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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

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Politique étrangère, vol. 83, n° 1, printemps 2018
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Page couverture PE n° 1 printemps 2018
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En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.

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Le 3 novembre 2017, Saad Hariri, Premier ministre du Liban, est prié par Riyad de se rendre de toute urgence en Arabie Saoudite. Le lendemain, à la surprise générale et depuis la capitale saoudienne, il annonce sa démission. Cause invoquée : sa « lassitude » face à une « politique libanaise placée sous tutelle extérieure ». Le leader de la communauté sunnite libanaise accuse le Hezbollah, principale formation chiite et premier parti politique du pays, de « chercher à l’assassiner ».


Il apparaît toutefois rapidement que cette démission a été imposée par un régime saoudien qui retient son « client » libanais mais aussi sa famille en otage. Les éditorialistes d’Arabie Saoudite et du Golfe explicitent l’objectif de la manœuvre. Il s’agirait tout d’abord d’inciter les faucons sunnites libanais à s’opposer brutalement à leurs adversaires chiites dans l’arène politique, ce qui conduirait à la constitution d’un nouveau gouvernement dont serait exclu le Hezbollah, et/ou encouragerait certains groupes communautaires à recourir à la violence interconfessionnelle.


La crise qui s’ensuit s’aggrave jusqu’au retour de Hariri au Liban, un peu plus de deux semaines plus tard, le 22 novembre. Elle illustre l’état des rapports de force entre sunnites et chiites à un double niveau. Au niveau régional, la rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran menace d’embraser le Moyen-Orient depuis le début de la décennie 2010. À l’échelle nationale, le champ politique libanais apparaît verrouillé par un acteur dominant qui tient désormais les leviers politiques et sécuritaires essentiels du pays.


On tentera ici d’expliquer la crise saoudo-libanaise de novembre 2017, et d’en analyser les enjeux et la portée. Pour ce faire, il faudra revenir sur un contexte de polarisation dédoublé entre acteurs sunnites et chiites : le contexte libanais lui-même, où les deux grandes communautés musulmanes du pays ne sont en compétition directe que depuis la seconde moitié des années 2000 ; et le contexte régional des relations entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. L’épisode de la démission de Hariri permettra alors de mettre en évidence une dynamique à double sens : si la polarisation d’un champ régional impacte de manière top-down le contexte national, celui-ci peut, à son tour, repositionner les acteurs régionaux les uns face aux autres dans une logique bottom-up.


PLAN

  • Sunnites vs. chiites au Liban entre 2005 et 2017
  • 2016 : l’Arabie Saoudite durcit le ton à l’égard de Saad Hariri
  • Le Compromis présidentiel d’octobre 2016
  • 2017 : auto-éjection saoudienne du jeu libanais ?


Aurélie Daher docteur en science politique, est co-responsable du master « Peace Studies » de l’université Paris-Dauphine et enseignante à Sciences Po Paris. Elle est l’auteur de Le Hezbollah. Mobilisation et pouvoir, Paris, Presses universitaires de France, 2014.

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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

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Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?

Date de publication
20 mars 2018
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Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.

Dorota RICHARD
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

Date de publication
20 mars 2018
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Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

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Stratégie et liberté d’action

Date de publication
20 mars 2018
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Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.

Vincent DESPORTES
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Nouvelles liaisons ferroviaires chinoises : une entreprise stratégique

Date de publication
20 mars 2018
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Depuis 2011, le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe s’est rapidement développé, et a connu une relance spectaculaire avec le projet Belt and Road Initiative. On assiste aujourd’hui à une rapide expansion des volumes, des services proposés, le tout accompagné par la définition et la mise en œuvre de nouvelles infrastructures ferroviaires, en Russie, en Chine, vers l’Asie du Sud-Est, l’Iran ou le Pakistan. Ce développement, qui doit être nuancé, constitue-t-il un outil stratégique pour la Chine ?

Linyan HUANG Frédéric LASSERRE Éric MOTTET
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Aurélie DAHER, « Liban : entre clientélisme régional et carcan national », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2018.
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Liban : entre clientélisme régional et carcan national