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Irak, le laboratoire permanent

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Politique étrangère, vol. 82, n° 4, hiver 2017-2018
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Page couverture PE n° 4 2017
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Si l’on s’en tient à l’adage anesthésiant qui voudrait que les peuples heureux n’aient pas d’histoire, les Irakiens partent d’emblée avec un lourd handicap. Ils forment en effet un peuple saturé d’histoire(s), depuis que la Mésopotamie a tenu lieu de décor aux premières sociétés humaines sophistiquées. La temporalité politique s’y affole, en outre, depuis 15 ans ; les velléités américaines de changer le destin du Moyen-Orient tout entier à partir de l’Irak ayant transformé le pays en laboratoire d’observation in vivo des transitions politiques et des recompositions sociales et communautaires (ethniques, religieuses) du monde arabe. Laboratoire déserté par ses laborantins, et où le protocole expérimental ne tient plus.

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Les expériences de l’histoire


En l’absence de direction, l’histoire irakienne n’admet ainsi plus de ligne de séparation entre conjoncture routinière et conjoncture exceptionnelle (violence armée, guerre, occupation étrangère). Dates, événements, aléas de la vie politique et économique, pèsent directement et lourdement sur les vies et les choix individuels. Fin 2017, c’est la victoire presque totale remportée contre l’organisation État islamique, ou Daech, qui fait espérer aux analystes l’ouverture d’un nouveau chapitre, pour un Irak plus unitaire, mieux tenu, où la violence diminuerait enfin. Ce dossier de Politique étrangère consacré à l’Irak a pour but d’évaluer, sur le temps long et en identifiant les paramètres présents les plus pertinents, les chances de ce nouveau départ.


Comme le montre la contribution de Jolyon Howorth, l’État irakien n’a pu, depuis sa création sous la houlette de la puissance mandataire britannique dans les années 1920, s’approprier entièrement son histoire. Le pays n’assume pas le passé, avec ses moments fastes et ses périodes noires, tandis que le présent est toujours présenté comme l’aboutissement, ou l’actualisation, des dissensions qui ont présidé à sa naissance. À cet égard, la rupture de 2003, imposée par les États-Unis au moyen d’une invasion suivie d’une occupation militaire, apparaît comme un fantasme impérial de remodelage, légitimé par un impératif dit démocratique, celui de corriger les tares originelles de l’État irakien. Renverser le régime sunnite minoritaire du tyran Saddam Hussein et éradiquer son idéologie baasiste, confier le pouvoir à la majorité démographique chiite, et garantir aux Kurdes une entité fédérée dotée de larges prérogatives : tel était le modèle de state-building conçu par Washington pour pacifier le pays. À l’appui de cette construction politique espérée, un développement économique instantané devait advenir grâce à la manne pétrolière, sur le modèle des monarchies pétrolières voisines – ne présentait-on pas voici encore quelques années l’Irak comme une « future Arabie Saoudite » ?


Or, les sociétés sont têtues. Elles résistent – ou se vengent, comme le rappelle justement Myriam Benraad dans son analyse de Daech vaincu – de toutes leurs forces aux bouleversements imposés des rapports de domination et des hiérarchies, notamment identitaires. La sortie du temps figé et des certitudes de l’autoritarisme se fait ainsi rarement sans violence sociale. […]


PLAN

  • Les expériences de l’histoire
  • Admettre l’État faible
  • L’accalmie aura-t-elle lieu ?


Dorothée Schmid est Responsable du programme « Turquie contemporaine » de l’Ifri.

Loulouwa Al-Rachid est politologue et spécialiste de l’Irak.

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Irak, le laboratoire permanent

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Dorothée SCHMID

Intitulé du poste

Responsable du programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri

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Loulouwa AL-RACHID

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État islamique : l’autre menace

Date de publication
21 juin 2017
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L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER
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La Turquie, entre coup d’État et référendum

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Le putsch de juillet 2016 a été un vrai traumatisme, mais aussi l’occasion pour le régime d’aggraver la répression interne, et de tenter de faire passer son projet de réforme constitutionnelle. Celui-ci instaure un président disposant de tous les pouvoirs, sans réel contrôle. La radicalisation de l’AKP a des conséquences politiques internes, mais aussi économiques et diplomatiques, en particulier quant à la posture du pays vis-à-vis de l’Union européenne.

Ahmet INSEL
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Stabilité et croissance en zone euro : les leçons de l’expérience

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

La crise des dettes souveraines a agi comme un révélateur des déséquilibres et dysfonctionnements de la zone euro. Si la situation des pays de la périphérie a pu être stabilisée, les craintes se portent désormais sur les pays du centre qui – par la taille de leur économie – font peser un risque systémique sur toute l’Europe. Pour retrouver le chemin de la croissance, le nouveau gouvernement français doit réduire sérieusement les dépenses publiques et favoriser la compétitivité des entreprises.

Alain FABRE
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Les politiques européennes et le futur de l’euro

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Les causes de la crise économique et financière qui a touché la zone euro en 2008-2009 ont été mal analysées. En conséquence, les remèdes adoptés se sont révélés contre-productifs. Les déficits publics se sont creusés et les divergences entre pays du sud et du nord de l’Europe se sont accentuées. Pour relancer la croissance de manière durable dans l’Union européenne, une plus grande solidarité entre États membres s’impose et une stratégie d’investissements publics doit être élaborée.

Paolo GUERRIERI

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Page couverture PE n° 4 2017
Dorothée SCHMID, « Irak, le laboratoire permanent », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2017.
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Page couverture PE n° 4 2017

Irak, le laboratoire permanent