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Chine/Japon : redéfinir la coexistence

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
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Face à la Chine, le Japon adopte une posture ménageant sa coopération économique avec Pékin, assurant la dissuasion de ses stratégies agressives, et sa sécurité économique globale : sécurisation des approvisionnements, autonomie du développement technologique… L’alliance nippo-américaine, renforcée et articulée à des accords régionaux, vise à former un contrepoids systémique à la Chine. Le raidissement des relations américano-chinoises pourrait rendre la posture d’équilibre de Tokyo plus difficile à tenir.

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Le Japon est en première ligne face à la Chine. Les voisins s’opposent sur des différends historiques et territoriaux, mais sont aussi liés par une interdépendance économique significative. La montée en puissance de Pékin, aux accents revanchistes de plus en plus assumés, place donc Tokyo en position de grande vulnérabilité. Pour répondre au mieux aux défis posés par la Chine, le Japon a adopté depuis les années 2010 une approche plurielle, fondée sur trois piliers : la dissuasion, le contrepoids, et l’engagement conditionné. Toutefois, l’assertivité de la Chine en 2020, et le durcissement de la rivalité stratégique sino-américaine, rendent l’exercice d’équilibre encore plus délicat.


Tokyo n’a d’autre choix que de rester arrimé au camp américain, tout en s’efforçant de maintenir des relations stables et fonctionnelles avec Pékin. Il doit donc constamment louvoyer entre coopération et compétition, pour préserver ses intérêts. Dès lors, le Japon s’efforce de définir les conditions d’une coopération contrôlée avec son voisin, et de mettre en place, en coordination étroite avec Washington et ses autres partenaires stratégiques, un cadre d’engagement strict avec Pékin. Il s’appuie sur une posture de dissuasion renforcée en mer de Chine de l’Est, sur une politique de contrepoids étendue aux problématiques géoéconomiques, et sur la mise en place d’une stratégie en matière de sécurité économique visant à protéger les technologies et secteurs critiques, à assurer une meilleure résilience de ses chaînes de valeurs, mais aussi à devenir un pôle d’innovation incontournable.


L’alliance avec les États-Unis joue un rôle central dans cette approche. La position de l’administration Biden, qui tolère une coopération minimale avec la Chine, converge avec celle du gouvernement Suga. Toutefois, l’attention portée aux questions de droits de l’homme par la nouvelle administration américaine et ses fortes attentes vis-à-vis d’alliés comme le Japon mettent Tokyo dans une posture délicate. Le Sommet Suga-Biden du 16 avril 2021 entérine la transformation de l’alliance en un contrepoids systémique à Pékin. […]


PLAN

  • Renforcement de la dissuasion et du contrepoids face à l’expansion maritime chinoise
  • Une stratégie de sécurité économique face à la compétition sino-américaine
     - Protéger son marché et ses technologies
     - Renforcer la compétitivité et les avantages comparatifs
     - Assurer la résilience de ses chaînes de valeur et de son économie
     - Une coopération économique indispensable avec la Chine
  • Vers un positionnement politique plus tranché ?


Céline Pajon est chercheuse, responsable des activités Japon au Centre Asie de l’Ifri.

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Chine/Japon : redéfinir la coexistence

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Céline PAJON

Intitulé du poste

Chercheuse, responsable de la recherche Japon et Indo-Pacifique, Centre Asie de l'Ifri

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Iran 2028, une rêverie politique

Date de publication
23 septembre 2018
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Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.

François NICOULLAUD
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Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.

François GAULME
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La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.

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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.

Georges-Henri SOUTOU

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Page couverture PE n° 2 2021
Céline PAJON, « Chine/Japon : redéfinir la coexistence », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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Chine/Japon : redéfinir la coexistence