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Allemagne : retour du service militaire ?

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vol. 91, n° 1, printemps 2026
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Suspendue en 2011, la conscription fait son retour en Allemagne en 2025, sous une forme nouvelle et volontaire. Un relatif consensus avait accompagné la décision de 2011. L’opinion est aujourd’hui plus segmentée, comme la classe politique. Le service volontaire masculin ainsi rétabli fait écho aux exigences de l’environnement géopolitique et aux besoins en effectifs de la Bundeswehr. Reste à savoir si la formule choisie remplira les attentes des responsables de la défense.

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En janvier 2023, peu de temps après sa prise de fonctions au ministère de la Défense, Boris Pistorius, interrogé par les médias sur un éventuel rétablissement du service militaire obligatoire en Allemagne, affirmait : 

« Si vous me posez la question en tant que civil, en tant que citoyen, en tant qu’homme politique, je dirais : ce fut une erreur de suspendre la conscription [en 2011]. Et je ne dis pas cela en raison de la situation actuelle. Notre armée parlementaire doit se trouver au cœur de la société. Autrefois, il y avait des conscrits à une table de cuisine sur deux. C’est aussi ainsi qu’existait en permanence un lien avec la société civile. Mais cela ne peut pas être rétabli aussi facilement aujourd'hui. Désormais, nous devons rendre la Bundeswehr suffisamment attractive pour que les jeunes talents s’y intéressent et s’y engagent. » 

Cette position du ministre de la Défense surprend, en raison de la position de son parti, le Parti social-démocrate (SPD), dont la tradition pacifiste est restée forte, mais aussi du point de vue d'un responsable gouvernemental, du fait du relatif consensus politique qui avait accompagné la suspension de la conscription en 2011. 

En Allemagne, le service militaire (Wehrpflicht) a une longue histoire, marquée par la rupture de 1945, la construction d'une « armée parlementaire » (Parlamentsarmee) en République fédérale d’Allemagne (RFA), l’unification allemande de 1990 et enfin la suspension de la conscription. Le changement de paradigme engendré par l’invasion russe de l'Ukraine en 2022 a conduit à une réactivation intense des débats autour d’un « nouveau » service militaire ou de défense. Ces débats cristallisent le rapport ambivalent de la société allemande à son armée. Les Allemands ont une confiance élevée dans la Bundeswehr mais expriment de fortes réticences quant à une obligation généralisée, dans un contexte de réarmement rapide et d’incertitudes sur l'avenir des forces armées face aux menaces qui pèsent sur l'Europe. 

 

PLAN DE L'ARTICLE

  • La conscription en Allemagne de l'Ouest : « citoyen en uniforme » et « armée parlementaire »
  • La société allemande et son armée après la suspension de la conscription
  • Vers une réintroduction du service militaire ?
     

 

Paul Maurice est secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Ifri. 

 

Article publié dans Politique étrangère, vol. 91, n° 1, 2026.

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Paul MAURICE

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Der Pariser Platz auf der Ostseite des Brandenburger Tors in Berlin, Deutschland
Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa)
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Le Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) a été créé en 1954 par un accord intergouvernemental entre la République fédérale d’Allemagne et la France, afin de mieux faire connaître l'Allemagne en France et analyser les relations franco-allemandes y compris dans leurs dimensions européennes et internationales. Dans ses conférences et séminaires, qui réunissent experts, responsables politiques, hauts décideurs et représentants de la société civile des deux pays, le Cerfa développe le débat franco-allemand et suscite les propositions politiques. Il publie régulièrement des études à travers deux collections : les « Notes du Cerfa » et les « Visions franco-allemandes ». 

Le Cerfa entretient des relations étroites avec le réseau des fondations et des think tanks allemands. En plus de ses activités de recherche et de débat, le Cerfa promeut l’émergence d’une nouvelle génération franco-allemande à travers des programmes de coopération originaux. C'est ainsi qu'en 2021-2022, le Cerfa a conduit un programme sur le multilatéralisme avec la Fondation Konrad Adenauer de Paris. Ce programme s'adresse à des jeunes professionnels des deux pays intéressés par les enjeux du multilatéralisme dans le contexte de leurs activités. Il a couvert une large gamme de thèmes relatifs au multilatéralisme, tel que le commerce international, la santé, les droits de l’homme et la migration, la non-prolifération et le désarmement. Auparavant, le Cerfa avait participé au dialogue d’avenir franco-allemand, co-piloté de 2007 à 2020 avec la Deutsche Gesellschaft für auswärtige Politik (DGAP) et soutenu par la Fondation Robert Bosch, ou encore le groupe Daniel Vernet (anciennement Groupe de réflexion franco-allemand) qui avait été fondé en 2014 à l’initiative de la Fondation Genshagen.

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Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
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Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN
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Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech

Date de publication
21 juin 2019
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Alors que Daech et Al-Qaïda se sont violemment affrontés au Moyen-Orient, leurs « filiales » sahéliennes ont eu tendance à s’éviter. Depuis 2017, elles ont même entamé un rapprochement et coopèrent occasionnellement. La chute de Daech en zone syro-irakienne aura des répercussions au Sahel. S’il n’est pas dit que l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) fusionnent, il est en revanche assuré que le djihadisme perdurera dans la zone.

Djallil LOUNNAS
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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue

Date de publication
21 juin 2019
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L’admission au G7/G8 symbolisait pour Moscou son rapprochement de « l’Occident collectif ». Mais l’admission fut lente, et Moscou ne fit jamais complètement partie du club. La Russie a bientôt pris conscience que le G8 n’était pas le directoire souhaité pour traiter ses préoccupations stratégiques. L’avènement du G20, et la crise ukrainienne, ont, pour Moscou, définitivement déclassé l’intérêt d’un G7, qui semble n’assurer que la défense et illustration des intérêts d’un Occident déclinant.

Andrey KORTUNOV

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Paul MAURICE, « Allemagne : retour du service militaire ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 5 mars 2026.
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