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Politique étrangère, vol. 83, n° 2, été 2018
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Page couverture PE n° 2 2018
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«Ventre mou » de nos sociétés ultra-connectées, la cybersécurité n’est désormais plus un sujet obscur, exigeant la publication d’ouvrages alarmistes pour capter l’attention. Voici quelques années encore, cette notion se limitait aux piratages informatiques de banques et d’entreprises, et ses logiques – il est vrai complexes – ne parlaient qu’à d’étroits cénacles d’experts techniques. Avec la multiplication des vulnérabilités, portées par la connectivité toujours plus importante des activités économiques et humaines, nos sociétés prennent conscience de l’ampleur des enjeux.

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Archive de Politique étrangère
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Parler et écrire sur la cybersécurité en 2018 impose de se détourner d’une myriade d’essais annonçant l’imminence d’un Pearl Harbor ou d’un Fukushima numérique, qui dévasteraient sur leur passage les acquis de la révolution numérique et plongeraient la vie internationale dans l’abîme. Il n’en demeure pas moins que le piratage informatique est désormais partie intégrante des relations internationales. Dans l’année écoulée, l’intensité des cyber-menaces, comme le spectre des acteurs concernés, se sont considérablement élargis. Les attaques WannaCry et NotPetya ont servi de signal d’alarme : quand le bon fonctionnement des hôpitaux est menacé, quand des données critiques deviennent soudainement inaccessibles, quand des acteurs économiques de premier plan sont touchés, la stabilité et la sécurité internationales sont affectées.


Pour les États, la menace cyber s’articule désormais autour de trois facteurs. Tout d’abord sa dangerosité, sous le quadruple effet de la multiplication des acteurs, de l’accroissement des capacités offensives de certaines puissances, de la prolifération des armes informatiques, et de la démocratisation des techniques d’attaque. Ensuite, l’imbrication des enjeux de cybercriminalité et de sécurité nationale. Les outils traditionnellement utilisés à des fins de fraude et d’extorsion de fonds – tels les rançongiciels comme WannaCry – peuvent causer des dommages aux systèmes d’information de l’État ou des opérateurs en charge d’infrastructures critiques, paralysant ainsi la continuité de leurs activités. Enfin une exposition accrue de nos sociétés à la menace, du fait d’une numérisation plus étendue et de l’utilisation à grande échelle d’objets connectés.


Pour la première fois, des acteurs non étatiques – sociétés de sécurité privées, hackers individuels ou organisés en réseau, visibles ou non – peuvent avoir des effets globaux au moyen d’actes de piratage informatique. De Julian Assange ou Edward Snowden – pour les plus connus, dont les motivations sont politiques ou idéologiques –, à des hackers criminels opérant dans l’ombre, les actes de certains individus peuvent avoir un effet systémique, déstabilisant une entreprise, une organisation ou même un État.


Les particularités du domaine cyber imposent un défi intellectuel clair : comment intégrer les nouveaux risques dont il est porteur dans un cadre conceptuel et stratégique ? Pour le décideur politique, la difficulté est inverse et plus risquée, puisqu’il s’agit d’adapter des axiomes « datés » pour réduire la menace. […]



Julien Nocetti est chercheur à l’Ifri. Ses travaux portent sur la diplomatie du numérique et de l’intelligence artificielle, la gouvernance de la cybersécurité, et les manipulations de l’information.

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Julien NOCETTI

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Djihad et vidéos de propagande : le cas Boko Haram

Date de publication
23 septembre 2018
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Faute de pouvoir accéder à des zones de guerre, nombre de chercheurs étudient les mouvements insurrectionnels ou terroristes à travers le prisme des vidéos de propagande. L’exemple de Boko Haram illustre les limites d’une telle méthode qui méconnaît les réalités du terrain et accorde trop de poids aux arguments de nature religieuse. La propagande veut donner à croire qu’il existe une Internationale djihadiste. Les dynamiques sociologiques à l’œuvre au Nigeria invitent à nuancer une telle vision.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS
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Migrations : l’impasse européenne

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La pression migratoire est une donnée destinée à perdurer pour l’espace européen. Des normes minimales communes ne pourraient être développées pour l’accueil des migrants que dans le cadre de l’UE. Les réticences des pays d’arrivée, comme celles des pays de départ, brident la mise en place d’un dispositif global. De plus, l’intransigeance des gouvernements populistes risque de conduire à la disparition pure et simple de toute entente européenne sur les phénomènes migratoires.

Yannick PROST
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Vignette couverture 3-2026

De la (nouvelle) guerre

Date de publication
08 septembre 2026
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Les dynamiques nouvelles d’affirmation de la puissance, de redistribution des influences et l’irruption des nouvelles technologies changent-elles à la fois la place de la guerre dans la vie ordinaire de nos sociétés et la manière de la faire quand elle advient ? L’obsession du conflit jointe à l’efficacité technique nous impose-t-elle un état de guerre larvée permanente ? Et quand les armes parlent, l’intervention des technologies modernes et des entreprises qui les produisent révolutionne-t-elle à la fois le processus de décision politique et l’engagement des hommes dans la guerre ? Questions essentielles que suggèrent les conflits d’Ukraine et du Moyen-Orient, et qui déterminent dès aujourd’hui les réflexions de stratégie et d’organisation des armées.

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Le nucléaire militaire français dans un nouveau contexte stratégique

Date de publication
23 septembre 2018
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La population et les dirigeants français sont fermement attachés à la dissuasion nucléaire, même si des voix dissonantes se font occasionnellement entendre. Le contexte stratégique est toutefois en train d’évoluer et pourrait affecter la posture stratégique française. Entre les rodomontades de Vladimir Poutine, l’imprévisibilité de Donald Trump, et les difficultés propres à l’Europe – notamment le Brexit – les incertitudes sont aujourd’hui nombreuses et laissent ouvert le champ des possibles.

Olivier KEMPF

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Page couverture PE n° 2 2018
Julien NOCETTI, « Introduction », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2018.
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Page couverture PE n° 2 2018

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