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Bosnie-Herzégovine, le lent naufrage

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Politique étrangère, n° 4, vol. 87, hiver 2022
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Les accords de Dayton ont doté la Bosnie-Herzégovine d’institutions complexes. Complexité redoublée par des forces ethno-nationalistes dont les efforts convergents bloquent toute avancée politique concrète au profit de la corruption et du clientélisme. Les réformes constitutionnelles sont ainsi interdites, comme les choix de politique économique, sociale ou sanitaire. Le pays se vide de ses habitants alors qu’il redevient, avec la guerre en Ukraine, un champ clos d’influences extérieures.

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Qu'est-ce que la Bosnie-Herzégovine en 2022 ? Au-delà de la complexité bien connue de son système politique hérité des accords de paix de Dayton, la Bosnie-Herzégovine est aussi prisonnière de multiples dynamiques politiques locales et extérieures qui façonnent le pays depuis la fin de la guerre en 1995.


Bien plus qu'un territoire divisé, la Bosnie-Herzégovine est surtout un espace où les intérêts des forces nationalistes, au pouvoir depuis 30 ans, l'emportent sur les intérêts des Bosniens et rencontrent ceux de la Croatie et de la Serbie voisines. Ces deux pays, agresseurs de la Bosnie-Herzégovine lors du conflit (1992-1995) qui a fait environ 100 000 morts et déplacé plus d'un million de personnes, continuent de s'immiscer dans les affaires du pays en soutenant les visées sécessionnistes des Serbes et des Croates de Bosnie.


Outre ces voisins, de nombreuses forces internationales se rencontrent sur ce petit territoire : l'Union européenne (UE) par le biais de sa délégation à Sarajevo, la capitale du pays, ainsi que les États-Unis et le Royaume-Uni, alignés sur des buts et des stratégies similaires. Ces forces politiques et ces gouvernements sont garants de l'intégrité territoriale du pays, puisqu'ils sont garants des accords de Dayton et se croisent au sein du Peace Implementation Council (PIC) avec la Russie, laquelle soutient les sécessionnistes serbes et croates.


Au milieu de cet environnement peu favorable aux résistances citoyennes, quelques oppositions politiques non nationalistes ont vu le jour. Elles s'ancrent localement et tentent de se développer, souvent sans moyen et sans soutien.


Une organisation politique discriminatoire et non fonctionnelle


Les accords de paix de Dayton ont été signés à Paris le 14 décembre 1995, mettant fin à quatre ans de guerre. La Bosnie-Herzégovine se retrouve divisée en deux entités administratives, la Fédération croato-musulmane (Fédération) et la République serbe (RS) dont la capitale est Banja Luka. Ces deux entités indépendantes l'une de l'autre sont chapeautées par des institutions nationales. La Fédération est elle-même divisée en dix cantons, dotés chacun de gouvernements, entre lesquels il n'existe aucun mécanisme d'harmonisation. Additionné à cela, le district de Brčko, situé au nord-est du pays et frontalier de la Croatie, interrompt la continuité territoriale de la RS. […]


PLAN

  • Une organisation politique discriminatoire et non fonctionnelle
  • L’ethno-nationalisme bosnien : corruption, clientélisme et criminalité
  • Les séparatismes et leurs alliés
  • Les absences de la communauté internationale
  • Pourquoi se battre ?


Aline Cateux est doctorante au Laboratoire d'anthropologie prospective de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve. Ses recherches portent principalement sur les transformations urbaines et les mobilisations collectives en Bosnie-Herzégovine, qu'elle sillonne depuis 23 ans.

 

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ISBN / ISSN

979-10-373-0482-7

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Bosnie-Herzégovine, le lent naufrage

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Le droit dans le système international : plus qu’un instrument ?

Date de publication
22 décembre 2019
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Un double mouvement de juridicisation et de judiciarisation des relations internationales est à l’œuvre, même si les dispositifs juridiques internationaux paraissent fragiles. Porté par la multiplication des flux transnationaux, la vivacité des revendications égalitaires et l’émergence d’impératifs planétaires, ce mouvement pourrait conduire à une mutation du système international. À l’avenir, ce système pourrait être caractérisé par son hétérogénéité et son instabilité.

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Tunisie, 2011-2020 : la démocratie contre l’efficience de l’action publique ?

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Après le renversement du régime de Ben Ali en 2011, la Tunisie a mis en place un système politique visant à éviter une trop forte concentration du pouvoir. Toutefois, ce nouveau système n’est pas satisfaisant : il a abouti à une telle dispersion du pouvoir que l’action publique en devient inefficace et minée par le clientélisme. De profondes réformes doivent être conduites pour rendre les gouvernements plus efficaces et légitimes. Sinon, la tentation autoritaire pourrait faire son retour.

Michaël AYARI
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Faut-il négocier avec les djihadistes au Sahel ?

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Les armées déployées au Sahel ne parviennent plus à endiguer la menace terroriste. La répression parfois indiscriminée contribue même à nourrir les dynamiques des conflits. Face à ce constat, d’autres pistes pourraient être explorées pour essayer de stabiliser cette zone. La négociation avec les groupes djihadistes pourrait être une option. De nombreux obstacles se dressent cependant sur cette voie et les négociations tentées sur d’autres théâtres n’ont pas toujours produit les effets escomptés.

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Quel rôle pour la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits ?

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20 mars 2020
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Presque trente ans après sa création, la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits (CIHEF) peine à accomplir sa mission, en dépit de sa large reconnaissance par les États. Les raisons en sont multiples : erreurs sur l’orientation, sur le positionnement dans le paysage institutionnel, ou insuffisances du traité constitutif lui-même. On détaille ici ces obstacles, en suggérant quelques pistes pour revigorer une institution dont le rôle est plus que jamais crucial.

Mérick Freedy ALAGBE

Comment citer cette étude ?

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Aline CATEUX, « Bosnie-Herzégovine, le lent naufrage », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2022.
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Bosnie-Herzégovine, le lent naufrage