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Islam et politique au Sahel

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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Depuis une trentaine d’années, le Sahel est le théâtre d’une résurgence islamique, poussée notamment par des groupes salafistes et soufis. Certains acteurs religieux cherchent à islamiser la société par le bas, sans s’engager directement en politique. D’autres, en revanche, aspirent à prendre le pouvoir, soit en s’insérant dans le jeu démocratique, soit par les armes. Les États concernés et les intervenants extérieurs ne réagissent pas de manière uniforme face à cette dynamique religieuse.

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Au cours des trente dernières années, la sphère islamique a connu, au Mali et au Niger, des changements notables. D’une part, l’islam tend à façonner davantage les comportements individuels et sociaux. Les signes et symboles de religiosité sont devenus omniprésents, témoignant d’un approfondissement de l’islamisation des sociétés, souvent en phase avec une interprétation rigide de la religion. D’autre part, l’islam est aussi devenu une source d’inspiration et un motif important d’activisme politique. Les acteurs religieux ont davantage investi le terrain politique, devenant eux-mêmes politiciens, leaders de contestations ou lobbyistes cherchant à influencer les décisions des gouvernants. Alors que la présence de l’islam dans l’espace public de ces deux pays est ancienne, l’ambition des acteurs musulmans d’exercer le pouvoir politique n’a jamais été aussi affirmée.


Mali et Niger ont des caractéristiques socio-religieuses assez similaires. Leur population serait à plus de 90 % musulmane, en majorité sunnite. Les courants théologiques dans les deux pays sont quasiment identiques, avec une prédominance du soufisme – via notamment ses deux composantes, Qadriyya et Tidjaniyya –, suivi du salafisme et dans une moindre mesure du chiisme, du Tabligh et de la Ahmadiyya. Les deux pays ont connu une résurgence islamique qui a pris de l’ampleur à partir des années 1990. L’approfondissement de l’islamisation semble cependant plus visible au Niger, alors que l’activisme politique des leaders religieux tend à être plus vigoureux au Mali. Dans les deux cas, l’ambition des acteurs religieux à influencer les décisions des dirigeants et à se tailler une place au cœur de la lutte politique est sans précédent, au moins dans la période post-indépendance.


Ces acteurs montent en puissance à un moment où les élites laïques perdent en crédibilité. Les problèmes de gouvernance et les dysfonctionnements des services publics contribuent à saper non seulement la légitimité des dirigeants laïques mais aussi la crédibilité des institutions qu’ils dirigent. Les leaders religieux critiquent de plus en plus ces élites, et cherchent à se positionner comme alternative. Se prévalant d’une virginité politique, ils prétendent incarner une nouvelle légitimité basée sur leur statut d’hommes de foi et de moralité. […]


PLAN

  • Effervescence religieuse
  • Un changement en profondeur
  • Montée en puissance d’une élite islamique
  • Trois manières de voir et promouvoir l’islam politique
  • Réponses des autorités étatiques
  • Attitude des intervenants extérieurs


Ibrahim Yahaya Ibrahim, docteur en science politique de l'université de Floride, basé à Dakar, est analyste senior pour International Crisis Group.

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Islam et politique au Sahel

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Mali : quelle réforme du secteur de la sécurité ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Les réformes du secteur de sécurité (RSS) entreprises dans plusieurs pays africains ont produit des résultats contrastés. En Guinée-Conakry, des mesures d’urgence ont suscité l’espoir, mais n’ont pas été suivies dans la durée. En Côte d’Ivoire, les effets positifs semblent plus pérennes. Au Mali, la RSS s’est embourbée par manque de volonté politique. Le double coup d’État de 2020 et 2021 vient compliquer la donne, mais la communauté internationale doit maintenir la pression sur les autorités.

Marc-André BOISVERT
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Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus

Date de publication
21 décembre 2021
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L’héritage colonial français, repris par l’État malien indépendant, a plaqué sur une société malienne très diverse les structures d’un État surplombant, étranger aux modes d’organisation des sociétés pastorales, qui constituent une part importante de la population du pays et de la région. Il est sans doute temps d’abdiquer ce paradigme occidental pour aller vers des modes d’organisation politique plus souples, prenant en compte la diversité des sociétés et des organisations politiques.

Charles GREMONT
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Quel avenir politique pour le Mali ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Au moment des indépendances africaines, les élites locales n’ont pas véritablement envisagé d’autre modèle d’organisation politique que l’État, importé par les colonisateurs. Sans même parler de la problématique des frontières héritées de la colonisation, ce modèle est aujourd’hui à bout de souffle dans plusieurs pays. Le Mali en est un exemple patent. Or d’autres formes d’organisation politique peuvent être imaginées et mises en œuvre, en s’inspirant d’exemples historiques et traditionnels.

Monique CHEMILLIER-GENDREAU
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En attendant le retour de l'Etat...

Date de publication
21 décembre 2021
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L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

Alain ANTIL Elodie RICHE Anne SAVEY

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Ibrahim YAHAYA IBRAHIM, « Islam et politique au Sahel », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Islam et politique au Sahel