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Allemagne/Union européenne : l’héritage ambigu d’Angela Merkel

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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Angela Merkel achève son quatrième mandat à la tête de l’Allemagne. Si elle a fait de nombreuses déclarations prouvant son attachement au projet européen, son bilan en la matière paraît néanmoins contrasté. Au moment de la crise du Covid-19, elle a contribué à maintenir la cohésion de l’Union européenne (UE) et a accepté le principe d’une dette commune. Mais il lui a manqué une grande vision et des leviers d’action qui auraient permis de faire de l’UE un acteur plus fort sur la scène internationale.

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La déclaration d’Angela Merkel du 28 mai 2017 : « Nous, Européens, devons vraiment prendre notre destin en main » est devenue un lieu commun. Prononcée à l’issue du G7 de Taormine, elle a été largement interprétée comme un constat pragmatique de la chancelière allemande : après le Brexit et l’élection de Donald Trump, l’Allemagne ne pouvait plus pleinement compter sur ses alliés traditionnels et allait davantage s’investir dans l’approfondissement du projet européen. Une déclaration qui laissait également penser que la chancelière attachait une importance particulière aux bonnes relations avec la France, juste après l’élection du président Macron.


À l’issue du quatrième mandat de la chancelière, force est de constater que ces intentions sont dans l’ensemble demeurées un vœu pieux, pour les Allemands et pour les Européens. Face au manque d’engagement allemand, il a fallu que les partenaires, notamment français, fassent pression pour que Berlin accepte de s’engager sur les dossiers européens et nombre de projets sont restés inaboutis, comme l’Europe de la Défense ou des banques. « Le rendez-vous manqué du discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie et démocratique, prononcé à la Sorbonne en septembre 2017, auquel l’Allemagne n’était pas en mesure de répondre », a illustré un certain essoufflement des relations franco-allemandes et de leurs initiatives en faveur de l’Union européenne (UE) depuis le milieu des années 2000.


La chancelière allemande ne s’est jamais vraiment risquée ces dernières années à définir sa vision de l’Europe. Le gouvernement allemand, dans son tandem avec la France, s’est apparemment enfermé, en ce domaine, dans un rôle relativement passif. Au début des années 2000, l’Allemagne était un moteur de propositions pour constituer une avant-garde européenne, pour davantage de démocratie sur le Vieux Continent, pour l’achèvement de l’union monétaire, pour faire de l’UE une puissance au niveau international – et elle était d’ailleurs en cela accusée ici ou là de vouloir mettre en place une Europe à plusieurs vitesses. C’est aujourd’hui la France, dont l’actuel président avait fait de l’Europe un sujet phare de sa campagne en 2017, qui joue le rôle de force de proposition en Europe – même si elle est parfois accusée de le faire dans son propre intérêt. Mais ceci ne suffit pas à rendre justice au rôle de Berlin dans les récentes évolutions de l’UE. […]


PLAN

  • Paris-Berlin, de la divergence à la convergence
  • La présidence allemande du Conseil européen : un bilan globalement positif ?
  • « Rendre l’Europe plus forte » : entre vœu pieux et mission impossible


Paul Maurice est chercheur au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Institut français des relations internationales.

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Allemagne/Union européenne : l’héritage ambigu d’Angela Merkel

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Paul MAURICE

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Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ?

Date de publication
22 septembre 2021
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La pratique des sanctions secondaires par les États-Unis n’est pas récente, mais Donald Trump l’a portée à un niveau inégalé. Le président républicain a fait preuve d’une grande défiance à l’égard des alliés traditionnels de Washington, qui s’est particulièrement fait ressentir sur les dossiers russe et iranien. Les Européens ont mis en place un nouveau mécanisme – baptisé INSTEX – pour tenter de contourner les sanctions américaines, mais il a rapidement montré ses limites.

Sophie MARINEAU
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L’Union européenne, entre États-Unis et Chine

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

États-Unis et Union européenne (UE) convergent désormais pour considérer la Chine, longtemps vue avec une certaine bienveillance, comme un rival systémique dans l’ordre international. En dépit de cette convergence, leurs intérêts vis-à-vis de Pékin diffèrent, l’Union européenne entendant garder une certaine dimension partenariale dans ses relations avec la Chine. Mais l’UE ne pèsera dans l’Indo-Pacifique que si elle y développe des stratégies de long terme, appuyées sur des moyens concrets.

Hans Dietmar SCHWEISGUT
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Vers la fin de vingt ans de guerre contre le terrorisme ?

Date de publication
22 septembre 2021
Accroche

Vingt ans après le 11 Septembre, le bilan de la « guerre contre le terrorisme » est contrasté : lourd coût financier et humain, affaiblissement des « centrales » mais diffusion des implantations, fatigue des guerres sans fin… Les puissances occidentales n’ont jamais pu traiter les problèmes politiques qui survivaient à leurs succès militaires. Une nouvelle hiérarchie des défis sécuritaires semble devoir remettre le terrorisme à sa juste place : un problème stratégique parmi de nombreux autres.

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Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Le système mis en place en Pologne par le le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition qui le soutient s’appuie sur une communauté émotionnelle autour d’un dirigeant charismatique, et sur des décisions favorisant des classes populaires délaissées par la transition libérale. Le projet autocratique est porteur d’atteintes multiples à l’état de droit. Une certaine « fatigue » pourrait pourtant se manifester aux prochaines élections, confirmant les dernières mobilisations de rue, portées en particulier par la jeunesse.

Georges MINK

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Paul MAURICE, « Allemagne/Union européenne : l’héritage ambigu d’Angela Merkel », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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