoire des relations entre la République islamique et ses voisins. Si le régime a démontré une capacité de résilience face à une campagne militaire d’une ampleur inédite depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988), sa survie ne doit pas être confondue avec une victoire stratégique. Comme le révèle la séquence actuelle, la République islamique conserve une capacité de nuisance importante mais voit simultanément se réduire ses réseaux d’influence au Moyen-Orient, ses coopérations économiques dans la zone et les acquis diplomatiques de l’accord de mars 2023, conclu avec l’Arabie saoudite, sous l’égide de la Chine.
La politique allemande envers Israël : dépassée depuis le 7 Octobre
Peu de pays ont été aussi profondément affectés par les attaques du 7 octobre et la guerre à Gaza qui a suivi que l’Allemagne. Il ne s’agit pas simplement d’une controverse politique. Cela reflète un problème structurel plus profond : la politique allemande envers Israël repose depuis longtemps sur deux principes directeurs, une responsabilité historique particulière à l’égard d’Israël, héritée de l’Holocauste, et un engagement ferme en faveur de normes universalistes, avant tout le droit international et les droits de l’homme.