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Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer

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Politique étrangère, vol. 83, n° 4, hiver 2018-2019
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Page couverture PE n° 4 2018
Accroche

Le proto-État construit par Daech en zone syro-irakienne s’est effondré. L’organisation terroriste n’a pas pour autant disparu et les groupes liés à Al-Qaïda restent eux aussi très actifs. Le djihadisme est une menace mondiale qui touche le monde arabe mais aussi, au-delà, l’Afrique subsaharienne et l’Asie. L’Europe est aujourd’hui mieux placée que les États-Unis pour devenir le fer de lance de la lutte contre cette menace qui nécessite de s’attaquer aux causes profondes du djihadisme.

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Le pseudo califat de Daech est en ruines. Ce n’est probablement plus qu’une question de temps avant que son calife autoproclamé, Abou Bakr Al-Baghdadi, ne connaisse le même sort qu’Oussama Ben Laden et de nombreux autres dirigeants djihadistes. Dans son livre Les Neuf Vies d’Al-Qaïda, Jean-Pierre Filiu avançait en 2009 que le djihadisme, loin de devenir un mouvement de masse, était au bord de l’extinction. Ce spécialiste avait tout de même pris la précaution de nuancer ses propos : le djihadisme disparaîtrait si aucun événement géopolitique majeur ne survenait.


Or les révoltes arabes de 2010-2011 constituèrent un tel choc géopolitique. Elles entraînèrent l’effondrement de l’État libyen, la quasi-dislocation du Yémen, et furent suivies d’une répression féroce en Syrie, avant que la situation ne tourne rapidement à la guerre civile. Profitant de cette situation, le pseudo État islamique a fait son apparition, montrant que le djihadisme était plus vivant que jamais. Aujourd’hui, fin 2018, alors que Daech semble défait, l’attention du public et des médias, ainsi que celle des responsables politiques, se détourne progressivement de ce phénomène. Pourtant, l’histoire a prouvé que chaque fois que nous pensions le djihadisme vaincu, il réapparaissait sous des formes encore plus violentes.


Il ne s’agit pas d’attiser la peur par des propos alarmistes. Des progrès considérables ont été réalisés dans la lutte contre le djihadisme, et pas seulement sur les champs de bataille. La diffusion de sa propagande a considérablement diminué. D’abord parce que sur le terrain, en Syrie et en Irak, la machine médiatique djihadiste a été enrayée. Ensuite parce que les géants de l’Internet ont compris qu’ils devaient réagir face aux contenus à caractère terroriste. La suppression de ces contenus est devenue plus efficace, grâce notamment à l’apport de l’Intelligence artificielle. Dans le même temps, le contre-discours s’est amélioré, permettant une meilleure réfutation de l’idéologie djihadiste.


Par ailleurs, les pays européens progressent dans leurs efforts de prévention et de lutte contre la radicalisation. Des dizaines d’initiatives ont vu le jour. Elles visent à mettre en garde les jeunes contre les dangers de l’extrémisme violent, et à aider les personnes radicalisées à se désengager. La coopération entre les agences de sécurité européennes a été renforcée, et les forces de police locales ont désormais une compréhension plus fine des mécanismes de radicalisation. […]


PLAN

  • Une menace appelée à durer
  • L’Europe face aux revenants de zone syro-irakienne
  • Le djihadisme : un défi mondial
  • L’Europe et la lutte internationale contre le djihadisme


Asiem El Difraoui, docteur en science politique, est spécialiste du djihadisme. Il a notamment publié Al-Qaïda par l’image, Paris, PUF, 2013, et Le Djihadisme, Paris, PUF, 2016. Il est co-fondateur de la Candid Foundation à Berlin et Paris, un think-and-do tank pour le dialogue euro-méditérranéen.

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Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer

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Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.

Hebatalla TAHA Clément THERME
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L’Irak a-t-il jamais pu exister ?

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Né de la décomposition de l’empire ottoman gérée par les impérialismes occidentaux, l’Irak, espace composite, a vu se succéder les régimes sans créer les bases psychologiques et politiques d’un État-nation. Les événements des deux dernières décennies n’ont fait, avec une lourde responsabilité occidentale, que creuser le fossé entre les communautés et les affiliations. L’Irak a-t-il jamais vraiment existé pour ses populations, et les conflits régionaux le laisseront-ils survivre ?

Jolyon HOWORTH
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Irak, le laboratoire permanent

Date de publication
21 décembre 2017
Accroche

Si l’on s’en tient à l’adage anesthésiant qui voudrait que les peuples heureux n’aient pas d’histoire, les Irakiens partent d’emblée avec un lourd handicap. Ils forment en effet un peuple saturé d’histoire(s), depuis que la Mésopotamie a tenu lieu de décor aux premières sociétés humaines sophistiquées. La temporalité politique s’y affole, en outre, depuis 15 ans ; les velléités américaines de changer le destin du Moyen-Orient tout entier à partir de l’Irak ayant transformé le pays en laboratoire d’observation in vivo des transitions politiques et des recompositions sociales et communautaires (ethniques, religieuses) du monde arabe. Laboratoire déserté par ses laborantins, et où le protocole expérimental ne tient plus.

Dorothée SCHMID Loulouwa AL-RACHID
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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

Date de publication
20 mars 2018
Accroche

En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.

Aurélie DAHER

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Page couverture PE n° 4 2018
Asiem EL DIFRAOUI, « Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2018.
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Page couverture PE n° 4 2018

Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer