Comment parvenir à la neutralité carbone ?
Le réchauffement climatique et la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre imposent de redéfinir en profondeur les systèmes énergétiques de demain. Industries et sociétés doivent s'engager urgemment dans ce vaste mouvement de transformation. Pour réussir le pari de la décarbonation, il faudra pouvoir compter sur la cohérence des politiques énergétiques, une logique inclusive et des investissements soutenus dans l'innovation technologique.
En 2007, la responsabilité humaine en matière de changement climatique était suggérée avec force dans le quatrième rapport d’évaluation publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Il y était indiqué que « grâce aux progrès accomplis depuis le troisième rapport d’évaluation, il [devenait désormais] possible de déceler l’incidence des activités humaines sur différents aspects du climat, outre la température moyenne ». Cela incluait, « avec une probabilité forte », l’élévation du niveau de la mer, le changement de la configuration des vents, les risques accrus de vagues de chaleur, l’intensification des sécheresses et la fréquence et l’ampleur des épisodes de fortes précipitations. En 2018, un rapport spécial du GIEC ajoutait que « de nombreux écosystèmes terrestres et océaniques et certains des services qu’ils procurent [avaient] déjà changé en raison du réchauffement climatique ».
Il n’y a plus de doute possible sur la réalité du changement climatique, ni sur son origine humaine. La perte économique mondiale liée aux catastrophes naturelles, estimée à 190 milliards de dollars en 2020 d’après Swiss Re, progresse de 1,6 % par an en moyenne depuis 1970. Les pertes annuelles assurées combinées pourraient atteindre, certaines années, 250 à 300 milliards de dollars, contre 81 milliards en 2020, sachant qu’une grande partie des biens concernés ne sont pas assurés, par exemple en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud-Est. Ces événements, qui augmentent en gravité et en fréquence, trouvent leur origine dans les mêmes dynamiques d’urbanisation, d’accroissement des activités humaines et de changement climatique.
Dispose-t-on encore de marges de manœuvre pour éviter un engrenage dramatique ? Quels moyens techniques, économiques et politiques peut-on encore mobiliser pour parvenir à une réduction drastique des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 ? [...]
PLAN
- Urgence climatique : les contraintes à respecter d’ici 2050
- Bilan carbone passé et budget carbone restant
- Une dynamique à engager pour les pays industrialisés et les pays émergents - Les grandes orientations du secteur énergétique
- Deux leviers d’action : la demande et les énergies décarbonées
- Premier vecteur de décarbonation : l’électrification
- Une neutralité technologique nécessaire
- L’hydrogène, un nouvel entrant dans le mix énergétique - Un accompagnement nécessaire par des politiques publiques
- Peut-on réussir la transition écologique ?
Pierre-Frank Chevet est le président directeur général d'IFP Énergies nouvelles (IFPEN) et ancien président de l'Autorité de sûreté nucléaire.
Guy Maisonnier est ingénieur économiste à IFPEN.
François Kalaydjian est directeur économie et veille à IFPEN.
IFPEN est un organisme public de recherche, d'innovation et de formation dans les domaines de l'énergie, du transport et de l'environnement.
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Comment parvenir à la neutralité carbone ?
Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien
En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.
L’Iran renoncera-t-il à l’arme nucléaire ?
En juillet 2015 a été conclu un accord sur le programme nucléaire iranien. Les restrictions imposées à Téhéran sont cependant en deçà des objectifs fixés par le Conseil de sécurité. Nombre d’analystes doutent de la sincérité des dirigeants iraniens et pensent que le temps joue en faveur de l’Iran. L’évolution des équilibres stratégiques au Moyen-Orient, de possibles changements à la tête du régime iranien et la détermination de la communauté internationale pèseront sur l’avenir de ce programme.
Diplomatie des armes autonomes : les débats de Genève
Les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA) n’existent pas encore mais pourraient bien transformer la manière dont les guerres seront menées demain. Depuis 2014, l’Organisation des Nations unies (ONU) a entamé une réflexion sur ces armes d’un genre nouveau, dont certains États voudraient interdire le développement. Si une telle interdiction paraît peu vraisemblable, on devrait néanmoins voir apparaître un code de « bonnes pratiques » encadrant leur utilisation.
Lutte antiterroriste : comment s’adapte le Japon ?
Le Japon a subi plusieurs attentats sur son sol, notamment en 1995 avec l’attaque au sarin dans le métro de Tokyo. Plus récemment, deux ressortissants japonais ont été exécutés par l’État islamique en Syrie. Pour faire face à l’évolution de la menace, le dispositif antiterroriste japonais a été fortement renforcé. Le sommet du G7 d’Ise-Shima, en mai 2016, s’est déroulé sans incident. Le défi sécuritaire sera d’une autre ampleur en 2020 pour les Jeux olympiques de Tokyo.