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Face à la Chine, l’Australie en résistance

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
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La Chine est le plus important partenaire commercial de l’Australie depuis 2007 et cherche à étendre son influence dans ce pays en utilisant trois méthodes : la cooptation, la corruption et la coercition. Les responsables politiques australiens, toutefois, ne sont pas naïfs. Ils ont adopté une série de mesures pour limiter les ingérences étrangères, déclenchant la colère de représentants chinois. Le bras de fer entre Canberra et Pékin peut fournir des enseignements utiles aux Européens.

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En 2014, les relations entre la Chine et l’Australie ont atteint leur sommet. Les deux pays ont signé un accord de libre-échange dont les négociations avaient débuté dix ans plus tôt, et Xi Jinping a assuré le Parlement australien de l’excellence de la relation bilatérale. À peine six ans plus tard, la bonne volonté s’est évanouie, remplacée par des insultes et des mesures de rétorsion. L’Australie est devenue, selon le rédacteur en chef du Global Times, une « source de problèmes » persistante, comparable à un « chewing-gum collé sous la semelle des chaussures chinoises ». Le directeur des services australiens de contre-espionnage considère quant à lui la menace envers les intérêts souverains australiens « plus élevée qu’elle ne l’était au plus fort de la guerre froide ».


Comment expliquer ce revirement spectaculaire ? Pourquoi l’Australie, dont les exportations à destination de la Chine ont largement soutenu 29 ans de croissance ininterrompue jusqu’à l’épidémie de COVID-19, se retrouve-t-elle aujourd’hui dans l’œil du cyclone chinois ? Quels événements ont contribué aux changements de perception vis-à-vis de la nature de la menace ? Quelles solutions Canberra a-t-elle adoptées pour y remédier ?


Face aux pressions de Pékin, le Premier ministre Scott Morrison résumait en juin 2020 la position de son gouvernement : « Nous sommes une nation ouverte au commerce, mon gars, mais je ne braderai jamais nos valeurs face à la coercition, quelle que soit son origine. » Le cas australien est riche d’enseignements pour les autres puissances moyennes démocratiques qui, intégrées économiquement avec la Chine et dépendantes de relations commerciales harmonieuses, entendent néanmoins garder une approche fondée sur les valeurs et la défense de leurs intérêts nationaux. Les solutions envisagées par Canberra pour mieux se protéger peuvent servir de « boîte à outils » pour d’autres pays, qui se trouvent aussi dans le viseur d’une politique chinoise désormais décomplexée à l’égard des démocraties libérales occidentales.


Une Australie prospère et en sécurité


Depuis la fin de la guerre froide, l’Australie danse un délicat pas de deux, d’une part avec les États-Unis, alliés garantissant sa sécurité, d’autre part avec la Chine, premier partenaire commercial depuis 2007. Fin 2014, répondant à une question d’Angela Merkel, le Premier ministre australien Tony Abbott résumait en deux mots la nature des relations entre Canberra et Pékin : « crainte et cupidité ». […]


PLAN

  • Une Australie prospère et en sécurité
  • Cooptation, corruption et coercition
  • La démocratie comme outil de résistance


Nadège Rolland est chercheuse au National Bureau of Asian Research, et non-resident fellow au Lowy Institute.

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Face à la Chine, l’Australie en résistance

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Crise de l’Union européenne ou crises de la démocratie ?

Date de publication
20 mars 2017
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Les institutions européennes sont régulièrement mises en cause pour leur déficit démocratique. Pourtant, depuis les années 1990, les traités successifs ont instauré différents instruments permettant de pallier ce déficit. Aujourd’hui, la crise de l’Union européenne est sans doute plus profonde et dépasse la question du fonctionnement des institutions. Elle touche la confiance même qu’ont les citoyens dans le projet d’intégration et dans la démocratie.

Sabine SAURUGGER
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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

Date de publication
21 juin 2017
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L’Italie fait face à une crise économique profonde. Malgré l’application de mesures d’austérité recommandées par les autorités européennes, la croissance est en berne et le chômage progresse. Les privatisations ont eu pour effet de faire passer des fleurons de l’industrie sous pavillon étranger. L’État ne joue plus son rôle de régulateur et ne parvient à endiguer ni la corruption ni la fraude fiscale. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle se double d’une crise politique.

Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

Date de publication
21 juin 2017
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Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

Jonathan STORY
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Conflits locaux : le mal insidieux de l’Afrique

Date de publication
21 juin 2017
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Les conflits locaux, de plus en plus nombreux et dévastateurs en Afrique, ne sont le plus souvent analysés par les acteurs internationaux qu’à travers le prisme des conflits ou des déstabilisations d’États. Leur nature complexe, le mélange qu’ils opèrent entre traditions et modernité, leurs rapports aux niveaux national et international doivent faire l’objet d’approches nouvelles, à la fois stratégiques et ponctuelles. Des approches qui doivent intégrer les dimensions militaires et civiles.

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Page couverture PE n° 2 2021
Nadège ROLLAND, « Face à la Chine, l’Australie en résistance », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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Face à la Chine, l’Australie en résistance