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Le business russe entre l'Europe et l'Amérique

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Page couverture PE_hs_Russie_2007
Accroche

Moscou n’a pas de stratégie de long terme et manœuvre selon les intérêts de sa classe dirigeante, dans une sorte de géo-économie privatisée. Elle est donc résolument post-impériale, et ses relations avec l’Union européenne et les États-Unis dépendent au premier chef des accords financiers et économiques à conclure. Les relations avec l’Union pourront s’améliorer plus rapidement que les relations avec Washington, sans que l’on puisse prévoir une mue rapide de la Russie en démocratie « à l’européenne ».

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Pour débattre de la politique étrangère de la Russie à l’aube du XXIe siècle, il faut d’abord tenter de cerner ses motivations profondes. Celles-ci se démarquent fortement du récent passé soviétique comme du plus lointain passé tsariste. Pour faire court, on pourrait dire que l’affaire de la Russie d’aujourd’hui c’est la Russie elle-même, et précisément... les affaires. La Russie actuelle est résolument post-impériale, bien qu’elle se considère encore comme une grande puissance. Elle est aussi un des pays les moins idéologisés de la planète. En dépit des discussions débilitantes sur l’Eurasisme, etc., les idées y comptent peu. Les intérêts, par contre, y règnent en maîtres.
 

La Russie est dirigée par ceux qui la possèdent, dans sa plus grande part. Ils n’ont pas hérité du pouvoir ou de leurs biens : ils ont dû batailler ferme pour parvenir là où ils sont. Leurs rangs ne comptent pas un seul homme politique classique, presque tous sont des capitalistes bureaucrates. Rien d’étonnant donc à ce que l’élite russe considère le monde à l’aune d’intérêts sonnants et trébuchants. Ses actions ont une devise : In Capital we Trust. Pour les membres de cette élite, les classiques valeurs (hormis le dollar, l’euro et le rouble) ne présentent que peu d’intérêt. La traditionnelle puissance militaire elle-même ne fascine guère plus. Du plus haut jusqu’en bas du pouvoir, on excelle à faire varier les prix de l’énergie, et non à décompter les ogives nucléaires. La géopolitique importe dans la mesure où elle pèse sur les intérêts économiques, mais certainement pas comme principe directeur : c’est de la géo-pétrolitique…
 

Seul le gaz surpasse le pétrole en importance. L’augmentation vertigineuse des prix du gaz par Gazprom à la fin 2005, qui a conduit à l’interruption des approvisionnements vers l’Ukraine le jour de l’An, fut le coup de grâce porté à l’ancienne Union soviétique. Moscou envoyait un message clair à ses voisins : les relations spéciales sont révolues, même pour les loyalistes comme l’Arménie ou la Biélorussie ; les subventions sont terminées, et tout le monde passe à la caisse : l’étranger, c’est tout le monde. La Russie considère donc ses voisins comme des espaces économiques où elle jouit encore de certains avantages comparatifs, et n’hésite pas à en user. Moscou n’entend pas jouer plus longtemps la carte de l’intégration. Elle invente un nouveau jeu : l’expansion économique dans son voisinage. [...]

 

PLAN DE L’ARTICLE

  • La Russie et l’Europe : égalité et libre accès aux actifs
  • Russie et Amérique : la limitation des dommages
  • Deux logiques pour deux partenariats ?
  • Existe-t-il un scénario positif ?
  • Que faire ?

 

Ce texte a été publié pour la première fois dans le n°1:2007 de Politique étrangère.

 

Dmitri Trenin, Senior Associate au Carnegie Endowment for International Peace, est directeur d'études au centre moscovite du même institut. Parmi ses livres récents, on peut lire Integration and Identity: Russia as a New West (Moscou, Evropa, 2006); Russland: die gestrandete Weltmacht (Hambourg Murmann, 2005) et The End of Eurasia: Russia on the Border between Geopolitics and Globalization (Washington, Carnegie Endowment for International Peace, 2002).

 

Texte traduit de l’anglais par Jessica Allevione.

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Le business russe entre l'Europe et l'Amérique

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Russie, Eurasie, Carte
Centre Russie/Eurasie
Accroche centre

Fondé en 2005 au sein de l’Ifri, le Centre Russie/Eurasie produit de la recherche et organise des débats sur la Russie, l’Europe orientale, l’Asie centrale et le Caucase du Sud. Il a pour objectif de comprendre et d'anticiper l'évolution de cette zone géographique complexe en pleine mutation pour enrichir le débat public en France et en Europe, et pour aider à la décision stratégique, politique et économique.

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Une alliance bien vivante et qui s'adapte

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Née d’une volonté de défense contre l’Union soviétique, l’Alliance a été réinventée à la fin de la guerre froide. Elle est engagée partout où les intérêts des Alliés sont menacés, et il n’existe pas aujourd’hui d’autre option de sécurité crédible pour ses membres. Mais l’Alliance doit savoir évoluer, s’adapter à de nouveaux défis, politiques et économiques, et ajuster ses modes de fonctionnement à la multiplication de ses membres.

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L'OTAN : de Washington (1949) à Strasbourg-Kehl (2009)

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

On peut tenter de cerner l’histoire de l’Alliance en en repérant trois phases. La première est constituée par les quatre décennies de la guerre froide. Puis l’Alliance revêt le rôle d’accoucheur du changement politique en Europe. Dans l’après-11 septembre, le débat rebondit sur les défis de sécurité internationale et le rôle de l’Alliance. Il est aujourd’hui encore ouvert sur des questions fondamentales : entre autres la nécessaire redéfinition de ses missions, et des moyens correspondants.

Karl-Heinz KAMP
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Un programme pour l'OTAN : vers un réseau de sécurité mondiale

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Le succès historique de l’Alliance est d’avoir unifié l’Occident face à la menace soviétique ; puis d’avoir, après la guerre froide, réussi à élargir cet Occident. L’Alliance doit pourtant aujourd’hui s’adapter à un monde nouveau marqué par l’éveil chaotique des peuples. Sa crédibilité dépend de la négociation d’une sortie politique de l’engagement en Afghanistan. À plus long terme, l’OTAN doit se penser comme centre d’un réseau d’organisations de sécurité à l’échelle du monde.

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Le débat sur une OTAN globale

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Le débat sur la « globalisation » est au cœur des échanges sur le nouveau concept stratégique. Il s’inscrit dans ce qui apparaît depuis 1994 comme une dynamique continue d’élargissements, des membres et des missions. Il renvoie également aux diverses lectures possibles de la réalité géopolitique présente : menaces globales, ou menaces rémanentes en Europe ? Il pose enfin une question morale : pourquoi et dans quelle circonstances l’Alliance est-elle légitime à user de sa force militaire ?

Comment citer cette étude ?

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Le business russe entre l'Europe et l'Amérique, de L'Ifri par
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