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Algérie et Maroc : deux visions géopolitiques et sécuritaires

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Politique étrangère, vol. 87, n° 2, été 2022
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La rivalité entre l'Algérie et le Maroc remonte à l'indépendance algérienne et au débat sur la délimitation des frontières post-coloniales. L'affaire du Sahara occidental est venue se greffer sur cette opposition géopolitique. Après une relative accalmie, la rivalité a repris au début de cette décennie, poussant les deux pays à chercher des soutiens extérieurs en matière diplomatique et d'armement. La rivalité locale pourrait désormais s'inscrire dans une dynamique élargie.

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Au cours de l’année 2021, la rivalité entre l’Algérie et le Maroc s’est intensifiée, en raison du dégel du conflit au Sahara occidental, de la normalisation des rapports entre le royaume chérifien et Israël puis de la course régionale aux armements qui s’en est suivie. L’antagonisme entre les deux pays est loin d’être nouveau. Il remonte aux lendemains de l’indépendance algérienne et dure donc depuis des décennies, opposant deux conceptions divergentes de l’espace géopolitique et sécuritaire. Si la fin de la guerre froide, le cessez-le-feu au Sahara occidental et l’équilibre militaire précaire entre les deux États ont permis une relative accalmie entre 1991 et 2020, les événements des deux dernières années ont balayé cette stabilité et risquent désormais de provoquer une nouvelle escalade militaire au Maghreb.


Aux origines de la rivalité algéro-marocaine


L’indépendance algérienne a lieu en 1962 et les relations avec le Maroc sont alors au beau fixe, en raison du soutien que le royaume chérifien a apporté au Front de libération nationale pendant la guerre contre l’occupant français. Tout au long du conflit en Algérie, le Maroc joue le rôle de base de repli et de déploiement des combattants algériens, lesquels reçoivent l’aide discrète de l’armée marocaine.


Toutefois, peu après l’indépendance de l’Algérie, Alger et Rabat sont confrontées à la question de la définition de la frontière commune et de la répartition des ressources minières de la zone contiguë. En 1961, le président du Gouvernement provisoire de la République algérienne Ferhat Abbas et le roi du Maroc Mohammed V signent une convention reconnaissant le problème de la délimitation territoriale entre les deux pays, et renvoyant sa résolution à de futures négociations bilatérales. Rabat réclame la révision de la frontière coloniale établie par la France en 1952 seulement, à l’occasion de la découverte d’un gisement de ressources minières et pétrolifères que Paris choisit d’intégrer au territoire de l’Algérie française.


Quelques mois après cet accord, Ahmed Ben Bella et l’armée algérienne évincent Abbas puis annoncent leur refus de rediscuter les démarcations coloniales et de céder au royaume chérifien une part d’un territoire algérien libéré par le sang. Après une tentative marocaine de s’emparer de la zone de Tindouf en juillet 1962 et l’intervention de l’armée algérienne en octobre pour en reprendre le contrôle, un violent accrochage le 8 octobre 1963 entre les troupes des deux pays près des postes frontaliers de Tinjoub et Hassi Beïda marque le début de la Guerre des sables. […]


PLAN

  • Aux origines de la rivalité algéro-marocaine
  • Un équilibre précaire (1991-2020)
  • Vers une nouvelle escalade ?
  • Deux approches sécuritaires antagonistes


Riccardo Fabiani est directeur du projet de recherche sur l'Afrique du Nord de l'International Crisis Group.

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Algérie et Maroc : deux visions géopolitiques et sécuritaires

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Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

Date de publication
22 septembre 2017
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Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.

Pierre CONESA
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Retour sur la crise du Golfe de 2017

Date de publication
22 septembre 2017
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La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.

Rachid CHAKER
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Arabie Saoudite : la guerre des trois n’a pas eu lieu

Date de publication
22 septembre 2017
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La « saoudité » reste difficile à définir, et elle suggère à la fois un type de débat politique très spécifique et la peur profonde d’une implosion immaîtrisable. C’est dans ce cadre que s’inscrit la relation conflictuelle avec le Qatar, représentant pour Riyad une idéologie des Frères musulmans antagonique avec ses propres conceptions. La modification de l’ordre de succession royal entérine un saut de génération, et un printemps arabe ne semble pas devoir toucher prochainement Riyad.

Jacques-Jocelyn PAUL
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Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique

Date de publication
22 septembre 2017
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Depuis une décennie, l’intérêt de la Russie pour l’Arctique s’est développé. Des projets économiques ont vu le jour, en particulier dans le domaine énergétique et en matière de transport maritime. Cette région – qui héberge la plus grande part de l’arsenal nucléaire russe – est importante pour Moscou sur le plan militaire. Si des tensions avec d’autres États arctiques ne sont pas à exclure, la Russie a intérêt à maintenir une stabilité propice au développement économique.

Katarzyna ZYSK

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Riccardo FABIANI, « Algérie et Maroc : deux visions géopolitiques et sécuritaires », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2022.
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Algérie et Maroc : deux visions géopolitiques et sécuritaires